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Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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Charlie Haden,
du jazz et de l'homme


Comment faire pour inviter un bassiste hors du commun à un festival qui célèbre le piano et rien que le piano ? Voilà : on demande à Charlie Haden qui accourt avec Gonzalo Rubalcaba, pianiste cubain. C’était donc ce 26 juillet à La Roque-d’Anthéron (Bouches-du- Rhône), haut-lieu du piano international : plus d’un mois de concerts quotidiens, du classique, avec quelques incartades dans le jazz, sans prise de risques, ce n’est pas le propos. Donc des valeurs sûres, pas question de virer au festival de jazz, non, c’est le piano, rien que le piano – et donc la basse de Charlie.
Rien à voir a priori avec ma vigie médiatique. Vrai. Pas une raison pour refuser un papier sur et autour d’un jazzman de grand talent doublé d’un citoyen engagé.



Cette grand-mère-là en connaît des histoires ! Des histoires de jazz, de contrebasse de jazz, cette « grand-mère », précisément, ainsi surnommée en parlure jazz. Un peu empâtée, mais gros cœur qui veille, qui couve la smala musicienne de son battement régulier, ou singulier, auquel on peut toujours se raccrocher au sortir d’un chorus, d’un riff –  vous suivez ? Pas grave, se laisser aller suffit. Le jazz comme un flux, un envahissement.

Charlie, père charismatique des plus fameux joueurs de grands-mères. Autant dire un monument. Charlie, comme Parker – pas comme Mingus, attention ! celui-là n’aimait pas qu’on l’appelle Charlie –, Charlie Haden, 68 balais ce 6 août et presque autant de musique, ses géniteurs déjà étaient musiciens… Un son plein, rond, généreux abreuvé surtout de graves et médiums, beaucoup de mélodie, sans tricotage démonstratif, pas d’archet en sirop. Vigueur et élégance, l’esprit au bout des doigts, la note comme une hirondelle lâchée.

On en était là – j’en étais là du moins, en ce lieu idyllique du château de Florans, son parc aux 365 platanes centenaires, une scène ovale montée sur l’eau d’un bassin. De quoi trouver la vie belle, en oubliant le reste et les 30, 40 ou 50 euros lâchés, selon l’altitude des gradins, pour poser ses fesses sur une coque en plastique. Ce n’est pas le jazz qui est élitiste mais parfois, souvent, trop souvent, ses mises en bizness spectaculaires. Pas pire que pour le rock ou la chanson marchandifiés – ce qui ne console en rien.

J’en étais là donc, et ma blonde de même, pour ce voyage en « Land of the Sun » – titre du concert et du disque avec les mêmes comparses, ou presque, tous latinos-mexicains. Un programme de ballades ensoleillées, tout en douceur, en rondeur… Pas un grincement, pas une aspérité, rien pour effaroucher l’estivale assistance, pas même la dernière cigale qui ne céda en rien sur les trois premiers morceaux.

Heurter le bourgeois mélomane, non, pas le but. Convoquer le jazz alors ? C'est-à-dire… c'est-à-dire quoi au juste ? Sinon cette indicible musique, cet art précisément audible – en principe – mais… Mais qui se rebelle – en principe – au moment juste, qu’on l’attende ou pas, qui fonce et freine, s’attendrit et se révolte, susurre et braille, émeut et agace, cause et se tait. Et recommence sans avoir volé le temps, par le don des notes égrenées, dispersées, jetées à la volée sauvage et retenue, délurée et civile…

Pour vous dire si, sous cet angle, « mon » Haden m’a un peu rasé, si ce n’est vers la fin (la chauffe a tardé) et pour le rappel surtout : on se lâche et on se casse, à fond les manettes, ces petites mains qui se sont enfin abandonnées sur leurs cordes, cuivres et peaux. Trop de politesse policée, pas assez de folie – à mon goût, hein, on baigne ici dans la pleine subjectivité, revendiquée. Comment parler autrement de la musique – et du reste d’ailleurs puisque, quoi qu’on fasse, on ne parle jamais que de soi.

