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Chronique congolaise -3. Même la magie ne peut pas tout


Kinshasa, Congo-RDC, jeudi.

Ce dimanche à Kin’, c’était la Journée nationale du Poisson. Des banderoles – ah, les calicots des rues africaines ! – claironnaient l’événement. La télé nationale a marqué le coup comme il se doit en suivant quelque ministre et son escorte visitant une pêcherie à Kisangani, dans les 2.000 km au nord-est de la capitale. J’ai aussi honoré l'événement à ma manière en mangeant ma part de poisson, du capitaine surtout, un régal. Aujourd’hui, fin de mon séjour, j’ai déjeuné « Chez Tintin », au bord du fleuve Congo, là où après plus de 4.000 km, il (le fleuve) commence à perdre toute retenue, roulant ses millions de mètres cubes sur les rochers qui précèdent les chutes. Une barge aventurée trop loin ne s’en est pas remise ; elles gît là au pied d’une station de pompage hydraulique.


Une secte évangéliste voisine a transformé le reporter en prédicateur. L'éthique journalistique en prend un grave coup. ©gponthieu


« Chez Tintin », une guinguette fameuse
qui, en fin de semaine, attire de nombreux Kinois. Mobutu aussi aimait l’endroit : son palais présidentiel (pillé depuis) dominait le fleuve, du haut du mont Ngaliema, « Chez Tintin », c
’est autrement plus modeste. Mais l’herbe y est verte et l’ombre généreuse. Et le reporter et son Milou montent la garde de plain pied, ainsi que Haddock non loin ; le reste de la mythologie hergesque est mis en fresque, face à un hétéroclite Lucky Luke…

Comparé à l’ordinaire congolais, c’est comme un coin de paradis. Avec le fleuve là tout près qui roule et rugit, lançant des vagues d’argent comme un dragon crache ses flammes. Mais le niveau hivernal, plus bas qu’en saison des pluies, bien sûr, laisse émerger quelques îlots, des plages même et comme des petits étangs intérieures. Un bord de Marne à l’africaine avec quelques (rares) baigneurs et des pirogues pour un tour de l’île.


En face, l’autre Congo, celui de Brazza et de l’ex Françafrique. Ici, c’est la rive foulée en 1879 par le British Stanley au profit du roi des Belges – ce Léopold qui voulait se faire aussi gros colonisateur que ses voisins bataves. Ah oui !, on peut dire qu’il a décroché le pactole avec un fameux morceau du continent noir – sur lequel il ne mit cependant jamais les pieds ! (Hergé non plus…) La Belgique doit en grande partie son niveau de développement à l’exploitation des richesses du Zaïre.

Dans sa cuisine, « maman » nous mijote un liboké, poisson du fleuve coupé en morceaux, assaisonné et cuit au bain-marie dans une feuille de bananier. Servi au bout d’une heure, avec des frites de banane plantin et une Primus, bière locale en bouteilles de 75 cl – que veut le peuple ? Justement, c’est bien la question. Réponse aussi sec en quittant les lieux, qui ne sont d’ailleurs pas les plus déshérités ; on est ici en dehors de la ville tentaculaire et la vie y semble moins âpre. Au moins les enfants ne jouent-ils pas dans les immondices, comme c’est si souvent le cas.



>>>

Avant celle du Poisson, donc, il y eut  le 16 juin la Journée de l’enfant africain. Même ce jour-là on peut parier qu’ils n’étaient pas à la fête : ni les enfants-soldats enrôlés dans les conflits à répétition ; ni les enfants des rues, garçonnets et fillettes parfois âgés de moins de dix ans. Ce sont souvent des « enfants-sorciers » : détesté par un beau-parent, par exemple, il est jeté à la rue après avoir été accusé de sorcellerie ; il tente alors de survivre de rapines et/ou en mendiant aux carrefours, à la merci des véhicules et de la pollution. « Le Potentiel » rapporte le cas d’un pasteur de Bukavu qui soupçonnait sa fille de dix ans de faire partie d’un groupe de sorcières. « Il l’a ligotée, battue et exposée sous un soleil ardent afin de la forcer à dénoncer ses complices. »

Revenons toutefois à la Journée du Poisson. C’est le sujet d’une délicieuse chronique du même « Potentiel », considéré comme le meilleur de la dizaine de quotidiens congolais – je le crois aussi. Yoka Lye signe là ses « Confidences de chauffeur de ministre ». Cette fois le satiriste raconte la virée des « Excellences paradant fièrement sous les regards des pêcheurs de Kinkole, passablement amusés».

Extraits du 27 juin : « […] La préposée attitrée du protocole s’était déjà arrangée pour mettre au frais un vin approximatif et frelaté d’Afrique du Sud, […] et pour le servir en exclusivité de ses propres doigts. On ne sait jamais, l’air en politique est si pollué de poison et de coups bas… Moi-même j’étais si heureux, heu-reux ! Heu-reux de savourer pour la première fois dans l’année un « mboto » à l’étouffé, un « capitaine » grillé, un « monganza » frit ouo un « mbizi-mayi » enpepe-soupe. J’ai tellement bien mangé, et surtout bien bu, que j’ai commencé à chanter et à danser la tête en bas, et les jambes en l’air. Mon patron de Ministre a ouvert les yeux grands comme ça et a pris des quintes de toux à force de rire…




« J’étais si heureux que j’ai gardé comme souvenir de cette Journée du poisson chaque arête de chaque poisson mangé comme reliques, puisque de tels rendez-vous pour de telles ripailles sont si exceptionnels (exceptionnels pour nous pauvres gens en-bas-d’en-bas devenus simples herbivores…) Ces reliques de poissons, arêtes et squelettes de têtes, seront consignées dans un bocal spécial transparent, et à chaque fois que j’aurai une faim spéciale de poisson spécial lors de la journée spéciale de Kinkole, je « revisiterai » (ah ! le mot à la mode !) le bocal pour humer le fumet sauvage du sacré poisson et me rassasier par cœur… »

