
extraite de La Provence, qui me paraît coller aux propos du médecin. Baroin, Chavez et Chirac avec chacun son œillet sur le cœur – c’est-y pas bon ça, Coco ?
C’est le moment de rappeler la pleine actualité d’un film argentin récent, Whisky Romeo Zulu. Ce titre est le nom de code d'un Boeing+737 des lignes intérieures argentines qui s'est écrasé lors du décollage, à Buenos Aires, le 31 août 1999, faisant 67 morts. Son réalisateur, Enrique Piñeyro, on peut dire qu’il sait de quoi il parle : c’est un ancien pilote de la compagnie argentine Lapa. Son film présente donc une vraie valeur documentaire. On le voit ainsi tenir son propre rôle, et se bagarrer contre les dirigeants de la compagnie – et les militaires argentins alors chargés, entre autres…, de la sécurité aérienne. D’un côté des impératifs de rentabilité, de l’autre des avions et des équipages forcés à voler avec des appareils de navigation en panne et dans des conditions et des équipements non réglementaires – qui conduisent à la catastrophe. Les rebuffades du commandant de bord, qui vient juste d’être promu, ne provoqueront que de le mettre au rancart… et à la caméra. Autant dire que c’est LE film qui ne risque pas d’être diffusé sur les vidéos à bord des zingues.
« Pianoman », bidonneur ou authentique amnésique ? En tout cas, ce Bavarois de vingt ans aura entretenu son énigme durant plus de quatre mois. Qui s’en plaindrait ? Sûrement pas les tabloïds britanniques ni leurs lecteurs, ni les médias du monde entier qui s’en sont payés à pleines colonnes et sujets radio-télé. Il n’est jusqu’aux blogs, comme « c’est pour dire », qui aient échappé au phénomène. Comme quoi le mystère reste un fameux moteur à propulser le genre humain. Mais où donc ? Mystère.
Or, ce coup d’accélérateur expansionniste est soumis à autorisation du Conseil de la concurrence, qui dépend en partie de Bercy et donc du gouvernement. Pas besoin de faire un dessin… Un dessin, non, mais plutôt un article de circonstance. Signé de deux journalistes, il paraît le 3 août, jour de l’arrivée de Villepin. Un « bon » papier bien propre – il faut laver le possible affront –, tout aussi proprement titré : « Vacances discrètes pour de Villepin » et chutant en apothéose vulgairement localière : « Loin de l’agitation parisienne, tout a été fait pour que Dominique de Villepin profite vraiment de l’une des plus belles baies du monde ».
Tong de presse à fleurs pour Citizen-Breizh (sous forme de "provision conservatoire", en attendant "confirmation du jugement"… qui condamenrait à la paire).
par Daniel Attias
Tous les anciens écoliers se souviennent de la phrase de Montaigne, écrite à la veille de sa 39e année: “Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent, de mort nulles nouvelles”.
Que philosopher, c’est apprendre à mourir, écrivait-il. Se doutait-il qu’un jour, sa proposition serait renversée. Mourir, serait philosopher. Les idéologies meurtrières sévissent sans que cela trouble notre bien-être. Bien-être et bien-pensance prête à comprendre l’incompréhensible, à faire des victimes les responsables de leur propre malheur et à fermer ses oreilles aux versets diaboliques des laudateurs de la mort.
Tout le monde a lu et relu les ineffables déclarations de l’assassin du cinéaste néerlandais Theo van Gogh, le Maroco-Néerlandais Mohammed Bouyeri, qui a affirmé lors de son procès avoir agi "au nom de sa religion" et s'est dit prêt "à refaire la même chose" s'il était libéré.
Quatre de ses frères en errance, citoyens de Sa majesté très britannique, sont allés jusqu’au bout de leur cheminement philosophique en entraînant dans leur exaltant voyage outre-tombe quelques dizaines de mécréants. Parmi eux quelques bons musulmans, mais bast, Dieu reconnaîtra les siens.
Au nom de quelle religion, de quelle idéologie 8000 musulmans bosniaques ont-ils été assassinés au nez et à la barbe de l'ONU il y a tout juste dix ans? L'ONU qui constate encore aujourd'hui le énième massacre de civils en République démocratique du Congo!
