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Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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Miracle chemin
des Grandes-Vignes
























Ce samedi, les voisins ont vendangé leur vignoble familial. A l'ancienne, comme on dit ici
– je vous laisse entendre l'assent. La famille, les amis accourus de bonne grâce, toutes générations mêlées, sans parler des chiens. Un vieux tracteur, une benne, des seaux, et en une petite matinée la vendange allait rejoindre les cuves de la coopérative de Venelles. Petite récolte pourtant – un quart seulement par rapport à la dernière, à cause de la sécheresse.



On va les guetter les bouteilles 2005 du Cellier des Quatre-Tours ! Et plus encore ce petit bout de vignoble en lisière du village, à côté du dernier champ de lavande. C'est là, chemin des Grandes-Vignes, juste avant l'allée du Castellas, un coin de paradis – non : le Paradis sur terre, celui du bon vin qui se donne sans retenue, ici et maintenant, pas au ciel. C'est de là que partent ces lignes et ces images. Ne le répétez pas : Iter, qui nous annonce Prométhée, les étoiles et le bonheur technique éternel, ouais, Iter rôde à quelques mégawatts d'ici. C'est pourquoi on les guette sacrément ces arpents du bon dieu. Chaque année, c'est miracle qu'ils soient encore de ce monde.


 
Jazz. Chez Maxime, côté soleil

Heureux Parisiens ! Ce dimanche 25 à 21h, filez donc au Sunside – même et surtout s’il pleut : vous y entendrez le groupe de jazz vocal Scatsy : trois chanteuses – Florence Tu Hong, Emma Lee, Amélie Payen – accompagnées de Philippe Coromp, piano, Éric Le – Cardina, c.basse, Philippe Rousselet, batterie. Un projet plutôt curieux : prendre des chansons de Maxime Le Forestier, de "San Francisco" à "l'Éducation sentimentale", y glisser de riches couleurs harmoniques, conjuguer les voix en fugue et en swing, improviser en scat…

Je vous en parle pour les connaître un peu, en voisins-voisines du pays d’Aix-en-Provence. Heureux Parisiens qui n’aurez même pas à prendre le TGV, tout juste le métro.

Le Sunside
60, rue des Lombards Paris 1er
01 40 26 21 25

mon Œil

 Marseille, depuis le Pharo, vers l'Estaque, 16 septembre 2005  © gp

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait « nous » sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne : Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]

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Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]

Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]

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Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus. [23/08/07]

Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]

Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et  bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]

Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]

La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]

Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]

Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]

L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]

+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire. [20/07/07]

Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]

Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]

Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]

20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]

La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]

Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]

Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

Connu pour ses frasques, le fils du président tchadien, retrouvé tué à la poudre d’extincteur. Meurtre ou overdose de «blanche? [03/07/07]

Le Sauveur de l’Europe, c’est Lui. Aussi s’est-il abondamment félicité. On attend désormais le Sauveur du Monde. [03/07/07]

1er juillet. Enfin l’électron est libre. Libre comme le gaz. A eux l’expansion infinie dans l’univers marchand. Un beau jour, en somme. [01/07/07]

Lui, c’est l’immuno-surpression. Son air bourré en parlant de Poutine : l’ivresse des sommets. Le G8 lui est monté à la tête – en plus du reste. [17/06/07]

Samedi minuit, l’ex-président ne sera plus immunisé. Gare aux infections – et à l’immuno-dépression! [13/06/07]

Cette note provient du site de la section de Toulon

de la Ligue des droits de l'homme

la police, la justice

et les deux poètes

vendredi 16 septembre 2005

Condamnés pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières ...

Un site pour être tenu au courant : http://www.remue.net/article.php3?i....


Deux poètes rangés viennent de prendre 3 000 € d’amende pour diffamation. Le premier, parce qu’il avait relaté sur son site le tabassage d’un pauvre hère à Montpellier, croyant de son devoir de s’en mêler (refusant le circulez-y’a-rien-à-voir). Menottes, garde à vue, nuit en cabane. Le second, pour avoir transcrit sur son propre site la mésaventure du premier. Ils se nomment Brice Petit, agrégé de l’université, directeur de revue, et Jean-Michel Maulpoix, professeur des universités, poète et écrivain, tous deux relaxés du grief d’outrage à agents, mais condamnés pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières. Le pauvre hère était-il gitan ? Aucun intérêt.

Francis Marmande [Le Monde du 15 septembre 2005]

Le Canard enchaîné du 14 septembre 2005. - 27.1 ko

Le Canard enchaîné du 14 septembre 2005.

" Quand une intervention verbale comme celle qu’a risquée Brice Petit face aux forces de l’ordre le 29 avril 2004 n’est à l’évidence dictée ni par la passion ni par le désir de nuire, et quand le texte qui la rapporte ensuite pour en décrire les conséquences n’a à l’évidence pour objet que d’alerter l’opinion sur des abus, peut-on dire que la société soit menacée ? Plutôt que de jeter le discrédit sur les forces de l’ordre, un citoyen a légitimement souhaité faire entendre ce que chacun est en droit d’attendre de leur action. Juridiquement discutable son geste n’est-il pas celui d’un citoyen responsable ?

