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Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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 mon Œil

Tiens, que je m'suis dit,
tant qu'à me trouver à Arles,
capitale de la photo…
voyons voir si le Vincent de génie
aura laissé derrière lui
quelques grains de lumière…


••• cliquer sur la photo pour l'agrandir







Zéro but à encaisser (suite en images)








Une image, puis une autre…
 



J’aime Marseille. C’était un soir de décembre dernier. J’allais au théâtre, à la Criée, mais je ne sais plus pour voir quoi. Ça me reviendra. Si j’avais pris une photo de la pièce, je saurais… Comme cette photo me donne à revivre ce moment. Je venais de garer ma bagnole près de l’entrée maritime du Vieux-Port, côté Fort Saint-Nicolas. Je reprenais les quais. Six heures et demie. Les cloches de Saint-Victor se sont déchaînées. Des lumières électriques colorent le paysage et les immeubles, la roche même, qui devient lilas. Le jour se couche, la photo va se prendre à vitesse lente et enregistrer les mouvements opposés de l’humain et de la machine. Ah oui, ça y est, j’étais allé voir « Maître Puntila et son valet Mati ». Ma pièce préférée de Brecht. Surtout parce que mes potes de la Jacquerie (Alain Mollot à la mise en scène, Jacques Alric en Puntila – sublime – et François Frapier de même en Mati),  en ont donné une version magnifique. Celle-là m’a paru fade et, surtout, dénuée de son sens profond. La fin, en particulier, vire au contresens. Mati sort de scène comme s’il changeait de trottoir et que l’histoire de ces deux hommes, si opposés-si proches, prenait fin, sans lendemain, sans avenir, sans toucher au sens de l’existence. Comme cette femme et cette voiture, si totalement étrangers. [clic droit sur l'image pour la voir en entier]
Une panne de courant a affecté, dimanche 26 mars, le fonctionnement d'un centre hébergeur d’hébergeurs en banlieue parisienne, perturbant jusqu'à ce mardi 28 le fonctionnement de milliers de sites internet français. Ce fut le cas d’Over-blog où loge «c’est pour dire+» – lequel, on le sait, a pris soin de ne pas laisser couver ses œufs par n’importe quel volatile grippable – rien n’étant toutefois à exclure, lemonde.fr (où niche «c’est pour dire») connaissant aussi ses ruptures d’anévrisme.
Le cyberbizness, n’oublions pas que c’est du vent électronique au service de la marchandise. On se souvient des récentes et fameuses « bulles » spéculatives qui éclatèrent en faisant « pschitt ! » Gare aux tempêtes à venir, genre blitz-krieg avec perte totale de la mémoire numérisée !

Marseille, entre deux mondes




« Ma » manif. Ça commence hard avec ce racolage de L'Express, qui m’en rappelle un autre, de Match. Changement de « genre », certes, mais au moins on reste en famille. Elle dit avoir un faible pour Blair. Lequel s’évertue à légiférer pour faire gérer les écoles publiques par le secteur privé : association quelconque, groupe religieux ou de parents d’élèves, entreprise… À faire baver d’envie Sarkozy. Ça va donc être serré… Et comme dit L’Express, qui se croit au casino, « faites vos jeux ! »

Je regarde les autres photos, celles de la rue, et me dis que, vraiment, c’est un autre monde. Pas la même planète. Je me souviens d'un autre 18 mars, de Ferré et de Louise Michel. C'était en 1871, la Commune de Paris. Ça fait longtemps.




>> Clic droit sur les images pour les voir en entier.


















Une image, puis une autre…


Musée des beaux-arts de Quimper. Magnifique lieu.
Le premier tableau qui vous parle en arrivant: La Légende de Kerdeck, 1890,
toile de Fernand Le Quesne (2,10m x 2,82m)


Paul Delvaux – Les Nymphes se baignant, 1938. Bruxelles.
Étrange parenté d'inspiration, non ?

Une image, puis une autre…


Musée des beaux-arts de Quimper. Magnifique lieu.
Le premier tableau qui vous parle en arrivant: La Légende de Kerdeck, 1890,
toile de Fernand Le Quesne (2,10m x 2,82m)


Paul Delvaux – Les Nymphes se baignant, 1938. Bruxelles.
Étrange parenté d'inspiration, non ?

