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Mort de Romano Mussolini,
fils du Duce et pianiste de jazz


Romano Mussolini, joueur de jazz et peintre, fils du dictateur italien Benito Mussolini, est mort à Rome début février à l’âge de 78 ans.

On ne choisit pas ses parents – pas toujours, aurait objecté Françoise Dolto…. Toujours est-il que son père à lui, dans la vie, faisait dictateur. Prénom: Benito, mais il exigeait qu’on l’appelât le «Duce». D’ailleurs il avait inventé le fascisme.

Benito Mussolini a eu trois fils et deux filles. Romano ne l’a pas beaucoup connu.  Il se souvient de lui comme d’un père attentif qui aimait la musique et avait pleuré au mariage de sa fille aînée. La dernière fois qu’il l’a vu, il avait 17 ans, en avril 1945, onze jours avant que le Duce ne soit tué. Il a raconté ça en 2004 dans un livre intitulé «Mon père Il Duce».

Donc papa aimait la musique mais, plutôt à la mode de ses amis nazis, grands opéras bien sûr, surtout nationaux. Au point qu’il décréta le jazz comme musique bannie en Italie. Sans aller jusqu’à dissuader Romano de devenir pianiste… de jazz.

Après la guerre, il gagna sa vie en jouant dans un orchestre, sous un pseudonyme, dans le sud de l’Italie. Le succès aidant, reconnu comme l’un des meilleurs pianistes de jazz, il reprit son identité réelle et forma dans les années soixante l’orchestre «Romano Mussolini All Stars». Lors de tournées internationales, il accompagna ainsi Chet Baker, Dizzy Gillespie, Duke Ellington, Lionel Hampton, etc.

Une de ses trois filles, Alessandra, est députée européenne, dirige «Alliance nationale», petit parti d’extrême droite, et fait amie-amie avec l’impayable Berlusconi.

Romano avait été marié à Anna-Maria Scicolone, soeur de l’actrice Sophia Loren. [Fin de la  chronique jazzo-pipole.]

Que naissent cent «gratuits», que disparaisse le papier !

L’avenir de la presse semble appartenir aux prépayés – par la pub et le consommateur – abusivement dénommés «gratuits». L’accélération du mouvement se confirme. À Paris, 20 minutes et Metro vont voir débarquer des petits frères – trois étant déjà «en route» :

– Un quotidien du soir monté par l’homme d’affaires Vincent Bolloré, très tenté par les médias (candidat à Libé et à France Soir), bricolant avec une télé TNT (Direct 8) et la « Radio des nouveaux talents » (sur internet), tandis qu’il s’est offert le groupe publicitaire Havas.
– Un quotidien du soir également, centré loisirs et télé, en préparation par le Figaro (Dassault).
Le Monde ne se veut pas en reste, discutant aussi d’un gratuit avec son nouvel actionnaire Lagardère (Hachette Filipacchi Médias).
– Un quatrième pointerait aussi sous nez sous la houlette du réseau Ville Plus
monté par quelques quotidiens régionaux.

Je ne parle même pas des périodiques existant ou en projet. Le monde des journaux est «bel et bien» en train de passer dans la nouvelle économie d’une presse entièrement soumise à la publicité.  Les journaux qui traiteront encore avec des acheteurs devront sans doute le faire sur des bases qualitatives élevées – l’information ne pouvant plus se présenter comme un sous-produit, un support publicitaire habillé du tout-venant prêt à diffuser.

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C’est probablement cette stratégie qui conduit des titres plutôt exigeants comme Le Figaro et Le Monde à préparer une contre-offensive. Il s’agit pour eux aussi, de capter une part du marché de la pub qui va désormais transiter par des prospectus informatifs distribués comme tels sous couvert de fausse gratuité. C’est en quelque sorte ce qu’un Colombani (Le Monde) dénomme son «périmètre industriel», c’est-à-dire des organes filialisés lui permettant de tenir à flot son prestigieux et coûteux navire amiral.

