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Question aux chipoteurs politiques :
Après
s’être jeté dans les urnes de Chirac contre un impossible Le Pen, pourquoi chipoter Ségolène face à un probable Sarkozy?

« En 2002, nous nous sommes autorisés à prendre des positions politiques tranchées, voire osées : souvenez-vous de la fureur avec laquelle nous nous encouragions mutuellement à voter pour... Chirac. Il fallait se boucher le nez, mettre des gants, mais surtout, surtout, pas une voix ne devait manquer à notre "champion". Nombre d'entre nous ont suivi, emportés par le courant, et nous fûmes 82 % à le plébisciter tellement nous avions peur de... Le Pen. J'ai juré ensuite qu'on ne m'y reprendrai pas, mais je l'ai fait.

« En 2007, que font les mêmes ? Ils chipotent Ségolène : pas assez ci, trop ça... Mais si tous ceux qui ont déployé leur rage à faire voter Chirac contre un improbable Le Pen, dépensaient autant d'énergie à faire voter Ségolène contre un très probable Sarko, je vous le jure, mes amis, nous pourrions encore le virer. Si nous sommes capables de créer un semblable raz-de-marée nous emporterons des millions de voix dans le courant.

« Il ne suffit pas de voter pour Ségolène, il faut nous jeter dans la bataille pour que pas une voix ne lui manque.

« Il reste quelques jours et une manif du 1er mai. »

Odile Chenevez
Sarkozy. Du masque d'acteur à la personne, nous fera-t-il rire, sinon jaune ?


« I’ s’voyait déjà… » Il s’y voit même sacrément en haut de l’affiche – sur la plus haute marche –, et d’ailleurs il y sera peut-être. Cette possibilité serait dans l’ordre normal de toute élection – enfin, de toute élection normale consistant à choisir un président ou un(e) autre, selon les usages plutôt démocratiques, moyennant quelques excès – d’ailleurs surtout oratoires. L’Histoire récente a ainsi pu en voir passer une palanquée : des de Gaulle, des Pompidou, Giscard, Mitterrand et jusqu’à Chirac qu’on aura bien charrié et qui l’avait tant mérité. Mais de tous ceux-là, et sans remonter au Déluge politicien, on s’est toujours accommodé, et même lors des scrutins sans autre appréhension exagérée. Quand on est allé jusqu’à flairer le dictateur sous le képi du Général, ce fut, il faut le reconnaître, en une sorte d’enflure d’opérette, une de ces pagnolades dont avec le recul on ne se lasse pas de rigoler.

Mais Lui… Nous fera-t-il rire, sinon jaune ? La question est bien celle-là, posée autour de sa personne. Tant le propos et le geste, le parleur et l’acteur semblent multiples, insaisissables et comme tels angoissants. Persona en latin a d’abord désigné le « masque d'acteur » ; puis le « rôle » et  le « caractère », enfin l’« individu ». Amalgame tissé par l’étymologie, expression du destin des mots et de leurs sens. La « personne », incarne les choses et des mots dans la confrontation à la vie. Dépouillée de ses guillemets, la personne – toi, moi – c’est l’expression de sa propre histoire, de ce qui nous a faits au fil du temps et des expériences, qui illumine ou éteint notre regard, forge esprit et corps, jusqu’aux rides et cicatrices. C’est le fameux style, selon Paul Valéry.

Peu ou prou, toute rencontre entre humains en passe par cette sorte d’évaluation autour de la personne. Qui est-il, qui est-elle ? Quid du masque et de sa parole ? De cette congruence de l’être chez qui, en bon équilibre interne, la bouche et les yeux et le corps entier parlent un même langage.

Cela vaut pour chacun, y compris pour tout aspirant au Pouvoir. Et chaque rencontre humaine se voit plus ou moins assujettie à cette appréciation mutuelle. Alors on s’apprécie, ou pas. Selon les réglages réciproques des codes d’expression, ceux qui vont nous faire apparaître à l’autre, donner envie ou pas de se connaître.

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Bien sûr, ces processus d’approche sont par définition subjectifs et agis par des codes complexes, résultant eux aussi de ce que nous sommes et de la propre perception que nous avons de nous-même – l’idée de soi, plus ou moins haute, on le sait, et ça se voit… A quoi se mêlent les acquis culturels et idéologiques. Un fatras que cette « cybernétique » humaine, cette « mécanique » du vivant par laquelle chacun va tenter de se « gouverner » dans la vie.

Se gouverner, chacun se débrouille en n’engageant que lui – et aussi son entourage, certes. Mais quand il s’agit de cette prétention à gouverner les autres… Oui, quand il s’agit bien de cela, alors un peuple digne se doit d’y regarder à deux fois, de savoir à quoi l’autre va l’engager – en son nom et peut-être même dans son dos ! D’où les interrogations sur la personne – ou les deux personnes candidates, si on veut. Mais c’est l’une des deux qui me préoccupe, et même me fait peur comme jamais. Car tant de démonstration de sa part à prétendre qu’il a changé ; tant de mouvements d’impatience, de brutalité rentrée, de tensions corporelles, d’attitudes calculées ; tant de témoignages sur ses explosions colériques ; tant de puérilité confondante dans ses appels à l’amour des 60 millions de Français ; tant de refus à l’introspection, au questionnement de soi ; tout cela, soudé à une aussi insatiable boulimie de Pouvoir, tout cela m’effraie assez pour ne pas retenir un cri d’alerte !