Mais j’étais bien, en bonne compagnie, et bien mieux qu’à Bagdad et en mille lieux empestés par la violence meurtrière des humanoïdes. Ils étaient bien là également, les musiciens, en bonne compagnie réciproque. Charlie l’a ressenti, si l’on en croit son désir, à la fin, de dédier son concert à la Paix dans le monde. On dira que ça ne mangeait pas de pain. Mais venant du bonhomme, si, ça en mangeait, comme de la vache enragée, celle des années hardos 60-70 du Liberation Music Orchestra – sur le premier disque du même nom, en photo de couverture, Carla Bley tient la banderole d’un côté, lui de l’autre et en tête de manif’, comme dirait la presse locale, on reconnaissait notamment : Gato Barbieri, Dewey Redman, Don Cherry, Roswell Rudd, Andrew Cyrille, Paul Motian… Les « savants » apprécieront. Traduction pour les autres : ça bardait sec avec, au programme, un « Song for Ché » et des chants républicains espagnols… – pour situer l'époque, le style.

On appelait ça l’engagement, ça valait ce que ça valait, si on en juge par là où nous en sommes… Mais ils l’ont fait, comme par nécessité… historique. Le jazz aussi est passé par ces cheminements de traverse. Et Haden ne fut pas en reste. De la lutte pour les droits civiques, aux côtés de la chanteuse Abbey Lincoln et avec toute la bande des afros-américains, du black power au free jazz : Mingus, Coltrane, Ornette Coleman, Archie Shepp, Nina Simone ; et aussi Keith Jarrett, Max Roach, Don Cherry, Elvin Jones ; Ed Blackwell, Billy Higgins, j’en oublie… Des Noirs et quelques Blancs, certes – dont ce Charlie qui se souvient : « J’ai toujours rêvé d’un monde sans cruauté et sans convoitise, d’une Amérique digne des rêves de Martin Luther King et de la majesté de la statue de la Liberté ». Il a dit ça après le 11 septembre, il y a peu, lui le musicien étatsunien, progressiste, tiers-mondiste, idéaliste.

Alors, si je finasse sur un concert somme toute bien généreux, «c’est pour dire», hein et, à la limite, pour faire mon intéressant… Car je ne rejetterais rien chez ce musicien, et moins encore chez l’homme debout. Je ne céderais aucun de ses disques, surtout pas « The Ballad of the Fallen », cette ode aux vaincus des révolutions foutues – à emporter sur l'île déserte !

Je ferais le goujat en ne saluant pas Gonzalo Rubalcaba, l’invité pianiste, Cubain de 42 ans au franc sourire. Haden et lui s’étaient découverts et aimés, avec Paul Motian aux tambours, au festival de Montréal de 89, l’année du « tout Haden », huit concerts en hommage. Discrétion, délicatesse, talent – ça suffira pour aujourd’hui, sous peine de grosse dérive.

Bon, ben, tout compte fait… en me redéroulant le film, ce fut un vrai grand moment de musique et d’humanité.


→ Les musiciens, tous impeccables : Tony Malabry, sax ténor ; Miguel Zenon, sax alto ; Michael Rodriguez, trompette ; Oriente Lopez, flûte ; Antonio Sanchez, batterie.

→ Les images : J'aime bien celle du haut, après concert. Pendant qu'on avance le sarcophage de la "grand-mère à Charlie", ça esquisse des plans d'avenir. → La scène ovoïde montée sur bassin. → Gonzalo Rubalcaba. [© Photos gp].

* Le Festival a aussi accueilli cette année les pianistes de jazz Brad Mehldau, Esbjörn Svensson et Bojan Zulfikarpasic – des noms à coucher à la belle étoile. Comme des deux-là…



Médias et politique. Le Monde a bien le droit de rouler pour Sarkozy. Mais…

Y a pas que les médias dans la vie… Y a aussi la politique*. Aujourd’hui, j’ai comme une envie de ça, la politique. Pour en jaser, hein. Car il y a matière à. Et en plus je pars des uns pour aller à l’autre, alors…

Par exemple, mais pas par hasard, je pars du Monde pour allez à Sarkozy. Le journal de référence semble nous rejouer la Balladurienne en retentant le diable avec son jeune lieutenant d’alors. Tant qu’à faire, soyons « résolument modernes » et misons sur le meilleur bourrin du moment. Pas un jour, ou presque, sans que la chiraquie n’en prenne plein la tronche ; c’est vraiment haro sur le baudet. Et Plantu n’est pas en reste ! Même s’il se paie Sazkozy en Iznogoud assassin, il n’en demeure pas moins que l’idée suit son chemin – selon le principe de naturalisation, très à l’œuvre, justement, dans la machinerie médiatico-politique –, selon laquelle le successeur « naturel » est en place. Pratiquement pas un dessin qui ne sacralise le couple infernal, dans toutes les positions que fournit, d’abondance, l’agitation du ministre-président de l’UMP.