Pendant que j’y suis, je continue à feuilleter « Le Potentiel ». Là, trois-quarts de page sur l’ouverture de l’agence Nokia à Kinshasa. Le téléphone cellulaire, cette nouvelle folie africaine. Pas de ronds, pas de quoi bouffer, mais chacun ou presque caresse son téléphone et se ruine pour lui, faisant du secteur le premier de ces pauvres économies. Se sentir rattaché au monde, premier besoin fondamental de l’homo technicus…

Un titre superbe dont bien des journalistes africains ont le secret : « DGRAD : mise en place des stratégies pour la maximisation des recettes non fiscales ». Suit une demi-page à tomber raide. À propos de (langue de) bois : un mot sur la forêt, jungle de tous les fantasmes et surtout de tous les profits. Des modestes a priori, provenant du bois de cuisine qui, à pleins camions de fagots et de sacs de charbon, converge vers Kinshasa. Et de bien plus considérables, générés cette fois par l’exploitation intensive des essences les plus précieuses. Des cohortes de grumiers viennent, en amont de Kinshasa, charger les troncs somptueux charriés par le fleuve en trains de flottage ; ils sont alors acheminés jusqu’au port de Matadi, et vogue la mondialisation ! Tandis qu’à défaut de la moindre industrie nationale, le gouvernement a dû récemment passer commande à l’autre Congo de quelque 11.000 poteaux électriques…

Ainsi en est-il du bradage des ressources qui se perpétue au fil des décennies et des dirigeants regimbant à investir, si tant est que, selon le proverbe africain, « la chèvre broute tout autour de son piquet ».. Hier à l’aéroport, le hasard m’a fait croiser un certain Didi Kinuani, considéré comme le plus riche des diamantaires congolais. Je l’ai su parce qu’un employé de l’aéroport n’a pu s’empêcher de le pointer du doigt en le traitant de « riche pourri ». C’était surtout à mon intention ; l’autre n’a rien entendu ; trop loin, entouré de ses gorilles, il s’est engouffré dans une limousine noire qui l’attendait aux marches du salon d’honneur.

À propos de gorilles, les vrais cette fois, drame affligeant dans le Nord-Kivu : une gorille femelle allaitante a été retrouvée abattue le 9 juin, dans le parc national du Virunga. Effectuant leur suivi matinal, rapporte l’Agence congolaise de presse, les gardes ont récupéré le bébé de trois mois presque déshydraté et qui s’accrochait encore au cadavre de sa mère, touchée à l’épaule gauche.  Plusieurs cas de tueries « gratuites » de gorilles (il ne s’agit pas d’actes de braconniers qui emporteraient le cadavre) ont été signalés dans cette région toujours secouée par des conflits meurtriers ; en l’occurrence, tuer des gorilles participe de la déstabilisation générale de la région et donc du pouvoir.

« Non loin » de là, au nord-ouest, dans la Province orientale, ce sont des éléphants qui mettent le souk dans des villages, détruisant les plantations et les cases. Pour l’administrateur du territoire de Boko, si la situation se dégrade en général, c’est à cause des Mbororo (ou Bororos) : « Ces éleveurs venus de la Mauritanie, de Centrafrique, du Soudan et du Tchad et munis d’armes à feu, occupent de force les terres des autochtones qui sont contraints à pénétrer dans la forêt à la recherche d’autres espaces, perturbant ainsi la vie normale dans cette contrée. »

À Tshikapa, a raconté Radio Okapi, on a détruit par le feu 1.000 kilos de chanvre indien, 450 litres d’alcool local et… 2.000 kilos de… whisky en poudre. On n’en saura pas plus sur la recette. La rubrique « santé au féminin » est heureusement plus explicite. Sous le titre « Dix conseils pour mettre fin à la constipation », le quatrième intime de « penser aux pruneaux »… Pas de problème, il n’y qu’à passer à la plus proche boutique de pruneaux d’Agen, première à droite au fin fond de la forêt. L’article, sans doute pompé sur internet, comme tant d’autres, précise qu’il s’agit d’un remède de « grand mère » – mais ça ne doit pas être Lucy.

Une nouvelle campagne bat son plein à Kin’, lancée par le gouvernement sur le thème du «changement de mentalité». Vaste programme, d’autant qu’on ne dit trop de quelle « mentalité » il peut bien s’agir. Moyennant quoi suffit-il d’invoquer le Changement, objet d’incantation. Pourquoi ne pas croire à la force du verbe, à la magie des mots ? Tant de divinités animent les rêves des peuples de la Forêt ! Ainsi un journaliste me racontait avec force conviction le récit d’un confrère ayant été « directement » témoin de l’incroyable et pourtant magique réalité : Dans un village, province de Maniema, une expérience surnaturelle s’est produite, vrai de vrai… Une case s’est soudain illuminée, comme si elle contenait le soleil. Alors que juste avant, il y pleuvait à verse. Et pas une goutte autour. Puis un homme est sorti de la case et s’est offert aux balles des bandits qui voulaient le tuer : les balles ricochaient sur sa poitrine !

Si ! Il a vu ça de ses yeux vu, et ce témoin est sérieux, on doit le croire…

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que le Congo se trouve bien au cœur de l’Afrique.



––––––
>>> Lire aussi :

Chronique congolaise - 2. Où même le Coca n’arrive pas

Chronique congolaise - 1. Le Congo-Kinshasa se trouve toujours au cœur des ténèbres


Richard Galliano,
Art Ensemble of Chicago,
Vienna Art Orchestra


À Vitrolles (13), les 6, 7 & 8 juillet,
le Charlie Jazz Festival
fête ses 10 ans en beauté


Richard Galliano « Tangaria » Quintet, l’Art Ensemble

of Chicago et le Vienna Art Orchestra vont donc s’arrêter à Vitrolles, pour souffler les dix bougies du festival Charlie Jazz. Le concert de l’Art Ensemble sera même le seul de cet année en Europe. Excusez du peu !

Sans parler – et parlons-en ! – des concerts inédits qui émailleront les soirées sous les platanes du domaine de Fontblanche. Par exemple : le duo d’accordéons ArnOtto, le septet Manuchello, le LéoQuartet ou le sextet Rosa.

Les soirées commencent à l’apéritif, à l’heure des fanfares déjantées des Enjoliveurs ou de la Goutte au nez. Et c’est le Baluche de la Saugrenue qui fera résonner la dernière nuit de cette dixième édition.