C’est fait.

Et en même temps, je sais bien que la moitié de mes semblables humains, ci-devant citoyens de la République française, s’embarquent avec leur candidat dans les limbes d’une identification bienheureuse, sinon béate. Comme s’il s’agissait de la perception d’un autre monde, d’autres valeurs, d’une vision toute autre. C’est d’ailleurs le cas.

Je regarde cette photo [Michael Zumstein / Œil Public, Le Monde] ; elle me sidère. Ce sont des jeunes UMP, salle Gaveau à l’heure des résultats du premier tour. Serait-ce si différent au siège du PS au même moment ? L’euphorie militante ne conduit-elle pas à des emballements semblables avec perte du sens critique, et du moins de toute distance avec l’objet d’adulation ? Cette jeune fille au bord de la crise de larmes. Que recouvre au fin fond d’elle-même cette croyance qu’elle manifeste ainsi en une attitude de transe ? Et le cri si profond de ce jeune homme… quelle angoisse tout aussi profonde conjure-t-il ainsi avec tant d’énergie tendue ? Effet de miroir renvoyant l’image de l’icône adulée, le prophète qui conjure l’apocalypse : le Messie qui va apparaître.

« Je ne trahirai pas !… Je ne mentirai pas !… » martèle le présidentiable – sans doute à son intention, puisque personne ne lui en demande tant, comme s’il s’agissait de se persuader d’une non-évidence. Son plus grand ennemi : lui-même. Celui qu’il ne voudrait surtout pas connaître, ni rencontrer dans un miroir non complaisant, étalant ses ressorts intimes. Je repense à ce passage de son entretien avec Michel Onfray [voir à ce propos, sur ce blog : « Dans le comment de Sarkozy, le bruit de ses mots, le vacarme de son corps même »] , tel que celui-ci le raconte : « Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’État, puissent gouverner celui qui règne ! »

L’ego, rien de mal en soi ! Comment faire sans d’ailleurs ? Là encore, question de mesure – ou de démesure. Quand l’amour de soi atteint des dimensions exorbitantes, il exprime sans doute un manque de taille proportionnelle et aussi une grande souffrance. Tant d’effusions démonstratives, tant d’exigence d’amour. Avec Onfray encore : « Il affirme faire de la politique pour être aimé. “Comme tout le monde dit-il, parce que tout le monde a envie d’être aimé“. Étrange d’avoir choisi la politique, un monde en noir et blanc où l’on aime si peu, et où l’on déteste tant, même et surtout avec les protagonistes de son propre camp. En politique, il n’y a que des alliances opportunistes, des amitiés de tactique, des liaisons de stratégie aussi vite conclues que dénoncées. »

L’élection se noue autour de cette perception de la personne. De l’un ou l’autre des candidats. Pas tant sur les programmes, déjà largement étalés et, au fond, secondaires – qu’on le déplore ou pas. La surmédiatisation, surtout par l’image, a fait passer au second plan le débat de fond. La forme l’emporte. Mais la forme aussi fait sens – c’est « …le fond qui remonte à la surface », disait Victor Hugo. Je pense aussi à Charles Péguy : « Ne me parlez pas de ce que vous dites ! Parlez-moi de comment vous le dites ! » En quoi le débat du 2 mai sera déterminant pour la vérité exprimée par les personnes opposées. Non pas, je crois, qu’il fasse beaucoup changer les choix électoraux déjà prédéfinis depuis les profondeurs de chacun, selon son histoire, ses croyances et ce qui aura produit son systèmes de valeurs et sa vision du monde. Je ne saurais imaginer qu’un de mes confrères, rencontré il y a peu, appelant Ségolène Royal « la salope » puisse être sensible à quelque argument que ce soit…

Mais le débat prendra date pour l’Histoire. Et s’y chacun se reconnaît dans l’un(e) ou l’autre, que ce soit aussi au bénéfice du précepte socratique qui en effraie certain : « Connais-toi toi-même ». A quoi le philosophe grec ajoutait comme une promesse céleste: « Et tu connaîtras l’univers et les dieux ».
Présidentielle. « Je voudrais vous parler de sentiments », par Ariane Mnouchkine

Écrit par Ariane Mnouchkine, animatrice de la troupe du Théâtre du Soleil, le texte ci-dessous date d'avant le premier tour. En fait, il ne date pas du tout. Sa pertinence autant que sa sensibilité ne lui en confèrent que  pleine  actualité.

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection  présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il  s'agit aussi de sentiments.

Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de  craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un  sentiment de genèse.

Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée.

Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais  fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte  autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours. Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous  rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un  meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre.

Mieux que d'autres, par leur détermination, leur ferveur, leur  sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer  ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible. Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun  mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi.

Aucune goinfrerie. Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage.  Aucune mauvaise foi.
Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis  d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils  quémandent le suffrage avec tant d'insistance.

Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir.

>>>
Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte.

Pas de vergogne.

Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: « Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là. » Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous  et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie  qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.

Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre.

Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai « Shopping Paradise » très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre - tandis qu'un troisième... celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous.
Une hibernation tranquille, peut-être ?

Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans... vous vous souvenez? Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages... les avons-nous déjà oubliés ?
L'horreur de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée?

La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages?

Moi, non. Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance. Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules.

C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour.

Encore un tour.

Jamais leur tour.

Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend.

Allons-y, bon sang ! Il n'y a plus une minute à perdre.

Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement.

Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante...

Je parle des couleurs de l'Europe à qui nous manquons et qui nous manque.

Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.
»

Ariane Mnouchkine
Résistance à la Sarkozie.
Sommes-nous cuits ?

par Joël Decarsin


Comme beaucoup de nos concitoyens, je m’inquiète depuis plusieurs mois de la montée de la "droite dure" aux côtés de l'extrême-droite. Même si elle émerge assez tardivement, la « résistance » à la « Sarkozie » s’organise ici et là, c’est un point positif. Je m'interroge toutefois sur le contenu de certaines postures.


Je note en effet qu'un certain nombre de blogs traitent le candidat de l'UMP de "fasciste". Or, on le sait tous, ce mot est aujourd’hui usé à force d’avoir été employé à tort et à travers. Pour autant, d’impassibles historiens établissent des liens entre le libéralisme économique (dont se réclame Sarkozy) et le fascisme. De fait, il est des signes qui ne trompent pas : le simulacre du leader charismatique, la concentration des pouvoirs, les lois et les méthodes liberticides… jusqu’aux récents propos flirtant avec l’eugénisme.

Sans rien sacrifier à l'émotion mais pas davantage à la précaution oratoire, je me limite ici à quelques commentaires.

LE CONTEXTE

Alors que le communisme s'est longtemps nourri du sacrifice des Droits de l'Homme, le libéralisme économique, au nom de la défense des libertés individuelles, encourage la concurrence entre les individus et, par suite des moyens techniques dont disposent ses protagonistes, provoque le chômage massif, la précarité et la pauvreté. Afin de se maintenir en place, ses acteurs « récupèrent » les réactions de violence qu’il suscite, par le biais d'une propagande orchestrée autour des thèmes de la peur et l'insécurité.

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Ainsi le libéralisme parvient à susciter l'adhésion au point qu'aucun mouvement de résistance ne peut durablement le contrer. Même la gauche institutionnelle en est venue à l'assimiler pour pouvoir continuer d'exister. A force en effet de vouloir incarner dans l'histoire l'idéal judéo-chrétien du "vivre ensemble" tout en excluant de son champ ce qui relève de la responsabilité individuelle (comme si ce "vivre-ensemble" pouvait s'ordonner par décret), elle n'a cessé de susciter la désillusion et laisse toujours plus de champ libre à la droite. Celle-ci, en revanche, qui se préoccupe assez peu du "citoyen" (si ce n'est de façon conjoncturelle), défend les intérêts bien compris de l'individu-entreprenant (et surtout entrepreneur). Or précisément les valeurs aujourd'hui dominantes sont celles de l'individualisme.

Dans nos pays industrialisés, le libéralisme n'a donc plus besoin de s'imposer par la force physique (si ce n’est de façon ponctuelle et symbolique comme à Gênes en 2001): il est plébiscité pour la raison triviale que le souci de combattre la pauvreté, par exemple, est nettement moins perceptible que celui de s’enrichir soi-même. A l'opposé du fascisme, qui est une idéologie imposée manu militari, il s’appuie sur le consentement de la majorité des individus. Pourtant, à bien y regarder, ce consentement n'est qu'illusoire. Car tout procède en définitive de la manipulation, grâce à ce formidable outil de propagande qu'est "la communication". A cet égard, admettons que même la formule "gagnant-gagnant", de S. Royal, tient de la supercherie intellectuelle. Le parallèle entre le libéralisme (alias "la dictature des marchés") et le fascisme est donc pertinent et le cas Sarkozy particulièrement édifiant quand on sait qu'à défaut de faisceaux (au sens mussolinien du terme), ce monsieur s'appuie sur de solides réseaux pour parvenir à ses fins. Comme le disait F. Mitterrand, alors qu'il pourfendait encore les institutions de la Ve République (et avant qu'il en devienne le premier représentant sans rien en modifier) : plus besoin d'armée, le coup d'État est "permanent".

Si le libéralisme, dit-on souvent, c'est "la liberté du renard libre dans le poulailler libre", Sarkozy est celui qui ne supporte pas le bruit que font les poules quand on les égorge. Et qui s’en indigne auprès de tous les renards, confirmés, amateurs et aspirants. Je perçois les violences urbaines et de façon plus générale un grand nombre d'incivilités (y compris celles dont il m'arrive de pâtir) comme les cris des laissés-pour-compte du Marché.  On me dira que j'exagère, que ces déviances sont "gratuites", non motivées, qu'elles ne résultent que d'un dérèglement des moeurs qui n'a rien à voir avec l'économie. Mais quand le renard fait irruption de nuit, la poule ne sait qui l'agresse et l’on ne sait pourquoi elle crie. Ceux qui ne veulent pas devenir à leur tour des victimes s'efforcent de percevoir ce qui se passe dans l'obscurité. Cet effort s'appelle solidarité. Mais à l'évidence, il reste infructueux : le nombre de candidats "anti-libéraux" à l'actuelle élection présidentielle suffit à convaincre qu'au sein du seul débat démocratique, aucune entente n'est possible. Le libéralisme fait recette, c'est le cas de le dire, jusque dans ses manifestations les plus agressives comme le montre le cas Sarkozy.