" Nous n’avons rien de bon à attendre d’un monde où chacun garderait frileusement le silence, ou n’ouvrirait la bouche face aux autorités qu’en présence de son avocat. "

Jean-Michel Maulpoix  [1]

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789

[1] Né à Montbéliard, le 11 novembre 1952, Jean-Michel Maulpoix est l’auteur d’ouvrages poétiques et d’études critiques sur Henri Michaux, Jacques Réda, René Char, ainsi que d’essais généraux de poétique (entre autres : La Poésie malgré tout, La poésie comme l’amour et Du lyrisme). Jean-Michel Maulpoix dirige la revue trimestrielle de littérature et de critique Le Nouveau recueil (éd. Champ vallon) Il enseigne la poésie moderne et contemporaine à l’Université Paris X - Nanterre. Il a été président de la commission d’aide à la création poétique du Centre national du Livre jusqu’en mars 2003.

Bientôt un cours de breton
sur TF1?


par Christian Le Meut


Patrick Le Lay, PDG de TF1, a fait de fracassantes déclarations * au magazine “Bretons” de ce mois de septembre, accusant la France de “génocide culturel” à l’égard de la langue bretonne. Il a également déclaré ne pas être “Français mais Breton” et se sentir “étranger quand il est en France”... Patrick Le Lay ne parle pas la langue bretonne que parlait son grand-père de Loctudy dans le Finistère. “Je ne parle pas la langue de mon grand-père” dit-il, et pourtant je n’ai pas quitté mon pays... Et le PDG de TF1 de parler de “terrorisme intellectuel”... “Il n’y a pas plus grand crime contre l’humanité, en dehors de tuer les gens, que de tuer leur langue”, rajoute-t-il...

Ces déclarations ont été reprises brièvement par quelques journaux, comme Libération et Le Monde, qui n’ont, pour l’instant, pas cherché à aller plus loin, à ma connaissance. Je ne crois pas non que TF1, ni LCI, n’aient repris les phrases de leur patron. Elles suscitent cependant des réactions sur le net.


Du bilinguisme à l'unilinguisme : merci la France ! Si un grand-père de M. Le Lay parlait breton, ce sont, en ce qui me concerne, mes quatre grands-parents qui avaient le breton pour langue maternelle, tout en sachant le français également. Nous n’avons, nous non plus, pas quitté notre pays, attachés à la Bretagne comme des berniques à leur rocher. Pourtant presque plus personne ne parle breton dans la famille. En deux générations, nous sommes passés du bilinguisme breton-français à l’unilinguisme : c’est ça le progrès républicain ?

La transmission ne s’est pas faite et le “terrorisme intellectuel” dont parle Patrick Le Lay est passé par là... La situation de M. Le Lay, nous sommes de centaines de milliers à la vivre en Bretagne; un peu exilés de l’intérieur. Car c’est bien notre langue d’origine que l’on nous a coupée, avec tout son contenu historique, humain, affectif, toute une façon de voir le monde et de l’exprimer que l’on nous a volés, oui, volés, et que les institutions françaises nous ont, trop longtemps, interdit d’approcher.

Durant mon enfance je n’ai que très peu entendu parler breton : aucune place à l’école, des miettes dans les médias. Une exclusion généralisée, officielle.
Génocide ou ethnocide ? Pour autant, l’expression de “génocide culturel” me gêne. Ce terme est utilisé souvent, certes, mais il correspond à la définition d’un autre mot, “ethnocide”. On supprime une culture sans supprimer la population qui la portait... “Ethnocide” est moins fort que “génocide”, mais il est plus juste dans la situation de la Bretagne, à mon avis. moins “choc”, mais moins porteur d’ambiguïtés.

Les génocides sont perpétrés par des gouvernements, des pouvoirs en place, en vue de supprimer tout ou partie de leur population : les Juifs et les Tziganes par les nazis; les Tutsis et les Hutus démocrates par la dictature rwandaise en 1995; les Arméniens par la dictature turque il y a un siècle. Assimiler ces massacres de grandes envergures aux politiques délibérées d’élimination d’une langue où personne n’est tuée (quasiment), n’est pas juste et ne sert pas à décrire précisément ce qui se passe ici, en Bretagne, encore aujourd’hui.

Mes quatre grands-parents sont morts de mort naturelle, et j’ai pu en connaître deux. C’est quand même mieux que s’ils avaient tous fini dans les chambres à gaz ! Cela dit, aucun État, surtout s’il se prétend démocratique, n’a le droit de pratiquer un ethnocide, de vouloir supprimer une ou plusieurs langues parlées sur son territoire. Les textes internationaux concernant les droits de l’Homme sur clairs là-dessus... Mais la France s’est bien gardé d’en signer certains...