Au nom de quelle religion, de quelle idéologie des dizaines de milliers d'Irakiens (39 mille? 36 mille?) sont morts depuis l'invasion menée en dépit du bon sens de leur pays par les États-Unis?
Au nom de quelle religion, de quelle idéologie la vie quotidienne de milliers de Palestiniens et de l'autre côté des barrières physiques et mentales, d'Israëliens est-elle transformée en cauchemar ou en deuils quotidiens?
Air connu. Je l’ai déjà entendu ce cri de mort si peu philosophique!
Nous sommes à l’université de Salamanque en ce 12 octobre 1936, Jour de la Race.

On l’aura compris : le Tong de presse est au journalisme estival ce que la Pantoufle se charge ordinairement de distinguer le reste de l’année [Rappel des modalités du PPP – Palmarès de la Pantoufle de Presse]. Dans les deux cas, une même indolence journalistique, entre flemme et amateurisme, bricolage et farniente. L’attribution du Tong, à l’image de la chose, ne relèvera pas non plus d’une grande nervosité critique. Pour un peu, il irait d’une certaine complicité. D’ailleurs, La Provence et moi, c’est déjà une vieille histoire d’amour.
Soit. Ce qui est dommageable pour le métier d’informer, ce n’est pas tant les fautes – qui n’en commet pas ? – que leur origine, liée au non-respect d’une règle simple : n’écrire que ce qu’on connaît et qu’on a vérifié.
Mais las, l’affaire est torchée en trois coups de fils et quatre clichés qui finissent dans l’impasse des généralisations et approximations (30 médecins sur 1000 dans l’inter, au lieu de 300…). Sujet gâché, tromperie sur la marchandise. → Paire de Tongs roses. 


Françoise d’Eaubonne. Elle ne m’aura donc pas écouté: ne jamais mourir en été, canicule ou pas ! Trop triste que de partir trop seul, sans prévenir les copains, au moins. Elle est morte ce 3 août à Paris. J’apprends ça par les gazettes qui montent encore un peu la garde. Si peu. Que ni Le Figaro ni L’Humanité ne donnent la nouvelle, bon. Mais que Libé n’en fasse qu’une brève ainsi signalée : « Françoise d'Eaubonne, mort d'une pionnière. Cette militante et écrivaine, féministe de la première heure, disparaît à 85 ans. », en dit assez long sur l’amnésie d’un journal et sa mort politique – et journalistique.
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Quand je l’ai rencontrée en 1975, dans son petit logement vers la place de Clichy, à Paris, elle mettait la dernière touche à son livre Les femmes avant le patriarcat, paru en 76. Je souhaitais la faire participer, dès son premier numéro, à la revue Sexpol, sexualité et politique, alors en préparation. Elle accepta sans hésiter. « Un cas très ordinaire » est le titre du papier paru sous sa signature dans Sexpol n°1 où elle aborde, à partir de deux entretiens, la « réalité lamentable de l’obscurantisme et de la frustration féminines ». Il y eut d’autres articles et d’autres occasions de rencontres, l’époque avait ses exigences, et des urgences qui n’ont pas disparu.
Ainsi, en 1980, quand elle fait paraître Le Féminisme ou la mort, dont je ne résiste pas à recopier la quatrième de couverture, manière de lui laisser le dernier mot : « Deux fléaux menacent l’humanité tout entière : la surpopulation, et la destruction des ressources. On est bien obligé de constater qu’en s’appropriant jusqu’à présent la fécondité (des femmes) et la fertilité (du sol), ce sont les hommes et la société patriarcale qui nous ont menés à cette double catastrophe.