LE CAS

Ce que je reproche surtout aux pourfendeurs de Sarkozy, c'est de ne pas analyser comment sa propagande parvient à fonder son autorité, comment sa propension à l’excitation renvoie une quantité d’individus influençables à leurs instincts grégaires, comme pour compenser leur propre sentiment d’infériorité. Ce que je regrette, c’est que peu de gens réalisent à quel point le fascisme, ce n’est pas seulement un duce ou un führer, c’est aussi et avant tout une masse de moutons. C’est en effet de la façon la plus démocratique que des foules d’inconscients ont placé au pouvoir deux autres excités célèbres, Mussolini et Hitler. Et c’est de la façon aussi anodine qu’ensuite, après la catastrophe, ils ont focalisé "le mal" sur leurs seuls leaders, pour continuer tranquillement de se soustraire à leur propre responsabilité et se garder leur bonne conscience.

Or qu'observe t-on au cours de cette campagne? On entend souvent dire : x % de sondés déclarent vouloir voter pour Sarkozy mais beaucoup moins déclarent l'apprécier en tant que personne. Alors qu'il nul pas besoin d'être grand clerc pour réaliser que ce monsieur souffre de paranoïa, on ne peut que s'étonner d’une telle scission entre le jugement psychologique et le jugement politique. La personnalité d’un candidat semble réduite au simple "trait de caractère". Comme si elle n’avait pas d’incidence sur sa pensée ni son action. C’est ainsi que naît le culte de la personnalité.  Qui s’y adonne s’abaisse lui-même.  Les gens pieux savent ce qu'il en coûte à leur âme quand ils se laissent séduire par un pur "effet".

Cette prudence n’est visiblement pas le lot de bon nombre de journalistes et de nos concitoyens. Je le dis : Sarkozy n'est jamais qu'une "grande gueule", comme l'est un peu Le Pen, mais en version à la fois plus teigneuse et plus rusée. La voix douce qu'il nous sert dans les médias est celle du serpent Kaa, dans le livre de la Jungle : lorsqu’il nous susurre à l'oreille "Aie confiance !", c’est pour mieux nous gober. Comment le mal s’inscrit-il dans la psyché ? Difficile à dire car nous ne connaissons pas le personnage qu’en surface. Mais Michel Onfray nous donne sans doute un élément de réponse sur son blog, lorsqu’il raconte les conditions de son récent entretien avec Sarkozy. Au philosophe, celui-ci confie (devant témoins) qu'il n'a jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate "Connais-toi toi même" ; avant finalement de lâcher : "Soixante-cinq millions, c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter".

   

Une certaine esthétique…

L’image paraît anodine : le portrait photographique géant du candidat de l’UMP dans son siège de campagne.
Mais pour qui sait voir, l’essentiel se joue tout autour, dans la mise en scène.
L’icône est située au fond d’une niche qu’elle tapisse presque entièrement. L’ambiance est religieuse : le portrait est éclairé par le haut, comme par une lumière divine, les luminaires situés de part et d’autre, m’évoquent des cierges, le socle (sous le portrait) un autel.
Le noir, le blanc et le gris nous rappellent qu’ici, la vie n’a pas lieu d’être. Même les couleurs de la nation ont été écartées pour mieux valoriser  ce qui doit l’être : le candidat,  et lui seul.
L’ensemble est dessiné avec la précision caractéristique du néo-classicisme. Il n’y a « rien qui dépasse ». rien qui puisse menacer cette géométrie parfaite.
Qu’à nul ne plaise, tous les ingrédients de l’esthétique fasciste sont ici réunis.



Pour qui veut bien l’admettre, N. Sarkozy est avant tout un monsieur qui, n’ayant pas la faculté de reconnaître ses propres complexes, en appelle, par compensation, à "l'amour" de tout un peuple. Il n’est finalement dangereux que parce qu’une grande partie d’entre eux croient en lui. Et beaucoup y croient parce qu'ils en restent au spectacle de son assurance qui n’est pourtant que factice. Ils y croient parce que les temps sont difficiles (chômage, précarité, violences) et que nulle propagande politico-médiatique ne vient les apaiser, au contraire. Ils y croient parce que, dans ces conditions, il devient de plus en plus ardu de croire en soi... et de se connaître soi-même. Ce n’est pas pour rien que les totalitarismes prolifèrent sur fond de crise.
Si donc des personnalités aussi malsaines que Le Pen et Sarkozy occupent aujourd’hui le devant de la scène politique, c’est que la crise que traverse notre pays, avant d’être une crise économique, est une crise morale.

LA MORALE (justement…)

Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager. La température continue à grimper. L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant. L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille trouve cela d'abord désagréable puis franchement insupportable mais elle est maintenant trop affaiblie pour trouver l'énergie de s'extraire de la marmite. La température continue à monter jusqu'au moment où elle finit par cuire et mourir.

Si cette même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat lui permettant de s'éjecter à temps de la marmite. Ce qui prouve que, lorsqu'un changement s'opère de manière assez lente, il échappe à la conscience et ne suscite en général aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.

Et nous, dans cette histoire, sommes nous cuits ?