Je partage probablement une colère proche de celle de Patrick Le Lay par rapport à ce que la démocratie française a fait contre la langue bretonne et contre les autres langues régionales. Mais je constate que la situation évolue un peu depuis vingt ans et, malgré tout, l’État finance aujourd’hui l’enseignement du breton dans les écoles bilingues, même s’il le fait à reculons...

La pression vient d’en bas car, en haut, la République française ne se résout toujours pas à ratifier et appliquer la Charte européenne des langues minoritaires, signée par Jospin en 1998, mais retoquée par le Conseil constitutionnel. Cette même colère peut m’aider à comprendre aussi le point de vue d’autres hommes en colère envoyés devant les tribunaux. Mais il faut dénoncer clairement la violence et le terrorisme, ce que fait Patrick Le Lay. Il a lui même montré que l’on peut faire avancer les choses pacifiquement en créant TV Breizh. Son amertume et sa colère viennent sans doute aussi du fait que cette télévision de qualité n’a obtenu aucune autorisation du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Aucune. Ni pour la TNT, ni pour des fréquences hertziennes locales comme à Nantes, alors même que des millions étaient investis pour créer, en Bretagne des studios et sociétés de production.

TV Breizh a réduit sa part bretonne; elle a baissé en qualité et augmenté en audience. Les sociétés de production ont bien du mal à se maintenir mais l’outil de production est bien là. Des dessins animés et des feuilletons ont été doublés en breton, ce qui est très important pour les jeunes générations qui apprennent la langue et auxquelles France 3 apporte trop peu d’émissions en breton.

Je ne doute pas une seconde de la sincérité des propos de M. Le Lay concernant la langue bretonne, mais ils auraient beaucoup plus de portée et de crédibilité si TF1 ne véhiculait à travers ses émissions des valeurs très contestables comme la compétition permanente, l’attachement servile aux apparences, l’absence de curiosité intellectuelle, le divertissement permanent au détriment de formation personnelle et citoyenne. André Malraux considérait la télévision comme, je cite “un instrument de partage culturel”...

Quelle sorte de culture partage TF1 ? Et quelle image de la France véhicule cette chaîne et notamment le journal télévisé de Jean-Pierre Pernault ? Une France très folklorique et folklorisée. Cette chaîne est loin de montrer la diversité culturelle sur laquelle la France a été bâtie, de la Corse au Pays Basque en passant par l’Alsace, la Normandie et la Franche Comté; elle est loin aussi d’en montrer la diversité actuelle avec toutes les populations issues de l’immigration.

Si au moins, TF1 avait fait prendre conscience aux millions de Français et Français qui l’ignorent que les langues régionales sont des langues encore parlées, encore vivantes, les déclarations de M. Le Lay seraient cohérentes avec sa pratique. On en est loin ! Si jamais le PDG de TF1 veut glisser un cour de breton dans sa grille d’émissions, nous avons, ici à Radio Bro Gwened, un professeur à leur proposer, Albert, et une animatrice dans le rôle de l’élève qui fait plein de fautes, Cécile Goualle. Imaginez donc avec moi, M. Le Lay, cinq minutes de breton entre la Star réac academy et Kaoc’h** Lanta, ça remonterait le niveau intellectuel de vos émissions, non ? Bon, pour ce qui est l’audience, c’est moins sûr !
Christian Le Meut

–––
* Fracassantes aussi, furent ses mémorables paroles sur la télé et "le temps de cerveau disponible". [Ndlr].
** Kaoc'h : pour celles et ceux qui n'auraient pas de dictionnaire de breton à la maison (il y en a un sur le net), mot en cinq lettres commençant par M… et finissant par... E.

La version en breton de cet article est sur rezore.

Petit mausolée
pour « mes » morts de l’été


A quoi je joue là ? Morbido, vieillissant, les deux ? Toujours est-il que, à partir de ma revue de presse estivale, j’ai eu l’idée de dresser la liste de «mes» morts, ceux qui m’ont marqué d’une façon ou d’une autre. Vont ainsi manquer à l’appel : Claire Quilliot, François-Xavier Verschave, Pierre Michelot, «Lucky» Thompson, Ibrahim Ferrer, El Chocolate, Albert Mangelsdorff, Constant, Maurice Baquet, Claude Simon, Alain Bombard, Françoise d'Eaubonne, Robin Cook, Vlady.

Je ne voudrais pas virer au palmarès mais, pour moi, la plus poignante des morts, c’est celle de Claire Quilliot, retrouvée noyée, vendredi 12 août, dans l'étang de Tyx, sur la petite commune de Saint-Avit (Puy-de-Dôme). Elle avait 79 ans. Rappelons-nous, c’était la veuve – malgré elle – de Roger Quilliot, l’ancien ministre
du logement (1981-1983) et maire PS de Clermont-Ferrand. Tous deux, le 17 juillet 1998 avaient voulu se suicider ensemble. Lui mourut, mais elle, réanimée par les secours, lui avait survécu.