Alger. Du pain, pas de jeux


Bab El-Oued, 1er février 2006
Alger. Ali et Frantz à la Casbah









Casbah d'Alger, 1er février 2006. Je demande à Ali de tourner son sac du bon côté. Il ne sait pas qui est Frantz Fanon, qu'il promène ainsi en photo à bout de bras. Des adultes, sans doute, lui parleront de l'auteur des Damnés de la Terre, chantre des indépendances, mort à 36 ans, juste avant les accords d'Évian qui, le 19 mars 1962, mettaient fin à la guerre d'Algérie.
Alger. Les trois copines de la Casbah

Mercredi 1er février, 16 heures 40. Sortie d'école dans la Casbah d'Alger. Comme partout dans le monde – non, pas partout –, des enfants s'envolent vers leurs maisons, leurs jeux, leurs rêves. J'aime beaucoup l'image de ces copines si ouvertes à la vie. Trois grâces. Plus celle de les avoir croisées.
Un monde très « world »




Ce planisphère présente les avantages et les inconvénients de la carricature, de sa pertinence comme de son outrance. N'empêche, entre les deux, les plateaux de la balance… balancent – et donnent matière à réflexion. Le document m'est parvenu tel quel, anonyme et baladé sur la toile. [Faire "afficher l'image - clic droit” pour agrandir plein écran].
Ah mon gaillard !

Tiens diBrazza, mon pote de la Rue d'Où-Suis-Je?, toi qui réclame ta ration de rêves marins – comme si de vivre au bord de la Grande Bleue t'appelait à d’insatiables ivresses –, en revoilà donc des images de ma virée « debussyenne ». Pour ma part, je ne m’en lasse pas de les tripoter mes centaines de photos ! C’est te dire si j’ai de quoi tenir, jusqu’à plus soif. Gaffe tout de même à la biture.



Allons-y donc pour cette sixième rasade
(je sais tes sept palimpsestes, allez-y voir, c’es aussi une belle croisière), sans faux col, sur le thème du gaillard, celui du super cargo et ses 110.000 tonnes, dont plus de la moitié en camelotes mondialisées. Passons. Le gaillard d’avant – car il y a un gaillard d’arrière sur les voiliers, à l’arrière du grand mât. Ah mais !, c’est que je me suis aussi cultivé au long de ma « croisière » –, c’est là que sont installées les deux ancres et toute leurs époustouflantes machineries, sans parler des amarres, bollards, guindeaux, haussières, bonhommes et autres bittes – avec deux t, siouplaît, ne pas confondre. Là, je vous ai sorti le grand jeu, hein ? Voilà l’image. Ça, c’est un écubier, par où passent les amarres ou la chaîne de l’ancre.





























Je vous présente aussi un chaînon de la gourmette du bosco – elle doit faire dans les 350 mètres, si j’ai bien retenu les leçons de Didier, soit quatorze maillons de trente mètres. Je vous montre aussi le puits de chaîne (son écrin, quoi) et enfin son pendentif qui pèse dans les 12 tonnes.





Le gaillard, c’est le terrain de « jeu » du bosco Marcotte, Didier, le gars de Fécamp, ancien terre-neuvas. Pas un balaise, non. Mieux : un dur de dur – sans doute au cœur tendre. Qui se nourrirait d’acier et de grand large. C’est le maître des ponts, celui des manœuvres et des échelles de coupée, par où grimpent les pilotes avant d’accoster ou des passagers dans mon genre, quand le navire est au mouillage. L’ancre, les haussières, les garde-rats, tout ça c’est lui aussi, son domaine, pour ainsi dire son royaume. Il cause en direct-radio avec le pacha (le commandant) et, à son signal, après le « paré à mouiller », dévisse un grand volant rouge,déclencheur d’un vacarme d’enfer que même dans les systèmes dolby ou je ne sais quoi on n’entendra jamais !



Car la chaîne alors se met en branle, telle une armée de blindés nazis, qu’on dirait la fin du monde, avec des nuages de poussière rouillée. Et le bosco, alors, de freiner à mort pour arrêter le dragon ferraillant et soufflant par tous ses naseaux d’acier. « Un maillon au guindeau ! ». On souffle dans un silence noir, ou bien tout blanc, avant la ruade suivante. Jusqu’à ce que l’ancre, ayant plongé dans l’élément, trouve enfin la croûte terrestre pour y planter ses dents de monstre.