L’univers du papier rejoint ainsi celui des médias audio-visuels depuis toujours dépendant des ressources publicitaires. A l’exception (de plus en plus relative) des radios et télés de service public. Et avec les résultats que l’on sait sur l’indépendance des journalistes et les contenus.

Prochaine étape, une affaire d’années, tout au plus de décennie : suppression dudit papier.
Deux cents volontaires vont recevoir un lecteur semblable à un écran d’ordinateur de format A5 , mais aussi fin  et souple qu’une feuille de plastique. Pour obtenir le texte de son quotidien et le lire, il suffira d'en «charger» le contenu comme sur un ordinateur ordinaire. Internet ne sera pas utilisé, mais un réseau urbain de connexion de type Wi-FI. Une fois le contenu du quotidien chargé, la lecture pourra se faire hors connexion.
Philips va lancer à titre d’essai entre avril et juin prochains, un journal sur «papier électronique».

Les amoureux du papier pourront toujours entrer en résistance, ou imprimer leur canard préféré sur papier – ce que les éditeurs ne manqueront certes pas de proposer en fournissant imprimante et papier, se débarrassant ainsi de leurs obligations industrielles et de personnels ruineux.

Avantages économiques et écologiques assurés. Restera à évaluer le coût social d’un tel «progrès». L’idéal – on peut rêver – serait que les ouvriers de l’imprimerie et des transports fussent dès lors payés à ne rien faire. On pourrait juste leur demander de lire le canard électronique, en particulier sa publicité et continuer ainsi à consommer dans le bon sens et à faire tourner la machine marchande…

Au diable l’utopie ! Et les journaux électroniques prépayés auront toujours de quoi commenter les chiffres vertigineux du chômage et de la criminalité. Ah ! «on veut» de l’info « gratos », eh bien on aura de la merde sous plastique, de la mal-info comme de la mal-bouffe et de la mal-société !

«On veut», c’est-à-dire: «le marché nous impose», certes avec une grande complicité coupable. Celle même qui a tué le commerce au sens strict du mot (échange rétribué de biens et de services) pour lui préférer les hyper-temples de la bâfrerie compulsive qui fait préférer le pas-cher-en-toc au bon-et au juste prix.

Voie royale aux rouleaux compresseurs de la finance imposant leurs diktats aux producteurs, amenés à leur tour à surproduire de la camelote bourrée de chimie polluante autant que cancérigène. Le tout aux moindres coûts de main d’œuvre, donc au plus de chômeurs à indemniser, jusqu’à un certain point. Donc au plus de misère et d’insécurités généralisées. Au plus de flics, de prisons, d’hôpitaux, de drames – ce qui fera de la matière à gazettes électro-prépayées !

Allez, je me démoralise. Mais non t’es pas tout seul, mec, y a pleins d’autres blogs tout autour. Et alors ? Alors, ça fait-i de l’harmonie sociale, tout ça ? Ça fait quoi comme musique, dans le bruit chaotique ? Je m' demande.

Le «périmètre industriel» du Monde Autour du navire-amiral, toute une flotille de corvettes :
– Courrier International, Le Monde de l’Éducation, La Lettre de l’Éducation, Le Monde Diplomatique, Manière de voir.
– Télérama SA : Télérama
– Malesherbes Publications : La Vie, Le Monde des religions (ex-Actualité des religions), Notre Histoire, Prier, Les Clés de la foi, Écritures
– Sper : Danser, Top Famille magazine (en partenariat avec HFM, via la société Publifa), Voiles et Voiliers (en partenariat avec Ouest-France, via la société Sofiouest)
– Les Publications Historiques : Ulysse
– Fleurus presse : Le Monde des Ados, Je lis déjà, Abricot, Papoum, Je lis des Histoires Vraies, Mille et une Histoires, Mon journal Arc-en-ciel, Les P’tites Sorcières, Les P’tites princesses, Pirouette.
– Editions de l’Etoile : Les Cahiers du Cinéma
– Editions Desclée de Brouwer, librairies La Procure