Programme complet sur le site de Charlie Free Moulin à Jazz en cliquant sur l’image.

Parking gardé, restauration. 20 euros la soirée (15 euros, tarif réduit). Réservation au 04 42 79 63 60 ou par internet www. charliefree.com. Billet dans les Fnac et un peu partout.

[Cet article relève du vrai copinage. Pour le cas où ça vous aurait échappé…]


Datant de 2006, cet article ne tient pas compte de l'intervention éthiopienne de cette année 2007 en Somalie. Soutenue par les Américains, l'intervention n'a rien réglé du problème somalien. En fait, sous prétexte de lien avec Ben Laden, cette opération a conduit à internationaliser le conflit interne et interclanique somalien, la référence à Al-Qaïda, proclamée ou non par les Tribunaux islamiques, ayant peu avoir avec un soutien effectif à Ben Laden.

Djibouti. L’oncle Sam n’a rien vu,
rien entendu


Envoyé spécial, Gérard Ponthieu.
Pour Marianne, n°478, 17/06/2006

Mais que font donc les troupes américaines à Djibouti ? La prise de Mogadiscio, ce 5 juin [2006], par des combattants de l'Union des tribunaux islamiques – des fondamentalistes – pimente salement la question. Quoi, n’auraient-ils encore rien vu venir ? Alors que la frontière avec la Somalie est là, quasiment à portée de jumelles, à une dizaine de kilomètres de ce camp fortifié, poste avancé de l’Amérique bushienne : 1.500 militaires installés à partir de 2002 dans cet ancien camp français de la Légion. Des Marines surtout, mais aussi des agents des « forces spéciales » et de la CIA – soit les yeux et les oreilles du Renseignement US braqués sur cette région aussi brûlante que stratégique. Car de Djibouti, comme du haut d’un balcon, vous avez vue plongeante sur un sacré chaudron : toute l’Afrique orientale et sa corne somalienne, mais aussi le Yémen et l’Arabie saoudite, pays d’origine d’un certain Ben Laden. Être aux premières loges n’empêche donc pas la myopie.

Washington vient de perdre sa deuxième bataille de Mogadiscio. Certes, pas de morts chez les boys cette fois comme en 93. Leçon retenue : que tout se joue entre Somaliens ! Du moins en apparence, les ficelles étant tirées en douce – à coups de millions de dollars, le prix à payer pour « nettoyer » le pays de ses islamistes. Fiasco intégral ! L’Alliance* montée et soutenue par Washington avec les « Seigneurs de la guerre » a été défaite par les combattants des « Tribunaux islamiques » et autres possibles néo-talibans. Les uns et les autres, tous voyous de grand chemin, sans autre foi ni loi que celles liées à quinze ans de guerre civile. 500.000 morts peut-être…

Or, la toute première des raisons d’être du Camp Lemonier – sur place, en novembre dernier, le major Ron Watrous m’en fera toute une théorie appuyée de schémas colorés sur son ordinateur – c’est, je cite : « Détecter, perturber et détruire définitivement les groupes transnationaux de terroristes opérant dans la région » […] « afin d’en augmenter la stabilité à long terme »…

À Lemonier, ce 12 avril, il y a eu une relève de commandement. Le général des Marines, Timothy Ghormley a passé la main à l’amiral Richard Hunt. Cérémonies et congratulations à tout va. Le premier : « Nous mettons en place les conditions pour la victoire. Nous évitons une répétition de ce qui s’est passé en Irak ou en Afghanistan. […] Si nous n’étions pas là, ils [Al-Qaïda en Somalie] y seraient ». Son successeur a opiné. Il ne devinait rien de cette « patate chaude » dont il venait d’hériter. Moins de deux mois après, on entend d’ici la « remontée de ceinturon » en provenance de Washington et du secrétaire à la Défense… Lequel Rumsfeld, venu en décembre 2002 inaugurer le camp réaménagé, avait donné le la en claironnant les mêmes litanies !

« Camp Lemonier ». Même en américain ça se prononce bien. Un an tout juste après le 11-septembre, les États-Unis débarquaient là avec armes et bagages – et plus d’un millier de Marines. L’opération « Liberté immuable » venait d’être lancée, touchant aussi cette Corne de l’Afrique en sa pointe la plus acérée, la Somalie. Il s’agissait de dresser les remparts de la Liberté contre les nouveaux fous d’Allah, d’opposer la Force du Bien à celles, innombrables, du satan djihadiste. La Force, certes, mais dans le gant de velours préventif de l’assistance, de l’humanitaire – la fameuse « bataille des cœurs et des esprits » (« battle of hearts and minds »).

Petit matin à Djibouti. Le taxi longe le bord de mer. Déjà le soleil du Levant a mis le feu au golfe d’Aden. Plus que quelques minutes avant la fournaise. On dépasse les casernements français où les « locaux » arrivent pour l’embauche journalière chez le premier employeur du pays. Direction l’aéroport et ses bases militaires. C’est d’ailleurs la nationale 2 qui mène à la Somalie voisine, vers Berbera et Mogadiscio. Je l’avais parcourue avant l’indépendance de 77 avec Hassan Gouled, le futur premier président. La période était déjà durement tendue : Érythrée, Éthiopie, Tigré, Ogaden – autant de zones de conflits. Sans parler de cette France accrochée à son dernier confetti lointain, ce Territoire français des Afars et des Issas, convoité lui aussi par les Somalis d’à côté… Djibouti-ville était alors enfermée par un barrage électrifié et miné ! Passons.

Décor d’Afrique. La pauvreté et ses couleurs de sable sale, ses tas d’immondices, sacs plastiques, carcasses de bagnoles et de frigos sur des kilomètres. Des hordes de joggeurs à poil ras et en nage se hâtent de regagner la caserne. Ici les gars des FFDj (Forces françaises de Djibouti, 2.850 hommes) ou des légionnaires de la 13e Brigade ; plus loin les boys, eux aussi en maillots et shorts tricolores.

On vient de doubler les pistes de l’aéroport d’Ambouli, partagées entre civils et militaires. Les taxis n’approchent pas des premiers barrages, encore moins de la tour mirador. Le visiteur doit avancer à pied sur une centaine de mètres, entre plots de béton et barbelés. J’annonce mon rendez-vous. Fusil-mitrailleur, casque et gilet pare-balles, le planton transmet vers la guérite à vitrage blindé.