Restera enfin au bosco à hisser la boule noire au sommet du mât de gaillard. Dernier effort et ultime précaution du mouillage, comme on met le verrou en refermant la porte derrière soi.
Aujourd'hui et Le Journal du Centre mettent Libé et Le Monde à la ramasse


Tiens, si je me remêlais un peu de ce qui me regarde : les canards. Ce matin donc, j’allais tâter la fièvre aviaire du jour chez mon marchand. Volant vers Libé, m’en voilà détourné par sa Une. Je la mets en image ci-dessous :

…et on aura donc compris que je n’ai pas déboursé l’euro vingt pour « ça ». J’attends pas d’un quotidien – encore moins de Libération qu’il me fourgue de la branchouille cultureuse ; surtout par temps de crises en tous genres. C’est ainsi que, outre ma « Provence », j’ai penché pour Aujourd’hui et son spécial banlieue titré «Nos lecteurs interpellent le président».

Beau boulot, en réalité, que ces cinquante questions glanées par des journalistes dans toute l’Ile-de-France. Rien à voir avec l’habituel « micro-trottoir », haut-lieu de la démagogie médiatique. Non, du vrai bon boulot qui, naguère ou peut-être jadis, serait plutôt revenu à Libé, au Libé des luttes et des grandes causes. Autres temps, autres canards. La crise frappe la presse, surtout certains titres ; il y a peut-être dans cet exemple isolé matière à explication. Exemple isolé ? A voir.

Quant au Monde qui attend dans ma boite aux lettres, ouais : « Greffe de visage : les explications du professeur Dubernard » ; « Hongkong. La démocratie“tout de suite” » et, pour le titre d’ouverture : « La Chine achète 150 A320 pour près de 6,5 milliards d’euros ». Pourquoi pas pour ce qui est de l’éclectisme de la Une. Mais décevant et très peu « Monde » ce manque de distance sur le bizness franco-européo-chinois.

J’ai de loin préféré la justesse de deux titres. Le premier de la Nouvelle République (Tours), sobre mais posant bien le problème au delà de l’immédiateté et de l’effet d’annonce à courte vue :


Le second du Journal du Centre (Nevers) qui surpasse Libération des meilleurs jours (pas aujourd’hui !). Titre à double détente donc : juste et visant loin. Qui, en effet, dans ce marché, prend réellement les commandes ? La question du transfert des technologies est bien la question centrale qui vaut autant en matière aéronautique (Airbus et Eurocopter) que nucléaire (Iter).

Ah oui, encore un titre qui me défrise dans Le Monde : « Condy Rice sous pression en Europe ». Je sais bien que Condoleeza, c’est long. Mais moins compromettant tout de même. On a déjà eu « Bill », « Tony »… Et au fait, pourquoi pas « Jaco », « Domi », « Nico » ?

Note : le site du monde.fr semble en carafe ce soir. Qu'est-ce Condy ?
« Debussy-27 » : l’album-souvenirs, page 5



Je n’aime pas les clichés, au sens clicheton du mot. Ces images pourraient en avoir l’air. L’air,, si on veut, mais pas la musique – ce qui est tout autre. Et à propos, il me revient à l’oreille, cette composition de Luc Ferrari  (mort en août dernier) qu’il avait intitulée «Presque rien n°1». Je crois bien qu’il y eut une suite, donc n°2. Il y ordonnait des sons du « dehors », de la nature ou de la vie des hommes, dans une harmonie à lui. Une musique. J’ose donc appeler ces photos
Certes n°1 et Certes n°2. (Ça sonne un peu prétentieux, tant pis.)



Certes… ça peut faire clicheton. Mais avant tout pour le malvoyant, ce malveillant du regard. Celui qui ne s’émerveillerait plus comme « mes » marins du « Debussy ». ils en avaient pourtant vu et revu des ciels, des horizons aux gros sourcils méchants, des aurores comme des premiers matins du monde. Ils en avaient vu et revu. Mais d'où venait alors que ce matin-là, sur le pont, ils s'en jetaient plein les yeux ?

>> Accusé réception de deux messages. L’un qui réclame une suite n°5 (Voilà Daniel : c’est fait). L’autre qui me dit : « Attention, méfie-toi : C'est pas toi qui prends la mer, c'est la mer qui te prend. » C’est qu’il me ferait peur, ce Philippe !


« Debussy-27 » : l’album-souvenirs, page 4

On trouve, au tréfonds de ces bêtes géantes, des entrailles qui les meuvent en d’assourdissants battements. Et de petites formes bleues, humanoïdes, dérisoires et belles.