Pôle Presse Quotidienne Régionale :
– Les Journaux du Midi, Ex-Groupe Midi Libre (Midi Libre, l’Indépendant, Centre Presse Aveyron), détenu via la société Presse Europe Régions (63% Le Monde, 25% La Stampa, 11% Prisa, 1% Edipresse)
– La Semaine de Nîmes, la Semaine du Roussillon, le Journal de Millau, l’Aveyronnais, le Catalan Judiciaire, Terre de Vins, Terres Catalanes

Participations minoritaires :
34 % dans Timbropresse (Timbres magazine), 6 % dans le Nouvel Observateur, 5 % dans la Vie du rail, 5% dans Le Temps (Suisse), 12% dans l’Echo du Centre, 9% dans Edition du Témoignage Chrétien.

En cours : reprise du « pôle sud-est » de Hachette : La Provence, Nice Matin, Var Matin, Corse Matin.
Algérie. Les vieux démons
redressent la tête


« Le MSP veut s’emparer des mosquées » titrait hier [20/02/06] en une le quotidien d’Alger, El Watan : « Les maisons de Dieu tombent subrepticement dans les rets des partis islamistes,  écrit le journal, citant des « sources sûres » et poursuivant : «Les partis de cette obédience, notamment le Mouvement de la société pour la paix (HMS, ex-Hamas), tentent lentement de faire main basse sur les mosquées qui sont, à leurs yeux, une tribune inespérée pour mener leurs campagnes et, à terme, prendre le pouvoir.»
Dans l’éditorial intitulé « Les vieux démons », Tayeb Belghiche est carrément alarmiste :

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« On croyait que le MSP allait rentrer dans les rangs et qu’il jouerait le jeu démocratique depuis qu’il a rejoint l’alliance présidentielle. Il faut malheureusement déchanter. C’est un parti qui devient extrêmement dangereux pour le pays. Une source gouvernementale vient de révéler qu’il est en train de se livrer à l’entrisme. L’un de ses objectifs est l’occupation des mosquées par ses militants. Ces derniers exercent des pressions, du chantage et vont même jusqu’à l’agression physique pour obliger les imams qui ne sont pas à leur botte à démissionner afin de les remplacer par des hommes de leur obédience.

« Avec cette révélation, il apparaît clairement que l’ex-Hamas ne renonce pas à son projet de création d’un Etat islamique. Lorsque Bouguerra Soltani, son chef, a déclaré récemment que son parti accédera au pouvoir en 2012, les Algériens avaient accueilli avec dédain ses propos les considérant comme une simple fanfaronnade. Maintenant avec le travail qui est fait sur le terrain, les héritiers de Mahfoud Nahnah y croient sérieusement.

« L’internationale islamiste, particulièrement l’association des Frères musulmans, tire toujours les ficelles derrière le MSP qui constitue à ses yeux un grand espoir pour l’expansion de l’islamisme. Avec le wahhabisme en arrière-plan, les islamistes n’entendent pas renoncer à la proie Algérie. Le redéploiement du salafisme en Kabylie en est la preuve, alors même que la conjoncture internationale lui est défavorable.

« Il faut dire que l’actuel pouvoir algérien, très empreint de mysticisme, a encouragé la résurgence du phénomène intégriste au point qu’on voit les barbus dans les rues se multiplier comme des amibes alors qu’à l’époque de Liamine Zeroual, ils se cachaient et se faisaient tout petits s’ils ne rasaient pas les murs.

« Cela signifie que le retour à la case départ est très possible. Déjà, les islamistes se remettent à prier sur la chaussée le vendredi, barrant les rues comme lorsque le FIS avait le vent en poupe. Et il ne faut pas oublier que les dirigeants du Hamas sont les pères fondateurs du terrorisme et que ce sont eux qui envoyaient les jeunes Algériens en Afghanistan d’où ils revenaient transformés en monstres sanguinaires.
Le Christ est un Oiseau

des oiseaux qui tombent
inverse gravité
du ciel à la tombe
morts d'éternité
 
des oiseaux qui tombent
sur des gens effrayés
volatiles bombes
migrateurs broyés
 
des oiseaux qui tombent
avant d'arriver
aux frontières du monde
je n'ai pas rêvé
                                        tian
Ray Baretto, un roi
entre congas et latin-jazz


Un roi des congas. Le percussionniste américain d’origine portoricaine Ray Baretto, vient de mourir à 76 ans. Il avait largement contribué à conforter la salsa et le latino dans la sphère du jazz be-bop.