Joël Decarsin, Aix-en-Provence
Résistance à la Sarkozie. Du 22 avril et du principe de précaution

Tout se dérègle, semble-t-il. Pas un jour sans alerte. « Faisons vite, ça chauffe ! » clame la pub, comme si l’écologie était apolitique. Comme si la politique elle-même n’était pas d’abord une écologie, cette harmonie entre le monde et les cœurs qui l’habitent – et dont personne n’a « le monopole », on sait, merci. Tout fout le camp et tout semble normal. Je viens encore de vérifier, maintenant que le printemps s’avance. Comme annoncé, les iris jaillissent à coups de traits violets, les yeuses débourrent et passent sans prévenir du marron-ocre au vert Véronèse ; je parle des chênes verts chers à Giono : en accéléré on verrait leurs bourgeons s’ébrouer comme des chiens mouillés. Je parle de la "campagne" – la ville n’est jamais bien loin à bruire. Les indicateurs médiatiques l’attestent aussi : sous le ronron des flux sondagiers, à J moins… et quelques, la République a l’air calme.

D’innombrables docteurs Knock, Diafoirus de l’opinion, tentent de prendre la température de l’indécision qui seule encore procure quelque excitation à la "science" politique – mon cul ! Ces derniers jours, des politicards has been, si assoiffés de reconnaissance – mais de quoi ?, faites donc ! –, ont tenté de remettre la balle au centre, là où stagne le marais, grande flaque des « sans opinion », enfin qu’ils disent pour masquer leur absence de conviction. Ils ne différencient plus leur main gauche de la droite. De l’une ou de l’autre, ils tâtent le fruit qui traîne, comme eux d’ailleurs, d’une moue dégoûtée, gavée de tout, ou bien privée de l’essentiel – cet appétit à mordre dans le fruit de l’engagement. Excusez le gros mot, abandonné à la rue, comme dans une cité « sensible », ramassé par celui qui cite Camus et Jaurès en proportion inverse de sa légitimité à le faire.

Est-ce bien le moment de jouer les chochottes une fois de plus ?  De faire son esthète devant l’embarras du choix, entre les douze desserts de la Démocratie bonne fille ! – Ah, je tâterais bien un peu de ça, ou bien non, de ci…

Quand quarante pour cent (40 % si vous préférez) d’un électorat serait tenté par la droite extrême, est-ce bien l’heure de tourner autour du pot, l’air grave et con, oui !, ou alors innocent, angélique, ingénu – pour ainsi dire chaste, comme le dernier des puceaux qui ignorerait tout de l’Histoire ! Est-ce bien le moment d’ergoter ? De confondre présidentielle et législatives !

>>>

Heureusement, dans les soixante pour cent restant, certains sont inquiets. Cent mille raisons de l’être dans cette société si bancale, si injuste et peut-être même si explosive. Ce danger de la grande « fracture », cet entourloupe du sortant ; ce risque de la facture – la facture de la fracture –, c’est aussi ce que sous-tend le vote du 22. D’aucuns se réjouissent d’ailleurs d’une telle perspective : la politique du pire, de l’affrontement violent, forcément accoucheur de désastre – celui qu’affectionnent bien des idéologues et autres « djihadistes » de tout poil, toujours prêts à casser, à violenter, à tuer. Qu’Il vienne et qu’ainsi on y aille à la castagne générale. Car il a fait ce qu’il fallait pour, avec un casting d’enfer, c’est le cas de le dire ; les figurants pour la racaille, les flash-balls pour le Kärcher. Les jités vont raffoler.

Parmi les inquiets, les plus qu’inquiets des premières loges. Ceux qui vivent déjà en Sarkozie – sans l’avoir choisi ! Car un jour, il déboule avec sa garde prétorienne, installe son camp, plante ses totems et effigies, impose sa Loi, son Ordre. C’est ainsi qu’on se retrouve dans l’emprise politico-policière du QG de campagne de Nicolas Sarkozy, 18, rue d'Enghien, dans le Xe arrondissement de Paris. Il faut ainsi montrer patte blanche pour aller et venir, subir des contrôles d’identité, vivre sous le regard suspicieux de dizaines de flics visibles ou « invisibles », affublés d’oreillettes, en planque dans des voitures, flairant quelque possible mauvais coup – sans toujours les prévenir (Greenpeace déversant ses tonnes de maïs OGM à l’entrée de la rue).

Des manifestations, presque chaque samedi, ont donné lieu à d'impressionnants déploiements de CRS. Plus folkloriques, des happenings réunissent régulièrement au bout de la rue d'Enghien des « anti-Sarko » affublés de masques et brandissant des banderoles : « Ensemble tout devient pénible ! ». Au fond, la résistance s’organise. Ainsi, parmi les plus excédés des « Malgré nous » de la Sarkozie, la résistance de Vincent qu’un ami commun raconte ainsi :

« Cette photo, c'est notre copain Vincent qui l'a prise. Il s'agit en fait de son appartement. Il habite boulevard Bonne Nouvelle, à 100 mètres du siège de Sarko. Jour et nuit, plusieurs dizaines de flics sont en faction là-bas depuis six semaines. Régulièrement, les habitants du quartier se retrouvent soumis à des contrôles d'identité quand ils vont faire leurs courses.