Tandis que là-haut aussi, l’atmosphère s’épaissit et gronde à son tour. Le vaisseau fend le même univers.





« Debussy-27 » : l’album-souvenirs, page 3



Des conteneurs par milliers.
À perte de vue. De bien belles vues parfois. Pourtant, considérée de manière isolée, chaque boite semble bien banale, sinon moche, en tout cas « standard »…  




Et les hommes qui les manipulent – certes avec tant d’adresse – se foutent bien de leur « beauté » : ils les prennent comme elles se présentent, les chahutent et les empilent là où elle doivent aller. Un ballet mécanique.



D’où vient alors que l’agencement final ait parfois, le soleil ou la lune aidant, tant de gueule ? Un ami artiste y a décelé du Mondrian… Lequel n’est pas le seul peintre à avoir été inspiré par les volumes géométriques. Comme d’autres par les paysages portuaires. Bien sûr, je pense à Cézanne réinventant l’Estaque – mais ils sont innombrables.
« Debussy-27 » : l’album-souvenirs, page 2

En hommage à tout l’équipage et à leurs proches : l’album photo du voyage n°27 du porte-conteneurs « CMA-CGM Debussy » sur lequel j’ai navigué de Suez au Havre, entre le 10 et le 19 novembre. Cet album sera alimenté pendant plusieurs semaines.



Vendredi 25 novembre. Le cargo a appareillé pour gagner le port du Havre ; il va s'amarrer au quai des Amériques, qui connut naguère le prestige du « France »… Époque révolue : le quai est dégueulasse, parsemé de détritus, de vieux journaux… « C'est pas Shanghai, ah ça non !, relève quelqu'un de l'équipage? Là-bas, c'est impec' ! ». Je me dis que les Chinois en sont encore à leurs Glorieuses années insouciantes…

La photo ci-dessus. Prise en me penchant sur les eaux mêlées de la Manche et de la Seine. Je rends grâce au génie de la nature qui a su marier les tonalités marines à celles du pont peint par les hommes…

Ci-dessous: le « Nyk Canopus » repu de ses nouveaux conteneurs, quittant le quai des Amériques, au Havre, pour laisser enfin la place au « CMA-CGM Debussy ». Salut sportif du « perdant » au « vainqueur » dans cette course à la marchandise mondialisée [voir notre récit Il faut niquer le « Canopus » !]. Comme a dit le commandant Mathieu, d’obédience zen : « Finalement, on a quand même été bons ! » C’est vrai, mission accomplie : pas un conteneur à la mer, consommation de fioul plutôt raisonnable, navire en parfait état, équipage au moral intact. Alors ?




Ci-dessous : Les « portiqueurs » auront travaillé une partie de la nuit. Jusqu’à ce que la brume enveloppe le « Debussy ». Silence figé dans le petit matin. Moi, je pense à Avignon, à la cour d’honneur du Palais des papes. On y jouerait « Cargo », une pièce à écrire – mais dont le décor est fin prêt.



« Debussy-27 » : l’album-souvenirs, page 1

En hommage à tout l’équipage et à leurs proches : l’album photo du voyage n°27 du porte-conteneurs « CMA-CGM Debussy » sur lequel j’ai navigué de Suez au Havre, entre le 10 et le 19 novembre. Cet album sera alimenté pendant plusieurs semaines.



18/11/05, 12h 20. Photo « de famille ». La veille, j’exprime au commandant mon souhait de prendre une photo de tout l’équipage. Il est plus que d’accord. Rendez-vous est donné pour le lendemain midi à la passerelle. Nous sommes au mouillage au large du Havre, « plantés » par la concurrence du « Nyk Canopmus » qui occupe le quai des Amériques… L’impatience est palpable à bord. Surtout pour ceux qui descendent à terre pour deux mois de congés avec les leurs. Pour les autres, c’est une relève d’une moitié d’équipage ; tout un système relationnel à rebâtir…
La photo : éviter l’écueil de la lumière crue, soleil plein pot. De plus, le bateau tourne autour de son ancre… Ce sera à bâbord sur l’aileron de passerelle. On monte des bancs. Didier-le bosco apporte une bouée ; ça sera pour le « zef » Julien, l’élève-officier. Ça sent l’after-shave. On dirait une équipe de foot, non :de rugby – avec son arbitre en noir, son Mr Singer en blazer…&nb