Recherche

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Rester branché

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Libé et les «banlieusards des médias»

À propos de Libé et de son malaise, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec la récente, sauvage, violente grève de sa rédaction et la révolte des banlieues. Il y a dans la presse de nos pays, et du nôtre en particulier, tout un peuple souffrant, ignoré, méprisé parce que pas reconnu, mal aimé.

Sachons-le, c’est une nouvelle génération de journalistes qui cogne aux murs sourds de la commanderie médiatique frappée par le mal du tout libéral, marchand, financier. Qui ne pourrait lire cette réalité dans la motion de défiance adressée à Serge July, commandeur en chef, atteint et de surdité et de cécité, et aggravée de l’entêtement de ces fous de pouvoir qui finissent par tout pourrir – avant de pourrir eux-mêmes, comme tout un chacun, nous autres les indispensables promis aux cimetières débordants ?



L’élégance, morale comme politique, voire esthétique, serait de savoir tirer sa révérence en beauté ; de ne pas risquer de décatir en public ; d’accepter l’âge non pas comme un vieillissement mais comme le sas vers une sagesse possible, souhaitable. Mais ces vieux-là se veulent éternels et, pire encore, éternellement jeunes et puissants, virils, bitus et tout. Ils se trouvent même des jeunes femmes prêtes à cautionner le tour de passe-passe qui revient à transformer des seniors en papas inconséquents et bientôt gâteux.

Tandis que les jeunes générations, toutes confondues, des banlieues aux syndicats, des gazettes aux radios et télés, des associations aux partis, buttent contre le double blindage du fric mondialiste et de la gérontocratie obstinée.

Je sais, je n’ai pas choisi pour la nuance. Pas le moment de faire dans la dentelle.

Peut-être serait-il salutaire que Libération, si important dans notre « paysage », se fasse prendre en thérapie de choc par une bande de « banlieusards des médias »…  Qu’ils viennent foutre le feu aux poubelles d’un journalisme assoupi ! Mais d’où pourrait donc venir une telle horde de relève ? Où sont les maos et anars, furibards aux grands cœurs, désireux de refaire le monde – qui en a régulièrement besoin ? Où sont les alter-July-Gavy-Chalandon, et d’autres, qui viendraient secouer le cocotier, quitte à s’aider d’un vieux marchepied sartrien [introuvable de nos jours, certes] ? Dans les écoles de journalisme ? Voyez le futé libelle du jeune François Ruffin et ses « Petits soldats du journalisme » recrutés au CFJ (Centre de formation des journalistes), nourris aux mamelles de l’ « établissement » comme d’autres le sont aujourd’hui à l’école de journalisme de Sciences Po’…

N’allons pas chercher bien loin l’explication à l’absence quasi totale de journalistes «colorés» dans les rédactions, surtout audiovisuelles d’ailleurs. Les éventuels candidats ne sont précisément pas candidats aux concours d’entrée dans les différentes écoles : impensable même dans leurs têtes de « refoulés naturels » !

Concernant la crise à Libé, j’ai apprécié l’analyse qu’en propose Philippe Cohen dans Marianne [10-12-05] :

« Même si personne ne l'avoue, la crise de Libération est aussi idéologique : c'est celle d'un groupe d'ex-soixante-huitards qui, aimanté sur le tard par la mondialisation néolibérale, séduit par ses élites, n'a pas perçu, au tournant des années 90, la « barbarisation » du nouveau capitalisme et la paupérisation à venir des classes moyennes dont Libération aurait pu devenir le porte-drapeau. Les responsables de Libé n'ont rien vu venir: ni la panne de l'ascenseur social, ni le chômage des cadres, ni la dégradation des conditions de vie des petits fonctionnaires, ni la crise de l'idéal européen, ni la faillite du jospinisme, ni le non au référendum. Une partie de la rédaction, elle, plus en contact avec le réel, a fini par réagir. Du coup, le quotidien est devenu incohérent (pluraliste, disent les plus optimistes).

« Quand le reporter de Libé défend les pêcheurs, les agriculteurs ou les ouvriers «en mouvement », l'éditorialiste et le titreur du journal promeuvent la nécessité de s'adapter à la modernité du marché. A quoi bon sauver des professions « ringardes » ? En fait, l'éditorial et la une énervent les lecteurs altermondialistes, tandis que le reportage agace ceux qui pensent comme l'éditorialiste. »
Masquez cette opposante
que je ne saurais voir…


Dans son innocente rubrique « Vie associative », au chapitre « Humanitaire », mon magazine communal de décembre, Venelles Mag, commet un forfait – puni par la loi – qui s’appelle vulgairement un faux. Je dirais même plus un faux avec volonté de falsifier. Un faux… par défaut… un faux par omission – et même par disparition.