M’y voilà presque… progressant d’une autre centaine de mètres dans un no man’s land, parvenant au sas de sécurité, enfin rejoint par mon contact au visage souriant, rencontré la veille pour l’ « examen d’entrée » au camp. Le sergent major Dona Perdue – d’origine lointainement française, 39 ans, dont 21 chez les Marines – allait me servir de guide, une fois franchis les derniers contrôles « serrés ». 

Trente-cinq hectares d’Amérique en voiturette découverte. Pas exactement Dysneyland. Un peu M.A.S.H., plutôt. On va ainsi tourner une bonne partie de la matinée. Beaucoup de mouvements et d’engins de chantier sur l’espèce de périf interne. Puis des alignements serrés de tentes-bungalows avec leurs abris de béton. Dona me présente son « home », pas peu fière de me montrer les quelques soucis qu’elle a plantés devant la porte – et le drapeau des États-Unis !

On continue à parcourir ce village américain reconstitué : bornes fontaines un peu partout avec bacs à glace, bouteilles d’eau minérale à volonté. Lavabos multiples et savon désinfectant. Un monde en autarcie qui fait jaser plus d’un Djiboutien : « Les Américains, on ne les voit pas ! Zéro contact… Terrés dans leur camp… Paranos. Ils font même venir le Coca des Etats-Unis ! » Ils ont pourtant des permissions de sortie, moyennant un protocole de sécurité ; mais ils n’en usent que fort peu, préférant rester au camp où a été reconstituée une vie à l’américaine : chapelle, supermarché, gymnase super équipé ; terrain de sport, piscine, salons de détente (lecture, télé, vidéo, internet) – tout ça sous atmosphère climatisée produite par des dizaines de groupes électrogènes.

Jamais Dona ne me lâchera d’une semelle. Parfois, elle m’interdit de photographier. Par exemple quand on se rapproche du tarmac, tandis qu’en face tonnent « nos » Mirages. Je sais bien qu’elle me traîne comme un tour-operator évitant certains lieux… mal famés. Telle cette immense tente, haute d’une douzaine de mètres, dans son enclos spécialement barbelé, et qui m’intrigue, évidemment : « – Qu’est-ce qu’il y a dessous ? – C’est secret ! – Des antennes ? – Je ne sais pas ! – Vraiment ? – … [sourire] » Ainsi, je ne verrai rien de l’armement, et encore moins donc des « grandes oreilles » de l’oncle Sam. C’est pourtant d’ici même qu’en novembre 2002, un mois donc avant la visite de Rumsfeld, avait été mis en œuvre par la CIA un missile tiré par un drone Predator, éliminant six membres présumés du réseau Al-Qaida au Yémen, juste de l’autre côté du détroit.

Dona m’invite à déjeuner. Au self, tenu par Kellogg Brown and Root, filiale d’Halliburton si chère au cœur et plus encore au porte-monnaie de Dick Cheney, le vice-président américain. C’est tout de même très correct… Meilleur à tout coup qu’au Burger King, non loin de la chapelle. Là où s’achève ma visite sur une note, pour le coup, très « série B » : la cérémonie du 230e anniversaire de la naissance du corps des Marines (1775), avec accueil des nouveaux arrivants et rituel d’intégration, et toute sa symbolique pagano-religieuse… Tout cela au son des hymnes enregistrés, et devant la baraque du Roi Burger. Pendant ce temps, à Mogadiscio…

––––––––
* ARPCT : Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme.
Assassinat du juge Borrel. Mon témoignage sur l’affaire qui dérange les intérêts bien compris franco-djiboutiens
par Gérard Ponthieu

L’affaire du juge Borrel assassiné à Djibouti en 1995 devient une affaire d’États. De deux États réunis dans un intérêt commun à masquer depuis bientôt douze ans une vérité dérangeante. Tant d’obstination politique à tenter de déguiser en suicide la mort d’un magistrat en service commandé du gouvernement de la République française, ne peut qu’être à la mesure proportionnelle des enjeux. Quels enjeux ?


Le livre de Mme Borrel, Un juge assassiné (Flammarion, 2006), de multiples contre-enquêtes et articles, et jusqu’à l’excellente émission diffusée sur Canal + ce 4 juin (Lundi investigation) ne laissent plus la place au doute quant aux réalités de l’assassinat. Je n’ai évidemment rien à ajouter aux éléments de l’enquête proprement dite. Mais je peux apporter mon témoignage quant au contexte local et géopolitique.

J’ai séjourné une semaine à Djibouti en novembre 2005 pour un reportage. L’affaire Borrel rendait l’atmosphère palpable. Du moins pour un Français blanc, et particulièrement pour un journaliste débarqué sur le territoire en catimini. Toute demande de visa de journaliste étant rejetée depuis plusieurs mois, je suis arrivé comme touriste depuis Adis-Abeba, par le « fameux » train ex-franco-éthiopien, devenu djibouto-éthiopien (voir sur ce blog). J’avais déjà, dans la capitale éthiopienne, rempli ma besace d’informations sur l’affaire. Des rumeurs, en partie, mais aussi des données recoupables, sourcées indirectement pour certaines auprès du renseignement états-unien.

Car il faut souligner à quel point les Etats-Unis se sont ancrés dans la Corne de l’Afrique. Et pour cause, il suffit pour comprendre cela de regarder une carte régionale et considérer notamment toute la partie à l’Est de la mer Rouge : Yémen, Arabie saoudite, émirats – et l’Irak-Iran. Et, tout autour de Djibouti : l’Éthiopie bien sûr, comme allié américain, face à l’Érythrée, le Kenya et surtout la Somalie. J’expose cela plus en détail dans l’un de mes articles (Marianne n°478 du 17 juin 2006) et plus encore dans ce qui n’a pas été publié alors et que j’ai décidé de mettre en ligne maintenant sur « c’est pour dire ». [lien à installer]

En fait, j’avais proposé au Monde 2  un reportage sur la base américaine de Djibouti – ce qui n’a finalement plus intéressé la rédaction en chef [de la dure condition du pigiste de fond, même si pas né de la veille]. Du coup, je publie ici ma note de cadrage de l’époque ; elle reste très actuelle, en particulier depuis la reprise du brasier somalien et l’intervention éthiopienne.