Il a souvent joué en France, et notamment au festival Jazz in Marciac, quatre fois dont la dernière en 2004. Je me souviens de son concert de l’été 96 et de sa formidable pêche qui gagnait musiciens et public, emportés jusqu’à la frénésie.

Ray Barretto, c’était aussi ce visage aussi ouvert que communicatif, un rythme « dans la peau » et jusque dans les peaux qu’il battait avec passion et invention perpétuelle, avec un grand sens de la nuance.

Né à Brooklyn le 29 avril 1929 de parents portoricains, Ray Barretto a appris les rudiments des percussions au contact de musiciens noirs lorsqu’il était soldat en Allemagne, à la fin de la seconde guerre mondiale.

Sa notoriété grandissant, il s’est tourné vers ses origines et a plongé dans la musique latine. Ces dernières années, il se consacrait exclusivement au “latin-jazz”.
Alger. Du pain, pas de jeux


Bab El-Oued, 1er février 2006
ALGÉRIE
L’ENTV cède à la pression des islamistes
Star Academy interdite
par Madjid Makedhi, El Watan 07/02/06

« Les gardiens de la vertu et de la morale nationale » ont réussi à censurer l’ENTV. La direction de la chaîne de télévision nationale a annulé, depuis une semaine, la diffusion du programme de divertissement « Star Academy 3 », suite à la levée de boucliers des milieux islamistes, notamment le parti de Bouguerra Soltani, le MSP.

« Ce programme de divertissement de LBC, chaîne privée libanaise, diffusé par l’ENTV pendant plus d’un mois, a, rappelons-le, soulevé l’ire du président du MSP. Bouguerra Soltani avait considéré l’émission comme « une provocation de la société algérienne et une atteinte à ses valeurs morales ». Quelques jours seulement après les déclarations du patron du MSP, le programme en question s’est éclipsé du petit écran. Qui a ordonné sa suppression ?

« Contacté hier, le directeur général de l’ENTV, Hamraoui Habib Chawki, n’a voulu faire aucun commentaire sur le sujet. « Sans commentaire ! Il y a vraiment un discours intégriste autour de ce programme. Je vais animer une conférence de presse prochainement pour présenter le bilan de l’ENTV et ses perspectives pour l’avenir à la faveur du programme du président de la République. C’est lors de cette conférence que je donnerai plus de précisions sur le sujet », s’est-il contenté de dire. A-t-il reçu des instructions des hautes autorités du pays ?

« Le chef de file du MSP a, dans une déclaration à notre confrère El Khabar, affirmé que c’est le président Bouteflika qui a pris la décision d’annuler le programme. « La décision de l’annulation de la diffusion de ‘’Star Academy’’ a été prise par le président de la République, car il a jugé que le programme a égratigné l’identité nationale et qu’il ne faut pas le diffuser sur une chaîne que suit la majorité des familles algériennes », a-t-il déclaré.

« Joint hier par téléphone, Bouguerra Soltani nous a confirmé l’information. « Nous avons fait notre devoir de sensibilisation des pouvoirs publics sur tout ce qui porte atteinte aux mœurs et aux valeurs de notre société. Le président de la République, en constatant la justesse de nos contestations, a pris l’initiative d’arrêter la diffusion de ce programme et nous l’en remercions », a-t-il lancé.
« Interrogé à ce sujet, Hamraoui Habib Chawki a refusé encore une fois de commenter : « Vous posez la question à Bouguerra Soltani pour savoir d’où est-ce qu’il a ramené cette information. »

« Déprogrammée ou non, les téléspectateurs algériens amateurs de ce genre d’émissions n’en seront pas privés pour longtemps. La multitude de chaînes satellitaires et la magie de la télécommande leur permettront, sans peine, d’aller suivre l’aventure « Star Academy » à la source. C’est-à-dire sur la chaîne libanaise.