Soit, pour un Plantu qui prend le train de la rédaction en marche – son talent ne saurait cependant tout excuser. Mais la rédaction et, plus en amont sur ce chapitre, la direction mènent conjointement une étrange campagne, ma foi fort peu journalistique. Pour avoir lu quelques ouvrages très critiques sur le quotidien du soir, on (je et quelques autres…) ne va pas s’en étonner outre mesure. S’en offusquer, oui, toujours ! Au nom de l’éthique professionnelle dont Le Monde aime à se référer – la « référence ».

Alors :
– Pourquoi cette manchette plein pot du 14 juillet «Sarkozy exploite l’affaiblissement de Chirac». Ah, oui? Et avec la complicité de qui? Titre + Plantu + 4 appels aussi meurtriers : l’addition est salée. Non pas que j’aie pu virer chiraquien ! Je m’en tiens à mon credo, qui justifie ce blog et quelques décennies de métier… qui ne prouvent rien en soi, certes, mais qui tentent de questionner, tout de même, sur ce foutu métier d’informer. Je dis « foutu » à la fois en dégoût et en admiration toujours mobilisable, comme cela m’arrive encore.

Diable sait si je suis pour l’engagement citoyen ! Mais pas dans sa forme masquée, derrière le faux-nez de l’information-prétexte. Car, je parle ici, non pas des éditos signés de Jean-Marie Colombani, ni des homélies nucléocrates d’un Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde [« Le nucléaire, une chance pour la France » 22/07/05]. Non, il s’agit bien des articles dits informatifs qui se transforment en tribunes politiciennes. Alors…

– … Pourquoi aussi ce titre de une : « Sarkozy et Danone : ni passivité ni nationalisation rampante » [22/07/05] ? Cela alors que la page Entreprises / capitalisme [sic] ouvre sur «Thierry Breton appelle à calmer le jeu» – ce qui valait bien l’autre banalité mise à la une…, et alors que le papier sur Sazkozy est placé en dessous dans la page 9. De plus, il s’agit d’une interview, c’est-à-dire d’une démarche voulue par la rédaction, délibérée. Pourquoi aller questionner un ministre de l’intérieur sur le yaourt et le coca ? Pourquoi pas ? Surtout s’il s’était agi de cuisiner le chantre du libéralisme de choc pris au piège du tout-marché ? Mais non, ça cause « technique ». Un vrai choix politique, donc.

– Pourquoi encore, et je m’arrêterai là pour aujourd’hui, avoir à ce point privilégié la énième visite du même Sarkozy en Corse ? Je serais tenté de remonter à la genèse de la particulière corsitude « mondaine »…



J’en resterai à l’article du jour qui traite ce déplacement comme s’il s’agissait de celui d’un premier ministre, sinon du président : « A Ajaccio, après une rencontre avec des élus à la préfecture en début d'après-midi, il devait présenter, devant la collectivité territoriale de Corse, "les grandes orientations de la politique de l'État en matière de développement économique et d'aménagement du territoire" , a précisé le ministère. Outre les questions "de la Corse au regard des fonds européens"  et celle de la propriété face au système des indivisions, le ministre devait évoquer le "plan exceptionnel d'investissement (PEI) de 2 milliards d'euros sur cinq ans". Il souhaite en "renforcer les moyens techniques et administratifs pour rendre le partenariat - avec l'État - plus efficace". » Un peu plus loin : « Les nationalistes […] attendent de M. Sarkozy des engagements concrets en faveur de l'agriculture ou de l'université de Corse. Le ministre de l'intérieur devait annoncer le déblocage de 19 postes d'enseignants-chercheurs pour l'université de Corte. »

Certes, le ministre de l’intérieur a rang de ministre d’Etat… doublé d’un président de parti. Est-ce une raison pour lui dérouler un aussi complaisant tapis rouge ?

Pour résumer : Le Monde a bien le droit de rouler pour l’un ou l’autre politicien. Mais le droit des citoyens – ses lecteurs, entre autres – à l’information exigerait que ses responsables éditoriaux assument leurs choix de manière visible et donc lisible. Comme des responsables, en somme.