« Il en a eu marre et, par réaction, a confectionné la semaine dernière cette banderole qu'il a accrochée à ses fenêtres. Très peu de temps après, il a reçu la visite de cinq CRS (qui sont quand même restés sur le palier). Contrôle d'identité, intimidation (« on reviendra »)...

« Il vient de m'écrire: il y a encore six cars de CRS et une centaine de casqués juste devant chez eux ... comme tous les jours depuis six semaines, et il se demande tout le temps s'ils vont remonter.

« Et moi de repenser à cette phrase de Lucie Aubrac quand on lui demandait « comment elle avait fait » : Elle répondait : « Il ne s'agit pas de penser à ce que l'on ferait, plus tard, si une dictature devait se mettre en place, mais à ce que l'on doit faire, chaque jour, pour qu'aucune dictature ne se mette en place ». Le geste de mon ami Vincent force mon respect mais moi, je me demande ce que j'ai pu personnellement faire pour mettre en pratique la recommandation de Lucie Aubrac. »

On peut se demander si le tableau n’est pas noirci à l’excès… Alors que Sarkozy présente les caractéristiques apparentes du républicain…, et qu’évoquer Lucie Aubrac et la Résistance, c’est démesuré… Principe de – comment dit-on déjà rapport aux OGM ?–, oui, principe de précaution. Vaut mieux pas essayer. Ne pas tenter le diable en somme. Ce qui nous ramène bien au 22 avril.
A Nice-Matin et au Point,
petits arrangements « de terrain »


Le quotidien Nice-Matin et l’hebdo Le Point, chacun sur son registre, viennent de se distinguer en termes d’éthique professionnelle.

En manchette plein pot et sous le titre "Acheter des armes de guerre à Nice? C'est très facile", Nice-Matin a publié le 15 février une photo représentant deux hommes tenant un pistolet-mitrailleur israélien Uzi et une Kalachnikov, « quelque part sur les hauteurs de Nice ». La légende ne précisait pas qu'il s'agissait d'une reconstitution. C’est un armurier qui avait fourni les armes pour les besoins de la cause… La tromperie sur la marchandise a contrarié Eric de Montgolfier, procureur de la République. D’autant plus que, selon lui, elle voulait appuyer une thèse sans fondement.
 
En vertu du "droit de rectification", Eric de Montgolfier rappelle dans Nice-Matin du 12 avril la "responsabilité de ceux qui confondent la liberté et la licence". Il affirme également n'avoir pas outrepassé ses attributions "en cherchant à (s')assurer que les faits relatés par (le) journal étaient exacts, éventuellement pour les établir et les réprimer le cas échéant" et "en demandant des comptes à ceux qui avaient cru pouvoir user d'un stratagème pour étayer un article propre à inquiéter l'opinion publique".

Dans un commentaire aux déclarations du procureur, Michel Comboul, PDG du journal (groupe Lagardère), maintient "la réalité des investigations" effectuées par Nice-Matin et dénonce "un interrogatoire très policier" des deux journalistes incriminés pendant cinq heures "avec pression morale et déstabilisation psychologique".

Le patron de Nice-Matin prétend que la photo controversée est "un montage nécessaire permettant aux lecteurs de visualiser une arme de guerre".

Observation n°1 : En admettant cette « nécessité », pourquoi l’avoir dissimulée au lecteur en n’indiquant pas le caractère fabriqué du document ? Ce qui aurait dissipé tout soupçon de manipulation. Ne pas faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est bien une façon basique de pratiquer le journalisme – laquelle étant à l’abri du délit de diffusion de fausses nouvelles, article 27 de la loi sur la presse.

Observation n°2 : S’il s’agissait désormais de débusquer dans l’ensemble des médias tout « article propre à inquiéter l'opinion publique », les procureurs de France, de Navarre et d’ailleurs n’auraient plus le temps d’inquiéter les voleurs de poules.


Un autre patron de presse connaît aussi des misères à propos d’affaires pas bien proprettes : Franz-Olivier Giesbert, directeur du Point, a été entendu mercredi comme témoin par la police. En cause, un article complaisant paru en 2005, acheté par un milliardaire libanais, Iskandar Safa, recherché par la justice. L’article en question faisait la part belle au PDG outrageusement victime d’une "situation kafkaïenne insupportable".

L'enquête a établi que le journaliste et homme d'affaires (bel amalgame) Marc Francelet, informateur du Point, a touché 150 000 euros du milliardaire pour le service rendu. Marc Francelet est en détention depuis deux semaines. Il était allé au Liban avec l'auteur du reportage, Jean-François Jacquier, lui-même interrogé comme témoin par la police. Iskandar Safa a payé le voyage et l'hôtel pour les deux hommes.

La société des rédacteurs du Point s'est dite "consternée". Elle a demandé à la direction du magazine "qu'à l'avenir, ce genre d'informateur n'ait pas, comme c'était le cas, porte ouverte au Point".