« La polémique soulevée par ce programme a mis en avant la question du pluralisme politique en Algérie et celle des libertés démocratiques. L’autre question soulevée est liée à la fermeture du champ audiovisuel et son contrôle par les autorités. »
Alger. Ali et Frantz à la Casbah









Casbah d'Alger, 1er février 2006. Je demande à Ali de tourner son sac du bon côté. Il ne sait pas qui est Frantz Fanon, qu'il promène ainsi en photo à bout de bras. Des adultes, sans doute, lui parleront de l'auteur des Damnés de la Terre, chantre des indépendances, mort à 36 ans, juste avant les accords d'Évian qui, le 19 mars 1962, mettaient fin à la guerre d'Algérie.
Alger. Les trois copines de la Casbah

Mercredi 1er février, 16 heures 40. Sortie d'école dans la Casbah d'Alger. Comme partout dans le monde – non, pas partout –, des enfants s'envolent vers leurs maisons, leurs jeux, leurs rêves. J'aime beaucoup l'image de ces copines si ouvertes à la vie. Trois grâces. Plus celle de les avoir croisées.
Alger. La Casbah et ses plaies ouvertes, à l’image du pays

Je poursuis donc ma dérive vers la Casbah [article précédent], désormais accompagné par Samir, ravi de me guider. Avenue El-Kheffabi, comme sur les murs de nos villes, des plaques gravées marquant la mort de résistants. Je photographie l’une d’elles quand un homme vient spontanément me tendre la main : « Vous êtes un progressiste, me fait-il dans un large sourire, puisque vous vous intéressez à notre histoire !» S’ensuit sur le trottoir un bon quart d’heure de conversation fournie, chaleureuse. Chapeau jusqu’aux yeux, la soixantaine, parlant un français châtié, mon interlocuteur invoque Descartes, Pascal… et, sans ménagement, accable les politiciens algériens. Samir écoute, mi-largué mi épaté. On reprend notre route.

Devant la statue d’Abd El-Kader, passage hurlant d’un cortège escorté de motards. La routine? Ou bien l’effroi qui projette quelques années en arrière, la «décennie noire»?  Pas un Algérois, pas un Algérien qui ne s’en soit remis.

Étals d’oranges, de légumes et de galettes, de fringues et de godasses pas chères. La rue rétrécit. On se touche en fendant le flot. Voilà le marché. Puis les escaliers étroits… Celui-ci est encombré de gravats. Une façade menace de s’effondrer et déborde d’ordures. Plus haut, des maçons montent du ciment dans des seaux. Des Africains noirs. Samir trouve qu’«il y a beaucoup de Noirs par ici».

On monte encore. Et encore des ruines. Parfois des béances arasées, entourées de pans de maisons éventrées. Plus haut : un petit immeuble effondré. Des ustensiles de cuisine sont mélangés à la terre, aux planches. Ce n’était pas leur maison, mais deux hommes se trouvent là, comme en faction. «C’est arrivé il y a trois jours, à cause de la pluie ; c’est si vieux…  – Qu’est-ce qui va être fait ?  – Rien ! – Des victimes ? – Non, ils sont partis à temps. – Et les gravats, les murs, les persiennes… ça menace de tomber ! – Ça va rester comme ça…»

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Samir n’est pas très causeur, juste assez pour l’essentiel. C’est bien. Parfois, il hésite sur la venelle à prendre. Pas son quartier, n’en mène pas large. Pour moi, il suffit de se laisser porter. Tiens : un homme nous invite à entrer chez lui. C’est qu’il est fier de sa maison, en fin de rénovation. On le comprend. Autour d’un patio étroit comme un puits, des pièces sombres ; un escalier raide et massif, en belle pierre blanche, des marches hautes de trente ou quarante centimètres ; deux étages puis la terrasse qui ouvre sur le ciel. La vue donne aussi sur le vieux port et toute la Casbah. En se penchant, on surplombe une partie de foot entre jeunes du quartier ; au moins ils profitent des ruines.