Revenons « sur place »… J’ai là-bas quelques accointances. En particulier depuis un premier reportage, fin… 1971, dans ce qui était encore le Territoire français des Afars et des Issas (TFAI), un des derniers confettis de l’empire colonial français. Un reportage pour Tribune socialiste, l’hebdo du PSU. Hassan Gouled – le futur premier président de Djibouti –, après des années de gaullisme bon teint, avait pris la tête de l’opposition à relents d’indépendance. Ainsi était-il venu rencontrer le « jeune et bouillant » (d’alors…) Michel Rocard. Fer de lance de l’anticolonialisme – nous n’étions que dix ans après les accords d’Évian marquant la fin de la guerre d’Algérie –, le PSU ne serait pas en reste sur Djibouti.

C’est ainsi que je précédais là-bas, de deux semaines, la visite officielle en janvier 72 du président Pompidou. En lui savonnant la planche, mon reportage allait faire grand bruit et, indirectement, contribuer à hâter le processus d’indépendance.

>>>

Je ne connaissais rien de cette Afrique de la « corne ». Ce que j’allais découvrir était stupéfiant: une ville miséreuse assiégée par une armée d’occupation, fermée par un barrage électrifié et miné ! Le « mur de la honte» africain ! Personne ou presque « en métropole » n’avait eu vent d’une telle situation. Pour pouvoir en témoigner, il me faudra vaincre bien des obstacles dressés par l’ « occupant » qui avait flairé le coup fourré. Je fus arrêté à plusieurs reprises par des compatriotes en uniforme… Il fallut déjouer pièges et contrôles pour mettre mes photos à l’abri et les faire parvenir à Paris avant mon départ. Car tout se savait dans cette petite ville sous occupation coloniale.

Aussi est-ce en pleine nuit que je fus réveillé pour être conduit clandestinement à la morgue de l’hôpital. Le cadavre d’un jeune homme, la tête éclatée par une balle (ou une mine) venait d’y être déposé. C’était la quatrième victime du barrage depuis mon arrivée. Cette fois, le corps avait été récupéré et allait pouvoir témoigner, en quelque sorte: j’avais l’identité de la victime, les circonstances de la mort de Moussa Daher Logué qui tentait de rejoindre les siens dans la ville assiégée. [Je publierai ici, plus tard, l’intégralité de ce reportage]. La photo de ce malheureux fit la une de «TS» et fut reprise dans beaucoup d’autres journaux en France et à l’étranger ; elle s’invita aussi, comme on dit, dans la conférence de presse tenue peu après par Georges Pompidou lors de son voyage dans le TFAI.

Je fais ce détour par l’histoire pour éclairer l’actualité de l’affaire Borrel. Borrel avec deux « r »… Car il se trouve qu’à Tribune socialiste, j’écrivais sous le pseudo de Gérard Borel… Cette quasi homonymie, je l’ai appris lors de mon dernier passage, avait un temps alimenté une rumeur selon laquelle, le journaliste d’alors était devenu juge d’instruction et en était mort…

Revenons à l’affaire et à son contexte historique que je tente d’éclairer ici à ma façon : Djibouti n’est un pays que relativement. Et, aujourd’hui, relativement à  deux armées occupantes, l’américaine et la française, soit près de 5.000 hommes installés là pour tenir un verrou stratégique, celui du détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et l’Océan indien. Il s’agit pour la France de tenir « sa place dans le monde », et cela tant bien que mal, depuis qu’il lui a fallu en rabattre de son hégémonie locale en admettant la cohabitation avec les Etats-Unis.  Pour eux en particulier, l’enjeu est de taille : sécuriser les voies maritimes en provenance du Golfe et donc l’approvisionnement pétrolier ; renforcer leurs dispositifs militaires sur la corne de l’Afrique, particulièrement instable (Kenya, Somalie, Éthiopie-Érythrée, Soudan) et sur cette partie de l’Arabie (royaume saoudien et Yémen) fortement marquée par Al-Qaïda…

Ce « pays » est aussi une dictature. Une dictature « molle », à défaut de moyens pour la durcir. Son homme « fort » et président, Ismaël Omar Guelleh présente les pires travers du politicien corrompu autant que corrupteur. Pour tout dire, c’est un pur produit de cette Françafrique qui, si elle meurt un jour, agonisera précisément à Djibouti…  Avant de devenir « OIG », ce policier fut officier français des Renseignements généraux… Sous la présidence de Hassan Gouled, on le vit gravir les échelons, devenir directeur des services secrets…, puis chef de cabinet du président – auquel il va succéder enfin.

Pour faire vite, OIG est aussi un affairiste imbriqué dans de multiples commerces locaux liés à l’énergie, aux transports – et au khât, la drogue locale. Il raffole du luxe et des belles voitures (il en posséderait une trentaine, affirment ses opposants). C’est un claniste oeuvrant pour sa tribu des Mamoassans, des Issas qu’il a placés aux postes-clés du régime, à commencer par sa garde rapprochée. Il contrôle ainsi les médias (ce n’est pas difficile… mais nécessaire là aussi) et surtout la justice…

Justice, « justement »… Ce n’est tout de même pas un de ces petits juges français qui va mettre le souk dans un monde si prospère ! Bernard Borrel, forcément, avait appris bon nombre de « choses » sur la réalité djiboutienne et les pratiques de son président. Comment, sinon, expliquer tant d’ardeur à « prouver » – en fait à postuler l’impossible suicide du juge ?