Dès lors, elle était devenue une sorte de porte-parole du droit au suicide, fidèle à la conviction qu'avait exprimée Roger Quilliot, inquiet de la dégradation de sa santé, dans une lettre-testament: « Nous comprendra-t-on, s'interrogeait-il, si je dis que notre choix commun de la mort volontaire à deux est un acte à la fois de liberté et d'amour de la vie dans sa plénitude ? » Il ajoutait : « Puisque de toute façon la mort gagne, tant vaut-il l'affronter ensemble et debout, vivants, puisqu'il faut l'être pour affronter la nuit. »

« Notre lettre d'adieu, que tous deux nous trouvions si claire, ne devait sans doute pas l'être assez », avait par la suite estimé Claire Quilliot. « Nous ne l'avions pas écrite pour avoir notre nom dans les journaux mais pour témoigner à deux que la mort peut se regarder en face, qu'elle est l'aboutissement normal de la vie, qu'au lieu de subir les féroces caprices du Destin, le temps de la retraite venu, il est loisible de préférer choisir soi-même le jour et l'heure. Un message de confiance, en somme ; d'autant que par la même occasion nous prouvions, sans y avoir songé, que l'amour peut durer plus de cinquante-trois ans. »

Dans ses dernières années, Claire Quillot avait écrit un essai sur Primo Levi et les raisons de son suicide (Odile Jacob, 2004). Roger, lui, fut un grand connaisseur d’Albert Camus (de l’homme et de ses écrits), dont il avait préfacé et enrichi l’édition de ses œuvres dans La Pléiade. C’est lors de la parution du livre que j’avais eu l’occasion de le croiser lors d’une conférence à Lille, invité par la promotion Albert-Camus, la mienne, de l’École de journalisme.

Je poursuis l’appel de mes absents :

François-Xavier Verschave, le pourfendeur de la politique de la France en Afrique, est mort le 29 juin, à l'âge de 59 ans. Il était l'auteur de plusieurs ouvrages dont “La Françafrique” (1998), “Noir Silence” (2000), “Noir Chirac” (2002), “On peut changer le monde” (2003) et tout récemment “Négrophobies” (2005). [Lire l’article].

Le contrebassiste Pierre Michelot, mort le 3 juillet à 77 ans. Prix Django-Reinhardt de l'Académie du jazz en 1962, il se lie à un trio au succès international : Play Bach, du pianiste Jacques Loussier, avec Christian Garros (batterie). Il tourne et enregistre avec Daniel Humair (batterie) et Urtreger, sous le nom de Trio HUM. Il joue son propre rôle dans le Round Midnight de Bertrand Tavernier (avec Dexter Gordon), enregistre avec Toots Thielemans, joue au Village Vanguard avec Escoudé (guitare) et Hank Jones (piano), et accompagne Claude Nougaro avec son trio attitré (Maurice Vander, piano ; Bernard Lubat, batterie).

Le saxophoniste américain Eli «Lucky» Thompson est mort le 30 juillet, à Seattle, âgé de 81 ans.

Le chanteur cubain Ibrahim Ferrer, mort le 6 août à La Havane. À 78 ans, il venait de se produire sur la scène de Jazz in Marciac.

El Chocolate, « cantaor » flamenco, mort à Séville le 19 juillet, 75 ans.

Albert Mangelsdorff, compositeur et tromboniste allemand, figure du free jazz européen, mort à 76 ans le 25 juillet, à Francfort.

L'artiste néerlandais Constant Anton Nieuwenhuis, dit Constant, est mort le 1er août à Amsterdam. Né le 21 juillet 1920, il était un des membres fondateurs du groupe Cobra puis de l'Internationale situationniste.

Musicien, comédien, humoriste, alpiniste, l' «homme au violoncelle», Maurice Baquet, est mort le 8 juillet à 94 ans. Musicien, comédien de cinéma, de théâtre et de music-hall, humoriste loufoque et montagnard accompli – n’avait-il pas descendu le Mont-Blanc à ski en jouant de son violoncelle ?, signe indéniable d’un esprit élevé.

L'écrivain français Claude Simon, Nobel de littérature en 1985 et figure du Nouveau Roman, mort le 6 juillet, à Paris, à l'âge de 91 ans.

Alain Bombard, naufragé volontaire en 1952, spécialiste de la survie en mer, mort le 19 juillet, à Toulon. Il avait 80 ans. [Lire l’article]

Françoise d'Eaubonne, écrivaine et pionnière du mouvement féministe des années 1970, Françoise d'Eaubonne est morte le 3 août à Paris. Elle avait 85 ans. [Lire l’article]

Robin Cook, ancien ministre des affaires étrangères britannique, est mort le 6 août, lors d'une randonnée en Écosse. Il était âgé de 59 ans. Il avait démissionné du gouvernement en 2003 pour protester contre la guerre en Irak. «Pourquoi est-il devenu si urgent que nous engagions une action armée pour désarmer une capacité militaire qui existe depuis vingt ans, et que nous avons contribué à créer?», avait-il alors demandé, s'attirant les acclamations d'une bonne partie de la Chambre des communes. Adversaire avoué de Blair, il était resté député travailliste (centre-gauche) de Livingston, dans le centre de l'Écosse.