Avignon, pour commencer. Un temple de marchands déguisés en artistes. Ce n’est certes pas nouveau mais je l’ai plus mal pris que dab. Justement, est-ce aussi l’habitude, les ornières de la chose ? Ou tournerai-je vin-aigre et vieux con ? Le mieux, ça reste le théâtre « live » avec les copains, autour d’un plat et d’une boutanche, ou deux. Largement le mieux. Mille fois plus mieux que les deux spectacles vus, même le mieux, l’autre, tellement tarte. Autant dire que j’ai rien-vu, ce qui m’a toutefois suffi pour cette année, tandis que les médias, ah-ah !, occupaient la cour des bonni-menteurs avec, enfin, une petite odeur de poudre, un filet de scandale autour du « in » soudain investi par des grincheux un peu gueulards, soudain et enfin porteurs d’une rébellion d’opérette, non mais, de qui s’moque-t-on ?
Aimé-je Brahms ? Vérification faite, pas trop. Ce n’est pas, remarquez, que la question m’ait spécialement tarabusté. Ni même que j’aurais pu avoir une remontée de Sagan, un acné juvénile autant que tardif, ou je ne sais quoi. Un concert me tendait les esgourdes à la Roque - d’Anthéron, cette Mecque estivale du piano mondialisé, à une portée de tong de ma case. L’endroit est sublime, je l’ai déjà écrit ici à propos du contrebassiste Charlie Haden qui a pu entrer dans l’endroit consacré par l’entremise de Gonzalo Rubalcaba, pianiste lui. Et cætera, je ne vais pas vous refaire l’article, suffit de cliquer ici, pas là.
Libérés des contraintes écrites, les musicos se lèvent et se lancent dans l’impro. Des airs remontent à la surface, tandis que le pianiste se met à swinguer. Si ! Alors, je l’accompagne en frappant dans les mains. Et mille paires de mains se mettent à battre ! L’alto, on dirait qu’il s’est mis au sax, le violon au soprano et le violoncelle à la contrebasse. Oh when the saints ! Faut bien un début. Tout le monde connaît. Coltrane, on verra. Ça chauffe un max, ça tape du pied sur les gradins en tôle galvanisée qui vibrent comme à Furiani. Et s’effondrent pareil, mais mollement, gentils les échafaudages de la Roque-d’Anthéron, pas méchants, déposant tout le monde en douceur sur la pelouse du château de Florans, au pied des séquoias géants.
Bon, je vous emmmmerde ou quoi ? Car ce n’est pas tout. Je les abandonne à leur délire, tandis que je retrouve la dame à la robe blanche à l’origine de Tout. Madame Effet-Papillon, auteure de la théorie du Chaos, vous savez… Elle s’était réfugiée dans l’allée des séquoias séculaires, là où les marchands du temple culturel font commerce de disques et de livres. Détachée, apparemment, des conséquences créatrices de sa gestuelle, elle feuillette un bouquin. Je l’interviewe (prétexte pro, on ne se refait pas) sur le thème de l’ennui musical. Elle croit que je la drague (soit !) et me rembarre en reposant sur l’étal le récent Christian Gailly, Dernier amour – que j’achète avant de quitter les lieux.

Oh mais je m’énerve, là, dis. Je voulais juste en revenir au jazz. Parce que l’autre soir, à La Seyne-sur-Mer, j’ai connu de belles heures au Festival dit du Fort-Napoléon. Beau détournement d’un lieu militaire rendu aux civilités azuréennes. C’était la vingtième édition de ce qui me semble, à moi hein, « ze » festival par excellence. C’est l’anti-frime, donc l’anti-clichetons et aussi l’anti-arnaque. Deux concerts pour 15 euros la soirée (ça a tout de même bien augmenté cette année…), un coin restauration-sympa à 10. Et des expos aux trois des quatre coins de la forteresse – le quatrième servant de coulisse aux musiciens. Et pas n’importe quoi comme expo – peintures de Fromanger [son affiche, ci-contre] et Giacobazzi [voir le site du festival]. Je n’évoquerai ici que les photos de Marcel Fleiss qui, de plus, font l’objet d’un livre marquant le XXe anniversaire du festival. Intitulé « Now’s the time » [C’est bien l’heure]. Je parlerai du « Flash-back sur une passion », texte fort de Jean-Jacques Lebel qui plante puissamment le jazz dans l’histoire sociale et artistique, picturale, littéraire, surréaliste. (Édition Bleu Outre-Mers].
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