––––
* L’original est de Coluche : « Y a pas que le sexe dans la vie, y a aussi le cul »

→  Afin de
les regrouper, merci de "poster" vos commentaires sur "C'est pour dire".
En Lorraine. Guerre des gangs aux portes de la gendarmerie

par André Faber

C’est la tagada-tactique du gendarme, version East Side Story. En Lorraine, près de Metz, avec les Verny et les Marly qu’ont la fièvre du samedi soir. Les gendarmes, eux, se la jouent plutôt tropézienne. Au moins ça évite les bavures. Et puis, heureux militaires, ils n’ont pas un Sarkozy sur le képi. Relaxe la brigade, ainsi que le raconte notre « envoyé spécial ».


Samedi 16 juillet, 22 h 30, deux bandes de jeunes de Verny et Marly s'affrontent à 100 mètres de la gendarmerie. Présente rapidement… une bonne demi-heure après les incidents, la gendarmerie de Verny garde le silence.

Verny, village de 2 000 âmes situé à un quart d'heure au sud de Metz et dont la municipalité voue un véritable culte aux pots de fleurs, Verny aurait tendance à végéter, disent les mauvaises langues. C'est faux ! Parfois il y a de l'ambiance. Et dans ce cas, Verny n'a rien à envier au film West Side Story où l'on voit deux gangs s'affronter sur fond de musique plutôt sympa. À Verny donc, et ce n'est pas du cinéma, il y a eu de la « baston » comme on dit, le samedi soir, sur les coups de 22 h 30. Excès de chaleur ou de bière, fièvre du samedi ? Une voiture du « gang de Marly » déboule à fond de cale dans la rue du Château au cœur du village.

– La voiture roulait aussi vite que sur l'autoroute disent les jeunes témoins, présents dans la rue. Le bolide, peut-être surchauffé, rend l'âme et la bagarre commence entre clans opposés, batte de base-ball et canette de verre à la main. Les joueurs de pétanque, non loin de là, tentent de s'interposer entre les bandes sans grand succès. D'un côté les « Verny », de l'autre les « Marly », 20 à 30 jeunes au total entre 15 et 25 ans qui se cherchent méchamment pour en découdre à 30 mètres du garage des sapeurs-pompiers... qui sautent aussitôt dans leur voiture rouge et… partent en intervention.

– On avait une intervention dira plus tard un jeune sapeur-pompier en regardant ses chaussures cirées, visiblement gêné par les questions sur cet affrontement.
Un jeune de « Verny » se fait tabasser, les « Marly » lui fauchent sa voiture et se sauvent dans un hurlement de pneus et une gerbe de gravillons. La « baston » dure environ 10 minutes Les deux gangs vont panser leurs bobos chacun de leur côté. Les gendarmes arrivent enfin sur les lieux, une demi-heure après le début des hostilités, il est 23 heures. Deux jeunes de « Verny » sont appréhendés. Rien de bien grave me direz-vous. Étonnant tout de même cette inertie des gendarmes tandis que cela cogne à 100 mètres de leurs bureaux. Faudra-t-il acheter des croissants à la boulangerie, ou s'offrir une coupe chez la coiffeuse pour en savoir plus ? En attendant, les pots de fleurs sont intacts.

mon JOURNAL. Merci, Alain Bombard, de m’avoir traité d’emmerdeur

Mourir dans les vacances d’été, pas terrible. Pire qu’en hiver. Du moins pour la notoriété "post mortem". Alain Bombard vient ainsi de passer à la trappe : mort à Toulon ce 19 juillet. C’est signalé de ci, de là, certes. Mais sitôt balayé par une affaire de yaourt frelaté au coca. La nouvelle n’aura tenu que quelques heures sur LeMonde.fr. Cette fois, le papier l’emporte, avec un bel article de Roger Cans [Le Monde, 20/07/05], fort juste, sobre et chaleureux dès son titre : «Alain Bombard, un joyeux hérétique».  C’est en effet l’image que j’en ai gardée, ayant eu l’occasion de le rencontrer alors que j’étais lycéen à Amiens. Ce que je vais vous conter.