– Le peintre mexicain Vlady est mort dans son atelier de Cuernavaca (Mexique), le 22 juillet, à 85 ans. Fils de l'écrivain Victor Serge et des révolutions du siècle passé, Vladimir Kibaltchich – son vrai nom – était l’un des plus grands muralistes mexicains de l'après-guerre. Il avait été un témoin des tragédies politiques de l'entre-deux-guerres aussi bien que des espérances libertaires. [Je l’ai interviewé pour France Culture vers 1980-85, sans que le montage fut réalisé ; le document doit figurer dans les archives de l’INA.]

Notez que si vous lisez ces lignes il est fort probable que vous soyez en vie.
mon Œil



Ce matin, au Pharo, à Marseille. 16/09/05

Le journal de ma revue de presse…

L’abonnement est un engagement. Et là, comme dans la vie, on peut connaître le désamour. Mais divorcer coûte plus que de quitter son journal, ce qui est aussi une rupture. Sur ce plan, je suis polygame : une liaison régulière, tumultueuse, passionnée ; et des rencontres de passage, voire des passes. Mon marchand de journaux est ainsi mon témoin chaque matin ou presque. Il voit bien mes infidélités du jour. Mais, se payant assez de rendre la monnaie, ne pipe mot que sur le registre de l’amabilité du commerce.

Ainsi commence, certains matins, ma petite drague médiatique, ma revue de presse sur tourniquets. Mes choix sont donc très physiques, à la différence, je parie, des plus patentés de mes confrères, notamment radiophoniques. Quand ceux-là, ne tripotent pas le papier stérilisé des éditoriaux faxés, ils puisent jusqu’à la nausée dans la manne qu’un coursier leur répand chaque matin, sans bourse délier!, comme du fumier devant les sous-préfectures. Je les vois plonger dans l’abondance avec cette moue de riches guettés par l’obésité. Ils farfouillent là-dedans comme le critique de théâtre dans son paquet d’invitations, l’air dégoûté du trop richement nourri qui jamais ne paie son gueuleton.


Tandis que moi, oui, je chipote en tâtant la bête, considérant le rapport prix en euros/poids des mots, évaluant le ratio coût de lecture/promesse d’intérêt. Le lundi, par exemple, les déversements sportifs me font gagner du temps – je ne me déplace même pas. Ce matin, ah, ma «Provence» met la pédale douce sur l’OM (oh, il est juste à côté…) en donnant un peu d’air frais : Un deuxième souffle pour les éoliennes. (À la lecture, je n'en aurai pas pour mes sous, mais bon…)

Quant à Libé… Un quotidien qui «ouvre» comme un magazine sur la chanson, non merci bien. Je lègue mon exemplaire du jour au jeune lecteur qu’ils veulent draguer. (Mais je crains qu’il n’aille au bouillon des invendus).

Tiens, encore un que je n’aurais pas acheté – son site oueb m’a plus que suffi –, c’est La Dépêche du Midi du 4 septembre. Dans le genre comateux, difficile à surpasser : en pleine crise du pétrole qui réactualise, oh combien, les questions d’économie et d’écologie, le quotidien de Toulouse «cherche à créer une véritable dynamique dans l’univers du 4x4». Pour cela, il n’hésite pas à patronner («sponsoriser») un salon du genre, mêlant allégrement rédaction et commerce… La honte du métier ! Tiens, je leur dédie mon dernier lot de tongs de presse – des fins de série.
Voyez l’annonce :



Et savourez aussi la haute teneur du texte (extrait) :


« Les férus de quad ne seront pas en reste. Pour eux, des engins du genre seront exposés tout au long de ce salon, que les visiteurs pourront là encore essayer sur une piste de quad et de karting. A noter également qu'un village gourmand, avec dégustation des produits du terroir, sera présenté entre autres par les magasins Gamm Vert.
« Bref, on l'aura compris, avec cet événement, «La Dépêche du Midi» cherche à créer une véritable dynamique dans l'univers du 4x4. Un genre automobile qui, chaque année, attire de plus en plus de personnes. En 2001, ils étaient 1.6 % des conducteurs français à posséder un 4x4. Trois ans plus tard, ils étaient 2.2 %. Preuve que le tout-terrain connaît actuellement un véritable engouement. Les 4 000 visiteurs de la première édition étaient là, l'an dernier, pour en témoigner. »

Là-dessus, je rentre (à pied) chez ma régulière, une feuille dite de référence, parisienne et du soir. Je m’en méfie bien aussi de celle-là, qui me fait des enfants dans le dos en fricotant avec des lascars pas nets. Sa face cachée, figurez-vous, que je me la suis payée cet été – pas cher, d’occase, ça se trouve même sur internet. C’est un bouquin formidable. Comme un couillon de radin, je m’étais contenté des bonnes feuilles de l’époque, me disant que j’attendrais bien l’édition de poche. Erreur de plouc ! Il faut lire La Face cachée du Monde de Péan et Cohen comme un devoir civique. Il devrait d’ailleurs être obligatoirement lu par les apprentis journalistes, sans parler des professionnels. On y est édifié sur de multiples plans, notamment politiques et médiatiques. Et les auteurs livrent en passant une réflexion critique très aiguisée sur le métier d’informer et la notion de «référence». Pas étonnant qu’un combat juridique s’en soit ensuivi. Intriguant, en revanche, l’accord des deux parties pour s’écraser, au sens figuré – sans doute pour éviter l’écrabouillade générale, au sens «propre».