On notera au passage que Iskandar Safa, propriétaire notamment des Constructions mécaniques de Normandie, entreprise de Cherbourg, est mis en cause pour des versements d'argent inexpliqués à Jean-Charles Marchiani, ex-homme de confiance de l'ancien ministre de l'intérieur Charles Pasqua. Safa et Marchiani sont intervenus ensemble sur la libération des otages français (Carton
, Fontaine et Kauffmann) au Liban dans les années 80.
Poutine-Kasparov, échec à la démocratie, par Faber
 
© andré faber
  

L'ancien champion du monde d'échecs et dirigeant d'opposition russe Garry Kasparov a été interpellé puis relâché par la police à Moscou, samedi. Il tentait de participer à une manifestation hostile au gouvernement russe de Vladimir Poutine. Des dizaines d'autres manifestants ont été arrêtés.

Kasparov a été remis en liberté après dix heures de garde à vue. Il a été condamné à une amende de 1 000 roubles (29 euros) pour trouble à l'ordre public. "Le montant de l'amende importe peu. Cela constitue un précédent et s'ils m'arrêtent une deuxième fois ils pourront me mettre en prison", a déclaré Kasparov aux journalistes devant le tribunal.

La police avait annoncé que des mesures sévères seraient prises à l'encontre de quiconque tenterait de prendre part à cette manifestation. Un autre lieu de rassemblement, le square Tourgueniev, avait été autorisé, mais la manifestation sur la place Pouchkine, en plein coeur de la capitale russe, à un kilomètre environ du Kremlin, avait été interdite. Organisée par le mouvement L'Autre Russie, une coalition hétérogène d'opposants, la "Manifestation du mécontentement" devait leur permettre de dénoncer le recul des libertés démocratiques sous la présidence de Poutine. [D’après AP, AFP, Reuters et Le Monde].
Dans le comment de Sarkozy,
le bruit de ses mots,
le vacarme de son corps même



Ce n’est plus une question de programme politique. À ce stade-là, il s’agit bien davantage de question de fond, celle posée par la personne même, ce candidat là tout entier tendu – le mot est faible – vers le pouvoir. Ou plutôt le Pouvoir comme forme achevée de l’accomplissement, la pointe extrême de la pyramide, le dernier appui de l’ici-bas avant le nirvana. Je n’entends plus ses mots par leur sens, mais seulement par le crissement des cordes frottées entre elles, bruissant dans le raffut intérieur de cette musculature toute entière bandée vers cette conquête. Tout son être semble arqué dans cette unique direction. En faut-il, certes, de l’énergie dépensée, catalysée, compressée et défoulée pour ainsi produire tant de virulence ! A ce stade-là, ce n’est plus tant de l’ardeur que du priapisme politicien, élection et érection confondues.

Ce qu’il dit et dédit, quelle importance par rapport au comment. Et dans le comment – le style de l’homme, l’homme lui-même – il y a non seulement le bruit des mots, ce vacarme parfois, mais aussi tout ce langage du corps : tics et gestes, postures et trucs de bonimenteurs – et surtout ces éclairs terribles du regard, captés par les instantanés des photographes – voyez, celle-là de photo, publiée dans Le Monde du 7 avril [Philippe Wojazer, Reuters]. Terrible attitude du prédateur : la mandibule dans le dos de Mme Chirac,
le jabot enflé, le rictus carnassier, la jouissance du regard triomphateur. « Veni, vidi, vici » Ave César ! Car le corps, les gestes, tirés par les ficelles de l’inconscient, travaillent en arrière plan, agitent la marionnette – qu’est-ce qu’elle a donc à si souvent se tripoter le nœud (de cravate), à se renvoyer l’épaule en arrière (la toge atavique du sénateur romain ?), à jeter des regards torves de sentinelle en embuscade (« Père, garde-toi à gauche, père garde-toi à droite ! ») ? Et ces « mots » du non-verbal, justement, mentent moins que les laïus concoctés par les plumes nègres naviguant au gré des courants sondagiers. Même habillés en « programme », les baratins restent ce qu’ils sont, n’engageant comme toujours que ceux qui y croient.

Et puis il y a tout de même les mots. Et quels mots ! Passons sur les historiques kärcher et racaille, attiseurs de haine, armes de conflit. Mais il y a, au travers de multiples témoignages, ces formes du langage qui sont les plus parlantes quant à leur auteur et à son rapport à l’autre. Qu’il s’agisse de journalistes ou d’un  ministre. Rappelons l’esclandre du 18 mars à France 3 («Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder.») Citons aussi, cette conversation téléphonique avec Azouz Begag telle que rapportée par celui-ci dans son bouquin de rupture (Un Mouton dans la baignoire) : « "Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom... Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !" Je suis cloué à mon téléphone (...) Le ministre de l'intérieur m'a conseillé dans une ultime menace de ne jamais plus lui serrer la main, sinon il allait m'en cuire, "sale connard" que je suis. Je ne sais combien de fois il a projeté ces mots contre mes tympans. Je ne pardonnerai pas. »

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N’oublions pas que c’est le ministre de l’intérieur qui est censé parler à un de ses collègues du gouvernement de la République française, ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. N’oublions pas – enfin, le rappel est à destination des indécis, s’ils avaient encore, en traînant sur ce blog, quelque hésitation d’électeur… –, qu’un type pareil, maîtrisant bien moins son langage qu’un charretier, serait président de notre République ; qu’il parlerait donc en notre nom, partout dans le monde ; qu’il connaîtrait le code du feu nucléaire, lui cet excité, qu’on aurait vu le premier aux côtés de Bush et de Blair aller faire des moulinets militaires sous le nez de Saddam Hussein !