Elisabeth Borrel pense que son mari en savait trop sur l'attentat visant la communauté française de Djibouti, perpétré au Café de Paris le 27 septembre 1990, et dont les auteurs auraient agi sur ordre d'Omar Guelleh. "Mon mari pensait qu'il était le commanditaire", assure la veuve du juge.  Les mobiles ne manquent pas, tant sur le plan de la politique intérieure – opposition armée de rebelles afars – que régionale et internationale : où l’on retrouve les accointances tribales d’OIG avec la Somalie voisine et de même ethnie, et peut-être aussi la « main » d’Al-Qaïda, précisément à l’œuvre en Somalie. Sur ce point, des hypothèses circulent, faisant état d’un trafic d’uranium enrichi auquel OIG serait mêlé – et que le juge Borrel aurait aussi découvert. C’est un cas de figure qui m’avait été présenté à Addis-Abeba par un informateur fiable. C’est aussi l’hypothèse retenue par Bernard Nicolas dans son enquête « Assassinat du juge Borrel : une affaire française » (Canal +, 4/06/2007), qui a pisté une filière menant à des trafiquants éthiopiens à Addis-Abeba.

J’arrête là pour aujourd’hui, renvoyant à mes autres articles sur ce blog. Non sans toutefois mentionner, entre autres, trois faits montrant bien la nature « affaire d’État » de cet imbroglio :
l’embrassade Chirac-Guelleh sur le perron de l’Élysée, en mai 2005, alors que l’ « affaire » se trouvait re-lancée ;
l’absence d’OIG du dîner offert par Chirac lors du sommet « Afrique-France » à Cannes en février dernier. La juge Sophie Clément, chargée du dossier Borrel, avait convoqué le président djiboutien…
– les scandaleux refus d’obtempérer aux juges de gendarmes et de gardes républicains lors des perquisitions judiciaires aux ministères de la justice, des affaires étrangères et à l’Élysée.

Si cette affaire aboutit jamais – au sens au des mis en examen seraient confondus et traduit en justice – elle serait tout à l’honneur d’Elisabeth Borrel et à sa courageuse obstination, rejointe en cela par quelques magistrats et avocats. Mais on peut déjà dire que le voile a été levé quant aux implications politiques dissimulées derrière la fameuse raison d’État.

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A Djibouti, chez les Marines :
Œuvrer à la paix, n’empêche pas de s’entraîner à la guerre


Reportage de Gérard Ponthieu, novembre 2005.

Les Américains tentent de conjurer à Djibouti plusieurs de leurs grandes inquiétudes : limiter la menace terroriste, toujours latente de part et d’autre du détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et l’Océan indien ; sécuriser, par conséquent, les voies maritimes en provenance du Golfe ; renforcer leurs dispositifs militaires sur la corne de l’Afrique, particulièrement instable (Kenya, Somalie, Éthiopie-Érythrée, Soudan) et sur cette partie de l’Arabie (royaume saoudien et Yémen) fortement marquée par Al-Qaïda…

Surtout, depuis Djibouti, les troupes américaines protègent d’importants accès à la route du pétrole : trois terminaux d’oléoducs en mer Rouge et un dans le golfe d’Aden. Un quart du pétrole mondial transite dans ce secteur stratégique hanté par un « djihad maritime ».

Djibouti est enfin le seul port sécurisé qui garantisse l’accès maritime à l’Éthiopie (70 millions d’habitants), seul vrai allié régional et à ce titre enfant chéri du gouvernement américain.

C’est dans ce contexte que sont installés et vivent quelque 1.700 soldats des Forces conjointes de la Corne de l’Afrique (CJTF-HOA) coalition de onze pays, mais composée à 85 % de troupes américaines, essentiellement des Marines, mais aussi des membres des Forces spéciales et des services de renseignement. Cette force d’intervention alliée a autorité sur une flotte composée également d’éléments britanniques et espagnols, ainsi que d’une mini-escadre allemande (deux frégates, trois ravitailleurs, 1.500 marins) qui patrouille dans le golfe d’Aden et le long des côtes somaliennes et yéménites.

J’ai donc passé environ sept heures dans le camp Lemonnier, m’entretenant avec des officiers et des soldats, visitant l’ensemble des installations, sauf les lieux secrets… – et pour cause – et étant toujours cornaqué par une pétillante Marine’s sergent-major, Mrs Dona Perdue : 39 ans, entrée dans les Marines à 18 ans, imprégnée d’idéaux humanitaires, très critique sur la guerre en Irak… ; devant son « home », elle me montre les fleurs… et la bannière américaine qu’elle a plantés à son arrivée. [Photo].

J’ai ainsi été le premier journaliste français à visiter le campement, après un confrère suisse l’an dernier. C’est un camp relativement modeste par rapport aux dimensions des grandes bases US, et même par rapport à l’implantation française (2.750 hommes). Le matériel d’armement visible est également limité (six avions et dix hélicoptères ; une vingtaine de blindés légers), ce qui s’explique en partie par la présence française, autrement plus tapageuse, notamment avec ses Mirage ; et, d’autre part, du fait qu’il s’agit bien d’une base d’appui terrestre, reliée tant aux navires de la Navy présents sur les mers de la région qu’à la grande base de Diego Garcia et ses B-52. Ça, c’est pour la partie visible, le reste relevant d’une importante activité de renseignement et de contre-actions antiterroristes. C’est de Djibouti, en novembre 2002, qu’avait été mis en oeuvre par la CIA un missile tiré par un drone Predator, éliminant six membres présumés du réseau Al-Qaida au Yémen, de l’autre côté du détroit.

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Lors d’un entretien à Addis-Abeba avec Gérard Prunier, l’un des fins connaisseurs français de la Corne de l’Afrique, celui-ci m’avait fait part d’informations de sources gouvernementales américaines selon lesquelles le camp de Djibouti serait prochainement délaissé (fin 2006), au profit d’une autre base terrestre ou d’un repli maritime – et cela alors que l’unité américaine de lutte contre le terrorisme international avait été jusque-là basée sur le Mount-Whitney, un navire croisant précisément dans le Golfe d’Aden et l’océan Indien. Le Pentagone trouverait le bail annuel djiboutien trop « salé » (31 millions de dollars) pour des avantages relatifs, et apprécierait peu la nature du régime politique mené par Ismaël Omar Guelleh estimé potentiellement compromettant (référence faite à sa gouvernance quelque peu opaque, en général, et à l’affaire Borrel, en particulier).

Ma visite sur place tendrait toutefois à démentir une telle hypothèse – à en croire du moins les travaux d’aménagement récents sur la base, telles l’installation récente d’un hangar technique, ou la construction en cours d’un nouveau bâtiment administratif. À en croire aussi les propos officiels sur la pérennité affirmée de la présence américaine – propos qui n’engagent que leurs auteurs… En tout cas, l’activité visible est telle qu’elle ne semble en rien présager d’une veille de départ.