Mais je lui pardonne beaucoup, à cette traînée, qui a parfois grand cœur (elle m’alloue un pied-à-terre où je me blogue), et qui sait aussi honorer la profession de journaliste – toujours distinguer les machines des hommes qui la font turbiner. Ainsi cette analyse de Laurent Mauduit [11/09/05], sobrement intitulée « La mort programmée de l’impôt citoyen ». Où l’on y démontre le démontage d’un principe républicain et démocratique datant de 1789 – Art. 13, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen –, celui de la progressivité de l’impôt, qu’«on» en vient de nos jours à «proportionner» en un tour de passe-passe politique éhonté. Tout cela sur fond de bise-bille et de surenchères entre les deux coquelets Villepin et Sarkozy. Sous l’œil goguenard d’une certaine camarilla médiatique qui compte les points. Et face à une gauche qui n’en peut mais, médusée qu’elle est dans ses «propres» tambouilles.

J’aurais aimé vous parler des Misérables – le film de Raymond Bernard, 1933, en trois parties hugoliennes. C’est diffusé sous le manteau. Chut… France 3, la nuit, jusqu’à deux heures du mat. Admirable Harry Baur ! Le lundi on est KO et en même temps regonflé à bloc.. Ça aussi, on devrait… Dernier épisode le 18, «Liberté, liberté chérie». Chut… Javert est à l'affût.
 

→  Afin de les regrouper, merci de "poster" vos commentaires sur "C'est pour dire".

Son Œil 


Dessin de KAL paru dans le Baltimore Sun du 30/08/05.
Intéressant de le rapprocher du Faber publié ici le 7/09.

 
Katrina. Mais qu’ont fait les médias?

« La catastrophe du bayou n'est pas un désastre naturel. Bien des catastrophes pourraient être évitées si les médias de masse portaient une plus grande attention aux véritables enjeux politiques. » Le Québécois Nicolas Binette ne manque pas d’interpeller les médias là où ça peut faire mal. Voici son article mis en ligne sous le titre : Nouvelle-Orléans: la responsabilité des médias.

« Clarifions d'abord une chose : la catastrophe de la Nouvelle-Orléans n'est pas un désastre naturel. Sa véritable cause est purement technique; une digue a cédé, causant l'inondation de la ville. La presse n'hésite pas à faire porter le blâme à l'administration en place aux États-Unis, en insistant sur la lenteur des opérations d'urgence. Ceci occulte la responsabilité des médias de masse par rapport aux enjeux nationaux. Une pratique plus responsable de leur rôle au sein de l'appareil politique pourrait servir à éviter de telles horreurs.


« La Nouvelle-Orléans est assise sensiblement en deçà du niveau de la mer. Pourtant, cette ville n'a pas été créée artificiellement; les nombreux marais qui l'entouraient autrefois agissaient comme des éponges capables d'absorber les excédents d'eau en cas de crue, protégeant la terre ferme. Avec le développement économique, la ville a grandi et les marais ont été progressivement asséchés. Il fallait dès lors maintenir la ville sous respirateur artificiel en construisant des digues pour retenir le cours naturel de l'eau. New Orleans n'est pas la seule ville à exister dans des conditions aussi précaires. Les risques d'accident, notamment en cas d'ouragan violent, étaient très bien connus. Sur les 104 millions qui eussent été nécessaires pour assurer la sécurité du réseau de digues, seulement 40 furent accordés au dernier budget fédéral. On aurait pu éviter le déluge. La puissante Katrina, dans toute cette histoire, n'est qu'un bouc émissaire.

« Dès qu'on constata l'ampleur des dégâts, le ton fut immédiatement donné: la faute incombait à l'administration Bush. D'accord, il faut convenir que George W. Bush est un imbécile. Mais puisque nous vivons dans une démocratie qui permet d'élire des imbéciles à la tête des nations, la responsabilité incombe logiquement à tous les acteurs qui ont participé à ce système (ou ont nuit à son efficacité en n'y participant pas).