1961, je crois. J’étais en seconde, pensionnaire à la Cité scolaire de la capitale picarde, où vivait aussi le Naufragé volontaire. C’était un héros dont l’exploit, datant pourtant de 52, était encore très vivace. L’Amiénois fut donc invité à témoigner pour les lycéens. Sa trogne autant que sa faconde à la Haddock – et bien sûr son aventure – firent leur l’effet. Pour ma part, je le guettais à double titre : je voulais déjà « faire journaliste » et je venais d’être désigné «boursier Zellidja*» avec un pécule (de cinq sous) et des encouragements à partir pour un voyage… en solitaire. Vous voyez l’affaire…


Et c’est ainsi qu’à la fin de la causerie, je fis mon premier pas de journaliste en graine, et allai demander rendez-vous au grand-homme. On convint que je lui téléphone. Ce que je fis sans tarder. Une première fois, pour tomber sur sa femme à qui j’expliquais ma démarche. Mais le docteur était absent. Je rappelai une autre fois, et peut-être une troisième – c’était très formateur… et les journalistes, on le sait, se doivent de pratiquer l’obstination, avec les risques afférents. Si bien qu’à ma dernière tentative (la bonne), tandis que la même interlocutrice expliquait mon appel à Bombard, la main ne recouvrant que partiellement le combiné… j’entendis mon héros du moment, avant de me prendre, lâcher ces mots terribles : «Ah, c’est encore cet emmerdeur !».

Mettez-vous à la place du boutonneux que j’étais… Qu’auriez-vous fait ? Ben comme moi, peut-être, étant donné que je n’eus pas le temps de réagir… et que le rendez-vous fut pris, chez lui.

Brève rencontre, chaleureuse nonobstant le coup du téléphone… Ce que j’en retins ? Je ne sais plus trop, mais en tout cas de quoi nourrir ma détermination pour entreprendre ma première aventure « en solitaire ». Car il y en eut d’autres. En particulier la deuxième, l’année suivante… Cette fois cependant, j’étais flanqué d’un comparse. Tout comme Bombard partant de Monaco en Zodiac avec un co-équipier anglais… qui va le lâcher à Tanger. Le mien – copain de bahut – affronte le blues de l’auto-stoppeur… et me largue peu après Melun. Qu’à cela ne tienne, les deux aventures vont se poursuivre – toute comparaison s’arrêtant là…

J’aurai appris au moins deux choses d’Alain Bombard : de l’homme, une représentation vivante de la persévérance et du courage (presqu’un pléonasme) ; du « grand-homme », qu’il n’est jamais si grand qu’avait pu le croire un gamin se faisant traiter d’« emmerdeur ». Belles leçons croisées de vie, d’humanité, d’humilité aussi. C’est sans doute pourquoi, bien que vexé de prime abord, je ne lui ai jamais tenu rigueur de cette affaire entre nous.

Je ne devais plus le revoir qu’à la télévision.

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* Zellidja, du nom d’une mine de zinc au Maroc, dont Jean Walter, architecte géologue, tirait des revenus qu’en 1939 il décide de redistribuer chaque année à une centaine de jeunes. Il fonde les bourses Zellidja, en accord avec Jean Zay, ministre de l’éducation nationale Objectif : faire découvrir par le voyage ce que l’école ne peut enseigner.



Une si discrète évocation

O
n aurait pu s’attendre à des hommages plus appuyés dans les quotidiens « côtiers ». Que nenni ! Ouest-France est réduit à l’AFP, dans la pire platitude : « Alain Bombard est mort à l'âge de 80 ans »… Le Télégramme fait quand même mieux avec « Toute une vie pour la mer » et rappelle dans un autre papier « La tragédie de la barre d'Étel » (Morbihan) de laquelle Bombard réchappa, mais pas neuf naufragés – comme une « épine » dans l’histoire maritime bretonne. Le Courrier picard évoque à la une son «ultime traversée » – espérons que le journal d’Amiens aura déniché des infos originales sur un des plus fameux de ses anciens lecteurs.
La Provence, en une demi-page et deux photos, sait se souvenir du voisin installé à Bandol et qui avait dirigé un Observatoire de la mer sur l’île des Embiez (Fondation Paul-Ricard).