En 1992, l’Unesco a inscrit la Casbah d’Alger au patrimoine de l’humanité… Un geste. Quelques travaux ont colmaté des brèches, annonçant peut-être une rénovation, un sauvetage… La dégradation a commencé avec le départ des Turcs, vers 1830 et l’arrivée des colons français. Peu à peu, le quartier a abrité des fellahs chassés de leurs terres, puis est devenu lieu de résistance. Derniers en date, années 90, les affreux barbus. C’était une de leurs bases, sans doute la principale d’Alger.

Z., une femme, me raconte ses soirs de terreur, quand elle rentrait du boulot, elle qui a toujours refusé de porter le voile ! La peur au ventre d’être descendue. « J’ai eu la baraka, comme ma mère aussi ! Un de mes frères avait rejoint le GIA [Groupe islamiste armé]. On se disputait sans arrêt. Je m’enfermais à double tour dans ma chambre. Je redoutais qu’il me dénonce, ou même qu’il me tue…»


Un imam devant sa mosquée, une de la douzaine de la Casbah.

Casbah
, ça vient du turc ; c’est la forteresse, la citadelle. Z. me raconte le dédale de passages, de souterrains : «En sautant d’une terrasse à l’autre, on peut ainsi aller de la haute Casbah à la basse Casbah. Les intégristes avaient au moins retenu ça de la guerre d’indépendance ; ils en avaient fait leur base. D’ailleurs les émirs du GIA, c’était des enfants du quartier. Je les connaissais tous… Je les croisais en armes, dans leurs rondes sinistres, dès cinq heures du soir…» […] «Après un de leurs attentats commis, l’armée déboulait, mais c’était sans effet, les autres avaient été prévenus et s’étaient volatilisés !»


Le quartier-forteresse compte une douzaine de mosquées, qui constituaient à l’époque autant de bases islamistes.  Les imams jugés trop modérés furent abattus. Aujourd’hui, l’État algérien pense avoir repris les choses en mains. Les intégristes ont été chassés au profit de «modérés» – c’est Z. qui place des guillemets ; elle qui ne croit pas à une quelconque modération dans ce domaine… Mais enfin, les prières de rues ont été interdites, de même que les collectes d’argent…

Cette Casbah aujourd’hui encore si mal en point. Comme si la pierre et la chair des hommes n’avaient pas assez souffert. Avant eux, années 50 et 60, meurtrissures coloniales, sauvageries d’une guerre où les «événements» tentaient de masquer l’horreur. Je revois des images de Pépé le Moko (Duvivier) et, surtout, de la Bataille d’Alger (Pontecorvo).

Qui dira le hasard ? Toujours est-il que nos pas nous mènent, Samir et moi, rue des Aberames en un étrange endroit, sorte de mausolée, sobre, égayé de petits drapeaux algériens rouge-blanc-vert… Haut-lieu de la résistance, c’est là que périrent dans l’explosion d’une maison «Ali-la-Pointe» et Hassiba Bent Bouali, combattants terroristes traqués par les militaires français. Une fresque de céramique montre des colombes s’échappant du déluge… Des photocopies du Journal d’Alger (11 octobre 57) rappellent l’événement, en même temps que  les «pluies torrentielles causant des millions de dégâts sur Alger et le département». Une jeune femme blonde garde les lieux.


Pluies, guerres, tremblements de terre… À l’image du pays, la Casbah d’Alger en finira-t-elle jamais de panser ses plaies ? Un de ses habitants s’en désole à voix haute tandis que j’interroge une ruine. Des enfants joyeux sortent de l’école, dévalent les marches en courant. Là, une échoppe de coiffeur. Ici, un boucher attend le client derrière ses panses de brebis qui pendent à la porte. Un imam barbu en kamis – la tunique longue – cause avec deux hommes jeunes. Sur ce mur écaillé, avec du recul, on lit encore l’enseigne de jadis : «Crémerie du Bonheur».

Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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