« Or, parmi les acteurs de la démocratie, les médias de masse jouent un rôle politique spécifique et déterminant. Ce sont eux qui dirigent, en tout temps, le faisceau de l'attention publique. Leur pouvoir politique n'est pas de petite taille; les médias de masse synthétisent l'opinion publique, ce reflet grossier de la volonté des électeurs, cette conscience abstraite qui, malgré une évidente puérilité et une contraignante lenteur de raisonnement, a néanmoins le dernier mot sur l'ensemble des décisions démocratiques. Ce pouvoir implique une lourde responsabilité. C'est aux grands médias de permettre à chaque citoyen d'avoir quotidiennement une idée d'ensemble suffisamment valable des véritables enjeux qui le concernent, que ceux-ci soient nationaux ou internationaux. Néanmoins, on ne peut pas demander à chaque individu d'avoir une connaissance approfondie de chaque question cruciale, c'est pourquoi il est nécessaire de donner davantage la voix aux expertises qui existent sur les problèmes les plus critiques, afin que ceux-ci soient constamment placés au premier plan de l'attention du public. Si les Américains avaient été sensibles au danger des digues du bayou, l'État fédéral aurait probablement agi en conséquence.

« Mais l'information étant une marchandise, elle aussi soumise aux lois du marché, c'est encore le sensationnalisme qui prend toute la place qu'on aurait dû accorder à des questions comme celle du risque que courait la Nouvelle-Orléans. Heureusement, l'intérêt croissant du public pour les enjeux environnementaux (particulièrement cette dernière semaine) pourrait changer la donne. À moins que les grandes chaînes ne préfèrent taire délibérément les risques dans le but inavoué d'abreuver leur soif de catastrophe? »

biguenique.blogspot.com
→ Photo de Margaret McGuire (Nola.com)
 
Mon Œil 
 
Essai n°1 pour une convivialité urbaine (Venelles 2005)
 
Le texte ci-dessous fait suite à l’article publié ici sous le titre « La place de ma commune. Ce cœur malade d’avoir été mal aimé ». Il prolonge la réflexion sur l’urbanisme technocratique, à la petite semaine – qui sévit d’ailleurs un peu partout, comme le confirment d’ailleurs les commentaires apportés à l’article, comme une contribution au débat.

Derrière la transformation
d'un symbole
par Joël Decarsin

Une place de village est transformée en un lieu aseptisé; ce genre d'"accident" résulte des "lois du marché" tout comme qu'il a pu illustrer jadis l'orthodoxie socialiste d'un Ceaucescu. Oui, tout cela a peu à voir avec la politique ou l'économie : l'urbanisme attaque les petites aglomérations comme il a façonné les grandes métropoles car il incarne dans les sociétés occidentales une tendance lourde, qui consiste à modifier  les pratiques passées sans ménagement, c'est-à-dire sans mémoire, ni finalité claire.

Et si la place est "tout un symbole", force est d'admettre que la symbolique s'est considérablement modifiée au fil du temps. Qui veut comprendre ce qui se joue ici et maintenant doit toujours d'abord évaluer par quels processus on continue d'utiliser les mêmes mots pour désigner des objets qui, au fond, ne sont plus les mêmes.

Quand elle était celle "de l'église", "de la mairie" ou "du marché", a fortiori quand elle était un peu tout cela à la fois, la place était un lieu d'échanges hérités de la tradition, vécus sur le mode du partage. Vendre, par exemple, n'était pas seulement "vendre quelque chose" mais aussi "vendre à quelqu'un". Dans ce contexte, la transformation d'un lieu tel qu'une place était l'affaire de ceux qui y vivaient et s'opérait toujours très progressivement, en fonction de leurs besoins propres.

Vient alors le temps de "la modernité". Quand, dans chaque foyer ou presque, la télévision met l'autre bout du globe à portée d'oeil, la place n'est plus le centre du monde et l'on s'y sent "peu de chose". Et quand la voiture l'envahit s'impose la nécessité d'y aménager des "zones piétonnes". A la différence du besoin, qui est quelque chose de ressenti, la nécessité "fait loi", c'est-à-dire qu'elle s'impose d'abord de l'extérieur, ceci compte tenu d'un préjugé qui va s'avérer particulièrement tenace : "on n'arrête pas le progrès", il faut s'y adapter.

Problème : la nécessité est anxiogène. Puisqu'en effet le progrès est censé nous simplifier la vie, il se nourrit du préjugé que la vie est une chose très complexe et qu'il faut par conséquent l'organiser au mieux. Mais le mieux est le pire ennemi du bien : l'organisation de la vie sociale s'avère une suite de tâches harassantes. C'est pourquoi l'on va très vite confier ces tâches à des spécialistes. Ainsi les citoyens, à commencer par leurs élus, délèguent des experts pour redessiner leurs cadres de vie. Ceux-ci assignent aux lieux des "fonctions" depuis leurs cabinets, c'est-à-dire depuis une rationnalité érigée en croyance, qui a donc chez tout technicien la force des certitudes. Ce fonctionalisme suppose et alimente à la fois un esprit de discipline : l'ordre social. Les panneaux indicateurs de la place-carrefour me disent : "circule, y a rien à voir". Et sur la place-espace vert, les scellements des bancs publics visent à fixer mon comportement dans un environnement où la nature est domestiquée.