Là-haut, rien à la une de La Voix du Nord… D’autant plus regrettable que le destin de Bombard s’est noué à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) ; il y faisait son internat de médecine quand le naufrage d’un chalutier lui mit «sous le nez » une vingtaine de cadavres repêchés. D’où ce questionnement déterminant, que rappelle Roger Cans (Le Monde) : « Comment des hommes vigoureux et endurcis peuvent-ils périr si vite, sans exception, à quelques brasses du rivage ? » Un tournant fondamental : « Le docteur Bombard se penche alors sur les grands naufrages de l'Histoire, et il en tire une conviction : ce n'est pas l'organisme physiologique qui cède lorsqu'un bateau coule, mais le moral. Le naufragé qui se voit noyé perd aussitôt tous ses moyens et s'abandonne au fil de l'eau. Encore faut-il en administrer la preuve. Comme Pasteur pour le vaccin de la rage, Bombard va donc tenter lui-même l'expérience. D'abord en traversant la Manche à la nage, puis en se lançant avec un mécène néerlandais sur un dinghy, un de ces engins gonflables utilisés pendant la guerre pour secourir les pilotes d'avion tombés en mer. La traversée échoue, mais, après deux jours de dérive sans manger ni dormir, Bombard observe qu'il est en meilleure forme que son coéquipier, car il a bu un peu d'eau de mer. »

Démarche scientifique doublée d’une détermination à toute épreuve – qui a fini par céder, à 80 ans, des suites d’une fracture du col du fémur, quelques jours avant de sombrer corps et biens dans son dernier naufrage. Une histoire qui valait bien, je sais pas…, comme ça au hasard, celle d’un Eddie Barclay. Aucun rapport, je sais.

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Après JO... Y a-t-il un plan B pour la France ?

J’en discutais ce soir avec mon pote Faber, très vif à réagir [Singapour, morne plaine] sur le traitement de cette affaire des JO : il s’agit bien, une fois de plus, de constater et déplorer le panurgisme médiatique, cette pensée unique du journalisme en action restreinte. Parler du sujet, bien entendu – et comment, même ! Il y a tant à dire sur ces manifestations mondialisées, miroir implacable de ce monde, le nôtre, rendu à la vision monoculaire des médias.

Bien sûr qu’il fallait traiter cette affaire, et bien la traiter, c’est-à-dire aussi complètement que possible, tenants et aboutissants inclus à partir des possibles – et en particulier de l’hypothèse « plan B ». Bis repetita, hélas. Amer clin d’œil au lendemain de surdose pro-traité européen, et confirmation que la surdité est bien installée dans le système des médias dominants. A moins que l’infirmité ne soit congénitale, ce qui obligerait à pousser l’analyse et la réflexion jusqu’au processus même de l’information « moderne » : quels en sont les constitutifs ou les éléments de dérive, les « vices cachés » ou modes opératoires flagrants ? Bref, de quoi moudre pour la profession et ses analystes.

Et, justement, voilà de l’eau au moulin apportée sans attendre sous la forme d’un excellent papier du non moins excellent site « Le Cordelier, l’observatoire des élites ». En voici un extrait, paru ce jour sous le titre en coup de pied de l’âne : « Après JO... Y a-t-il un plan B pour la France ? ». C’est signé Peter Covel.


« Maintenant que nos élites ne disposent plus de 2012 pour seul et unique projet national, peut-être qu'un véritable cap va être décidé... On peut toujours rêver.

Après la claque du Non au référendum sur le traité constitutionnel, l'obtention des JO 2012 a été la dernière branche à laquelle le haut clergé politique, économique, médiatique et culturel s'est raccroché pour "redonner le moral aux Français".

Mais c'est Londres qui organisera les JO de 2012.

Pendant des semaines Paris 2012 a été le seul et unique projet national, le seul destin proposé au pays par ses élites, la solution à tous les problèmes de la France, le chômage, le communautarisme, la régulation économique, l'Europe, les systèmes de protection sociale...

Et voilà que la perfide Albion, après avoir pris les rênes d'une Europe blessée soi-disant par le non Français, nous ravit notre seul et unique espoir.

On était déjà quelque peu atterré par l'unanimisme chauvin des médias, qui derrière les politiques, et mangeant dans la main de Delanoë, nous donnaient vainqueurs par avance, forcément.

Alors bien sûr on finit par s'habituer aux discours uniques et à la propagande mielleuse officielle (écouter à cet égard, le dernier discours presque enfantin à force de naïveté et de bons sentiments de Delanoë vaut son pesant de rire sardonique).

Mais que dire de cet espoir puéril et capricieux que nos élites ont mis dans Paris 2012 ? A croire que cela devait nous faire pardonner le Non, rendre à la France son dynamisme économique, son prestige culturel, son image européenne, sa cohésion nationale ?

Était-ce là le seul dessein pour la France ?