Il y a donc ces mots de blessure, de violence, de haine – autant parler du langage de la petitesse – l’homme est petit, qu’importe, il pourrait être grand et vouloir se hisser à plein dans ce qu’un Montaigne appelait « toute l’humaine condition ». Mais il y a, plus grave encore, les mots de la tête – opposés à ceux d’un corps finalement souffrant (je fais mon psy) –, ceux qui, en principe, émanent de la raison raisonnante. Pour dire qu’on doit s’y reprendre à deux fois, quand on se veut Président, avant de se risquer sur le terrain de l’inné et de l’acquis.

Au moins pourra-t-on lui reconnaître en l’occurrence la franchise de la brutalité, du non calcul, de la cohérence. Il tente aujourd’hui d’atténuer son propos, mais n’a-t-il jamais dévié sur ce point de la criminalité « génétique » ? C’est même LE point de rupture du candidat de la rupture ; celui qui d’ailleurs démarque de tout temps les valeurs de gauche de celles de droite. Du moins au stade philosophico-politique. Pour le reste, entre économie et social, bah, ce sera selon les alternances partisanes… Mais tout cela ne prend sens, vraiment, qu’autour de la question de la transmission ; selon que l’on croit ou non aux valeurs humanistes par lesquelles une société s'élève. Transmission par l’héritage génétique – ou le patrimoine héréditaire, y compris au sens aristocratique – ; ou transmission historique des valeurs de culture et de connaissance, qui ne peuvent transiter que par les passages de l’école et des apprentissages. D’un côté le Destin, les lignées, de l’autre l’action politique et sociale, les engagements. Bien sûr, l’Histoire a brassé ces antagonismes, précisément à partir de la Révolution française qui date cet affrontement et marque la naissance publique de l’esprit critique. D’où la portée symbolique de la décapitation du roi comme fin du règne absolu de l’esprit divin ici-bas, la Terre redevenant le royaume (républicain) des hommes (égaux… et critiquables !).

Qu’il vienne de Hongrie ou de Zanzibar m’importe peu. Moins que l’histoire d’une lignée, celle des Sarközy de Nagy-Bocsa, propriétaires terriens de la petite noblesse hongroise, chassés par l'Armée rouge en 1944 – ce qui parle autrement ; ce qui peut laisser à l’enfant Nicolas, Paul, Stéphane à la fois dans la bouche le goût de la cuiller d’argent du pouvoir, et à l’occasion, comme aujourd’hui, un certificat d’immigré pour se démarquer d’un Le Pen tout en chassant plein pot sur ses terres fangeuses.

Vulgaire, certes, et aristocratique. Rien d’incompatible à cela, toute lignée peut dégénérer. Un de ceux qui ont pu le constater c’est Michel Onfray. Il raconte sur son blog [je vous conseille le détour] comment il s’est retrouvé face au ministre-candidat lors d’un entretien le 20 février place Beauvau, arrangé par la revue Philosophie magazine. C’est un récit assez hallucinant d’une rencontre en deux temps – sauvée de la… rupture par un coup de téléphone – qui décrit une charge démente que Onfray présente du point de vue du manant (comme dirait Le Pen) écrabouillé au marteau-pilon par un seigneur féodal bardé de skuds, ou même plutôt par un « chef de horde ». Extrait :

« … l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue… »

C’est à ce moment-là que Sarkozy aborde la question de l’inné, qui refait surface aujourd’hui. Onfray poursuit son récit :

« Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne. Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.

« Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.

« A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.

« Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.

« J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : «  J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » :  une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique  ! »

En faisant ici le lien avec les courants néo-conservateurs étatsuniens dont un Bush est tellement imprégné, Onfray pointe aussi du doigt la filiation intellectuelle sarkozienne à laquelle se trouvent aussi reliés le créationnisme – si tout est dans le programme, il n’y a pas d’évolution et il faut brûler Darwin – et aussi la Scientologie. A propos de cette secte, rappelons la rencontre en août 2004 entre son plus fameux adepte et VRP, l’acteur Tom Cruise, et le ministre des finances d’alors. Les associations anti-sectes avaient protesté contre cette reconnaissance symbolique qui ne disait pas son nom. Dans son livre « La République, les religions, l'espérance » (Éditions du Cerf, 2004), Sarkozy considère qu'il faut refuser les « amalgames » entre les sectes et les « nouveaux mouvements spirituels ». Ça ne peut mieux aller dans le sens de la Scientologie qui use de tout son pouvoir de lobbying pour, justement, être reconnue comme un « nouveau mouvement spirituel ».

Rappel : ce n’est pas une opérette qui va se jouer le 22 avril. Le risque est autrement plus fort qu’un certain 21 avril. Même si un Le Pen reste embusqué, on a appris à « gérer » ses gros brodequins, à y enfouir la part ignoble de notre doulce patrie. Mais cet autre a surgi de derrière les fourrés, autrement muflé le bougre, fils adultérin de la Thatcher et de Berlusconi – à moins qu’il ne s’agisse de Reagan ou de Pinochet. Il y a toujours eu tant de prétendants au Grand bal du libéralisme ultra, là où sur le libre marché des gènes se perpétuent les grandes lignées des pouvoirs de l’argent.

Que seront nos fêtes prochaines sur les places de la République de France ?

Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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