La place espace vécu s'est muée en espace convenu et codifié. Pendant longtemps, les gens façonnaient les lieux où ils résidaient en fonction de leurs besoins. A présent, parce que les lieux sont élaborés par d'autres que ceux qui y vivent et parce non plus en fonction de leurs besoins  mais ce qui leur est  présenté comme une nécessité, les lieux deviennent en quelque sorte abstraits. Le symbolisme des lieux a été modifié par des impératifs fonctionnels. Mais l'on n'a pas ici affaire à une simple évolution des choses.  Le changement correspond en fait à un renversement total des hiérarchies : parce que l'on ne façonne plus soi-même son cadre de vie, l'on est façonné par lui à son insu.

La dictature de la nécessité ne peut que générer la "révolte de l'authentique", celle des "petits sauvageons" : plus l'urbanisme s'assimile au "prêt-à-vivre" (comme il y a le prêt-à-porter), plus le graffiti et le tag nous crient : "j'existe aussi". Cercle vicieux oblige, le notable, toujours soucieux de sa respectabilité, reste sourd au cri primal car il n'entend pas se commettre avec lui. C'est pour cela qu'il impose l'esthétique de la place nette : voulant lutter contre le tag, il abat ses supports. Nettoyage par le vide. Finis les logis, l'humain est délogé ! "Les braves gens n'aiment pas que l'on pense différemment qu'eux" chantait Brassens. A Venelles, l'hygiénisme de M. Saez est fait pour satisfaire toutes leurs attentes.

Durant les vingt ou trente dernières années, s'est ainsi imposée la "post-modernité". Le technicisme des professionnels de l'urbanisme a gagné l'ensemble du corps social. Plus la peine de recourir à ces spécialistes, chacun y va de son petit réaménagement. Si, comme le dit Gérard , l'esthétique a pour rôle de "faire effet", c'est que l'esthétisme (la recherche d'effet) vise à cacher la carence du vécu. Le paraître tue l'être. Lorsqu'elle est située juste en face de la mairie (c'est le cas ici), la place se doit d'incarner les orientations de ses "représentants" (je mets le mot entre guillemets car je me sens de moins en moins représenté par qui que ce soit).

En l'occurence, il s'agit ici d'éliminer tout signe identitaire, donc de partage. Or qui sont ceux pour qui la place est encore un symbole de partage (ne serait ce que de drogue) ? Les marginaux, tous ceux qui étouffent, qui braillent ou au contraire se prostrent dans un système qui ne cherche plus à comprendre qui que ce soit, eux les derniers. L'esthétique de la table rase symbolise l'obsession de "la lutte contre l'insécurité", autrement dit la peur de l'Autre.  


Le maire de Venelles roule en 4x4 et vante l'écologie ? En même temps, comme bon nombre de ses collègues politiciens, il entretient la fracture sociale par de tragiques opérations d'assainissement en même temps qu'il en appelle à "la citoyenneté" à longueur de discours. Pour autant, on aurait tort de focaliser les reproches sur les politiciens. On a les élus que l'on mérite. Qui, de fait, à part quelques esprits critiques fait de la réalisation de M. Saez un simple sujet de débat ?

Ce qui est à l'origine de tout ça, c'est le "consensus mou", l'obsession de "la paix royale": chacun (électeur ou élu) attend de l'autre qu'il exerce ses responsabilités sans se soumettre aux siennes propres. Or, sous la dictature de la nécessité, comment  pourrait se définir la responsabilité suprême ? A mon avis sous la forme d'une question, que chacun se poserait au quotidien : "De quoi ai-je foncièrement besoin qui confère plus de sens à ma vie ?". Hélas, j'ai bien peur que cette question ne soit pas vraiment à l'ordre du jour. Ce soir, à la télévision, j'entendais un politicien déclarer à une journaliste: "J'ai la concurrence dans les veines". Quand on sait que ce monsieur est donné comme le favori de la prochaine élection présidentielle, on peut se laisser aller à douter.


Photos : En haut : Le même désert, vu de la mairie, comme la continuité  d'un vide politique. Tandis que  [photo du milieu] dans certaines rues, des Venellois résistent à leurs façons.
 
Noirs, nos «cousins de Louisiane»,
comme nos frères de Paris,
rue de la Fraternité


Nous avons, au Québec, nos cousins d’Amérique. Katrina nous rapproche aujourd’hui de nos «cousins de Louisiane», ceux de l’ancienne colonie de Louis XIV, revendue par Bonaparte aux États-Unis, en 1803. L’Histoire a laissé ses traces et ses liens, ravivés par la catastrophe. Le drame créé des solidarités, c’est un fait. Le temps les estompe. Il en est ainsi. Parfois même, le drame ne fait qu’effleurer les consciences. À Paris, quand des hôtels ou des immeubles vétustes brûlent, ce sont des Noirs qui périssent. Rue de la Fraternité, ce sont encore des Noirs qu’on expulse des squats quand il s’agit de casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre.

Notre tiers-monde vaut bien le leur. C’est notamment ce que nous rappelle un historien