Je n’ai évidemment pas manqué de m’interroger sur l’accueil ainsi ménagé à un journaliste français par les autorités américaines (l’ambassade américaine ayant donné son aval). Plusieurs raisons, semble-t-il :

– Le désir de se montrer moins opaque qu’il ne se dit, en particulier à Djibouti-même, sur le mode : « Les Américains, on ne les voit pas… Ils sont terrés dans leur camp…  Ils n’ont aucun contact avec la population… Ils font même venir le Coca des États-Unis… Ils sont totalement paranos… » De fait, on ne rencontre que fort peu de militaires américains en ville, sauf quelques rares le soir dans certains bars et restaurants, toujours en civil. Ils ont pourtant des permissions de sortie, moyennant quelques précautions de sécurité ; mais ils n’en usent que fort peu, préférant la vie au camp où a été reconstituée une vie à l’américaine : chapelle, supermarché, gymnase super équipé ; terrain de sport, piscine, salons de détente (lecture, télé, vidéo, internet), le tout, comme les « chambres » sous tente dans une atmosphère climatisée – tandis que la fournaise djiboutienne est de rigueur à l’extérieur… Et puis, l’environnement djiboutien est tout de même des plus exotiques ! Qu’il s’agisse de la langue (on y est assez peu anglophone), de la religion, des modes de vie, de la pauvreté ambiante, etc.

– Le souci de « ne pas la ramener », de la « jouer modeste » en évitant de trop se montrer – c’est-à-dire de trop montrer la force militaire états-unienne… Au contraire, n’apparaître de préférence que dans des actions humanitaires. C’est le mot d’ordre dominant, ainsi que me l’a exposé le major Ron Watrous, officier de relations extérieures, recensant les opérations menées, en cours et projetées de constructions d’écoles, de cliniques, d’hôpitaux, de creusement de puits, etc. De nombreux marines exercent des fonctions de médecins, vétérinaires, ingénieurs hydrauliques ou de travaux publics. « Notre credo, ici, c’est ”make peace, not war !” Nous voulons contribuer à une meilleure gouvernance, à l’action sociale, aux droits de l’homme. Nous ne sommes pas que des hommes de combat. »…

– La conscience d’avoir à reconstruire une image salement écornée, en particulier depuis la guerre en Irak et l’occupation de plusieurs pays. J’ai ainsi assisté, un soir, à une réunion-rencontre organisée à l’initiative des marines avec des étudiants djiboutiens anglophones. Cela se passait dans une école misérable, à Balbala, un quartier périphérique de Djibouti. J’ai connu ce lieu avant l’indépendance : il était alors de l’autre côté du barrage électrifié qu’avaient édifié les troupes françaises pour contrôler les allées et venues. Déjà s’y amassait toute une population refoulée et ainsi marginalisée. Le barrage en moins, une sous-ville dans la ville s’est incrustée là, dans un dénuement accablant. Précédés par quelques ONG, les marines ont ainsi établi des contacts avec les jeunes, soutenant l’enseignement de l’anglais, et venant régulièrement à leurs rencontres sous la forme de causeries informelles. Ce soir-là, le thème – qui avait été arrêté lors de la réunion précédente – portait sur « les causes du terrorisme ». Il y avait là, outre mon accompagnatrice Dona Perdue, une attachée de l’ambassade américaine – venue avec des bonbons –, un « agent » que je ne devais pas prendre en photo, et quatre marines, soient trois hommes et une femme, tous en tenue civile.

La discussion, en effet, fut des plus ouvertes ; je fus étonné de la manière directe dont les jeunes Djiboutiens s’adressaient aux Américains, n’hésitant pas à les asticoter sur la politique au Moyen-Orient.

Par contraste, le hasard a voulu que, le lendemain au camp, j’assiste à la cérémonie du 230e anniversaire de la naissance du corps des Marines (10 novembre 1775), avec accueil des nouveaux arrivants et rituel d’intégration, et toute sa symbolique pagano-religieuse… Tout cela au son des hymnes, et devant une baraque Burger King…

–––––

Rappels sur le contexte djiboutien

C’est en septembre 2002 – un an après les attaques du 11 septembre, et dans le cadre de l’opération « Liberté immuable » –, que les troupes américaines prennent pied à Djibouti, dans le camp Lemonnier, ancienne base de la Légion étrangère. L’armée française perd ainsi le monopole d’une présence séculaire, prolongée en accord de coopération depuis l’indépendance du territoire, en 1977. En réalité, chaque partie y gagne.

À commencer par la petite république de Djibouti qui, en ne dépendant plus des uniques subsides français, renforce ainsi sa relative souveraineté – tout en engrangeant des retombées économiques supplémentaires côté américain, elle en profite pour augmenter le « loyer » des militaires français.

Ces derniers, de leur côté, peuvent aussi se réjouir d’un renfort objectif dans une région, celle de la Corne de l’Afrique, particulièrement instable et qui, de surcroît, tient historiquement le verrou stratégique du golfe d’Aden. Ils se voient également, en prime et en quelque sorte, dédouanés d’une toujours latente suspicion de post-colonialisme.
Venezuela. La fermeture de RCTV accentue le clivage politique
par la rédaction de l’IFEX, International Freedom of Expression eXchange*


Des dizaines de milliers de citoyens sont descendus dans les rues - certains pour fêter, d'autres pour protester - après que la plus vieille chaîne de télévision du Venezuela eut perdu son permis d'exploitation et eut quitté les ondes, ce qui a poussé de nombreux membres de l'IFEX à faire remarquer que le président Hugo Chávez limitait la liberté d'expression.

Des manifestants des deux côtés de la question se sont rassemblés le 27 mai à Caracas après que le président Chávez eut refusé de renouveler le permis d'exploitation de Radio Caracas Television (RCTV), une station alliée à l'opposition, après 53 ans d'existence. La BBC rapporte que lors d'une des plus grandes manifestation tenues à Caracas, la police a lancé des gaz lacrymogènes et tiré des balles de caoutchouc sur une foule de près de 5 000 manifestants, dont certains lançaient à la police des pierres et des bouteilles.