Maintenant que nous ne l'avons plus, nos élites doivent donc répondre à la question, politique s'il en est : Que faire ? Que faire ensemble ? Quel destin pour notre pays ?

Il est consternant d'observer que les JO ont constitué le seul projet collectif proposé après les remises en cause globales du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005.

Au moins, la perte de cette perspective va peut-être nous pousser à trouver un vrai cap... Mais ce n'est même pas sûr.

A la veille de la décision du CIO, seul le site internet Media Ratings a tempéré l'enthousiasme général des médias français en se basant, non sans intelligence, sur les paris des bookmakers anglais.

Aujourd'hui, la déception aidant, il est évident que l'on va trouver toutes sortes de raisons plus ou moins obtuses à la défaite, dans un grand exercice de culpabilisation dont les médias ont le secret : Parmi l'une des premières, entendue sur France 2 tout de suite après le verdict : les Anglais sont plus forts en lobbying que nous (sous entendu : "eux ont participé à la corruption du CIO, pas nous").

Le Cordelier veut bien prendre le pari qu'aucun média ne remettra en cause la compétence de l'équipe de la candidature de Paris.

Aucun n'a vu venir la déroute, alors que la France a hébergé les JO d'hiver à Albertville en 1993 et que Londres n'avait rien eu depuis... 1948. Aucun n'a pipé mot devant l'autosatisfaction évidente et hautaine de Luc Besson.

Aucun ne s'interrogera sur le vide des discours et interviews à base de "tous les Français aiment les Jeux", "les Jeux c'est la rencontre, le métissage, la paix" et autres billevesées inconsistantes et slogans mous de communicants.

Un discours tellement vide, lénifiant et naïf qu'il est devenu universel.

Lire tout l’article de Peter Covel chez Le Cordelier, ça vaut vraiment le détour.

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Jules Mougin, la révolte du cœur

Exposition du facteur poète Jules Mougin, jusqu'au 17 septembre à la Médiathèque du Pontiffroy de Metz

Par André Faber

Jules Mougin, un enfant turbulent de 93 ans, capable de trouer la panse à tous les ploucs de sa plume sergent-major, nous donne à voir et à lire sa poésie généreuse. Son cri du cœur, son hymne à l'amour, nous réconcilie avec notre belle part d'humanité. À travers dessins, sculptures, objets peints, couvercles de boîtes à fromage décorés en guise de colis postal, correspondances lumineuses, il y a comme de l'espoir qui vient devant cette «livraison» du facteur Mougin, une tournée comme on n’en fait plus.

Mais comment ce poète à béret, ce gaillard en veste de cheminot, fumeur tardif qui ne crache pas sur un petit canon de rouquin, comment a t-il trouvé le chemin qui mène à Metz, lui qui vit en pays de Loire, un petit bled près d'Angers, à 650 kilomètres d'ici ? Derrière l'œuvre de Jules Mougin, l'ami et complice de Chaissac, Dubuffet, Giono, Calaferte, Vodaine, se cache un autre nom, un autre facteur : Claude Billon, dit « le facteur Louis XIV », tant il est vrai, qu'il ne ressemble pas à Barthez !



Beaucoup connaissent Claude Billon ou ont croisé ses yeux bleus comme un paquet de gauloises au cours de sa tournée dans les rues de Metz. Le Billon, facteur poète aux mains tordues de rhumatismes et au coeur gros comme ça, a rencontré son facteur Jules Mougin en 1978. Depuis ils s'aiment. Claude a trouvé son Jules si on peut dire. Leur amour de facteur poète se conjugue en lettres hurlantes, échevelées, tendres et nourrissantes comme du bon pain, que d'autres facteurs leur portent chaque jour. Et les timbres ne sont pas offerts par la maison. Voici en fait, le fond de l'histoire, le pourquoi du comment de cette émouvante exposition, une rencontre rare entre deux «hommes de Lettres», une envie de créer du lien, de distribuer des mots et de belles lettres et que les autres en profitent.

L'exposition est née de ces milliers de signes, milliers de traces posées sur les enveloppes, milliers de baisers restés collés à l'envers des timbres. Il faut aller voir «la révolte du cœur de Jules Mougin» avant que les rêves des hommes et le langage des oiseaux ne s'en aillent, il faut y aller pour se décrasser l'âme et prendre de l'amour !

→ Dessins d'André Faber ©

 

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