Le président a déclaré avoir pris sa décision parce que la chaîne avait appuyé ouvertement la tentative de coup d'État d'avril 2002 et qu'elle « était devenue une menace pour le pays ». Il a également déclaré que la chaîne avait diffusé des spectacles qui ne répondaient pas aux normes de l'intérêt public.

Un certain nombre de groupes de défense de la liberté de la presse, cependant, ont déclaré que la fermeture était arbitraire et qu'elle représentait une érosion de la liberté de parole. « La fermeture de RCTV constitue une violation grave de la liberté d'expression et un recul majeur de la démocratie et du pluralisme », dit Reporters sans frontières (RSF). « Le président Chávez a réduit au silence la station de télévision la plus populaire du Venezuela et la seule station nationale à le critiquer, et il viole toutes les normes juridiques en saisissant l'équipement de RCTV au profit la nouvelle chaîne publique qui la remplace ».

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Après trois mois d'enquête, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a conclu que la décision du gouvernement était « établie à l'avance et motivée politiquement ». « Dans les mois qui ont précédé et qui ont suivi l'annonce, le gouvernement n'a pas tenu d'audiences, n'a pas suivi de processus discernable de sélection, et n'a accordé à RCTV aucune possibilité de répondre aux assertions des hauts dirigeants », dit le CPJ.

Le CPJ constate également que les autres médias d'information limitent leur programmation critique par peur de perdre l'accès aux ondes. Des trois chaînes qui se sont rangées contre Chávez dans le coup d'État, deux ont depuis atténué leur couverture des nouvelles, rapporte Human Rights Watch. Une quatrième chaîne, Globovision, continue d'attaquer le gouvernement mais ne joint que 10 pour 100 des téléspectateurs, dit le journal britannique « The Guardian ».

RCTV, qui diffuse un grand nombre de téléromans et d'émissions de téléréalité, restera accessible sur le câble, mais la perte de sa fréquence publique de diffusion la privera de la majeure partie de son auditoire. À la place de RCTV, la nouvelle chaîne TVES, parrainée par l'État, a été inaugurée avec des .émissions qui, selon Chávez, refléteraient mieux la société.

Selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son groupe affilié au Venezuela, le Syndicat national des travailleurs de la presse (Sindicato Nacional de Trabajadores de la Prensa, SNTP), la fermeture pourrait signifier la perte de leur emploi pour près de 3 000 travailleurs de RCTV, qui n'ont pas été consultés dans la décision.

La décision de ne pas renouveler le permis d'exploitation de RCTV a creusé encore davantage le grand clivage politique qui divise le Venezuela. Dimanche, pendant la dernière émission publique de RCTV, tandis que des milliers de protestataires marchaient, un bâillon de ruban gommé sur la bouche en brandissant des casseroles, des milliers d'autres se sont rassemblés pour appuyer le non-renouvellement, soulignant que le gouvernement avait raison de remplacer une chaîne connue pour sa propagande anti-Chávez.

Dans les semaines qui ont précédé la décision, les partisans du mouvement révolutionnaire des Tupamaros ont peint sur les murs de la station des messages d'appui au non-renouvellement de RCTV, accusant celle-ci de produire du journalisme « terroriste », rapporte l'Institut pour la presse et la société (Instituto Prensa y Sociedad, IPYS).

Certains politiciens, universitaires et commentateurs de gauche en Europe appuient aussi le gouvernement, citant le fait que 90 pour 100 des médias du Venezuela sont privés et opposés avec virulence à Chávez. « Il ne s'agit pas d'un cas de censure », déclare une groupe de particuliers éminents, comprenant notamment John Pilger et Howard Pinter, dans une lettre au « Guardian ». « Imaginez les conséquences si on découvrait que la BBC ou ITV étaient partie à un coup d'État contre le gouvernement. Le Venezuela mérite la même considération. »

Dans une lettre ouverte à Chávez, l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) déclare que tandis que la position de RCTV pendant le déroulement du coup d'État était « déplorable » - parce que la station avait « violé le droit des Vénézuéliens à l'information à un moment crucial pour la démocratie dans leur pays » - elle recommande que le gouvernement mette en oeuvre un processus approprié pour enquêter et traduire les responsables devant les tribunaux.

Même après que RCTV eut diffusé sa dernière émission, l'AMARC rapporte que le lendemain, à Rubio, dans l'État de Táchira, un groupe de reporters d'une station de télévision locale était passé à tabac et contraint de remettre les séquences d'une manifestation d'étudiants contre la fermeture.

Par ailleurs, l'IPYS rapporte qu'un reporter qui couvrait la scène du spectacle a été abattu le 19 mai lors d'une fête d'anniversaire au domicile de sa mère à Maracay, dans le centre du Venezuela. Un homme armé a fait irruption dans la maison et a fait feu à six reprises sur Nelson Álvarez Narváez, chroniqueur au journal « El Siglo de Maracay ». On ne connaît pas les motifs du meurtre.

Consulter les sites suivants :
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=22326
- Lettre du CPJ à Chávez : http://tinyurl.com/2fur5j
- Rapport spécial du CPJ « L'Étatisme au Venezuela » :
http://tinyurl.com/24tq8t
- FIJ : http://www.ifj.org/default.asp?index=4865&Language=EN
- AMARC : http://tinyurl.com/2ewr3k
- AMARC, à propos d'une attaque contre des reporters :
http://tinyurl.com/227zhk
- Human Rights Watch : http://tinyurl.com/2fvo8z
- IPYS, à propos des Tupamaros : http://tinyurl.com/3aaaje
- IPYS, à propos d'Álvarez: http://tinyurl.com/yp7fvj
- SNTP : http://www.sntp.org.ve/mayo0716.html
- BBC News : http://tinyurl.com/28fksp
- Lettre parue dans le « Guardian » : http://tinyurl.com/34zpks
- « The Guardian » : http://tinyurl.com/26bdv3

* L’Échange international de la liberté d'expression (IFEX), un réseau mondial de 71 organisations qui ˛uvrent à défendre et à promouvoir la libre expression. L'IFEX est administré par le groupe Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (www.cjfe.org).

Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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