La pratique est ancienne ; elle fit fureur sous la plupart des régimes politiques. Ceux de l’ancien bloc soviétique étaient les champions du genre – des artistes à leur façon. Plus performants que « mes » artistes locaux pourtant bardés des techniques informatiques que leur auraient enviées les sbires staliniens. Cette fois, la manipulation a été trop grossière. Et la victime de la baguette magique n’a pas manqué de faire connaître sa disparition photographique. Les deux images ci-dessous parlent d’elles-mêmes.

 

A gauche, la photo originale. A droite, sa version expurgée, parue page 35 de Venelles Mag. Voilà comment on raye de l’histoire locale une élue d'opposition, Mme Allard qui, lors du dernier conseil municipal, a mis en cause le maire, Jean-Pierre Saez, directeur de la publication... Celui-ci a jugé le procédé inacceptable et a promis enquête et sanctions. Fera-t-il aussi revenir la disparue ?
« Un soir j’ai regardé Miss France sur TF1,
et pas le Téléthon… »

par Christian Le Meut


Il y a peu, je dois l’avouer, je me suis laissé entraîner sur une mauvaise pente. C’est comme ça, quand on est en groupe, on se laisse aller à faire des choses que l’on ne fera pas autrement... C’était un soir de pluie et de tempête, j’avais bu quelques verres d’excellents vins rouges, j’avais bien mangé, je n’avais plus toute ma tête et voilà, c’est arrivé, j’ai craqué, j’ai replongé...

> Eh oui, je dois avouer un moment d’égarement... Mesdames messieurs... Un soir, j’ai regardé la télé, et toute une soirée, en plus... Bon, ce n’est pas un crime, sauf peut-être contre l’intelligence. Mais toute une soirée, quand même. Hum hum... Et en plus, je n’ai même pas regardé Arte, non, ça aurait pu être une circonstance atténuante M. le juge...  Non, mon cas est bien plus grave... Bien pire, j’ai honte : J’ai regardé TF1, oui, TF1...  Et pas n’importe quoi sur TF1 :  le concours de Miss France, voilà, c’est dit !  

Je sais, j’ai la honte mais que voulez-vous, on se laisse parfois aller ! Il faut bien que vieillesse se passe à regarder défiler des jeunes filles à demie nues, toutes plus jolies les unes que les autres. Mais quel spectacle navrant, quelle mise en scène sexiste de la femme, et quel vide abyssal...  Un jury de personnes compétentes (dont Johnny Hallyday) sélectionnées sur on ne sait quels critères devait juger ces jeunes filles sur des critères également arbitraires. Il ne faut être ni trop petite, ni trop grande, ni trop grasse, ni trop maigre, ni n’avoir de bouton sur le nez, pour devenir Miss France... Bon, à la fin, la gagnante pleurait à chaudes larmes et son maquillage s’est répandu sur son visage; c’était laid, mais très drôle aussi à voir. On aurait cru une revenante dans une film d’horreur. Ses voisines essayaient de réparer les dégâts, sans résultats...

Et puis on leur pose des questions, à ces jeunes filles. La chanteuse Jennifer membre du jury a cherché une question à poser, mais elle n’y arrivait pas. On l’avait prise par surprise, la pauvre, vous vous rendez compte ? Poser une question, comme ça,  c’est difficile. Mais la candidate a quand même répondu à la question qui ne lui était pas posée ! Elle avait bien préparé son texte et a prononcé un grand mot, “altruisme”... Altruisme, je cite mon dico : “Tendance à s’intéresser aux autres; qui se soucie des autres; contraire : égoïste”... Cette jeune candidate est peut-être altruiste elle-même, je n’en sais rien, mais même les plus grands mots peuvent devenir des gros mots dans certains contextes...”Altruisme”, cela sonnait bizarre dans cette émission, royaume du nombrilisme, de la paillette et du m’as-tu vu, où l’objectif est d’éliminer les autres candidates pour arriver en haut de l’affiche... Tout le contraire de l’altruisme!

Mais, ce soir là, justement, il y avait d’autres gens sur une chaîne concurrente, sur France 2 avec le Téléthon. Depuis des années le concours de Miss France est programmé le même soir que le Téléthon. Cette concurrence fauche des millions de téléspectateurs à cette opération en faveur des malades de la myopathie et de la recherche médicale. Quelle preuve d’altruisme si l’en est ! Les écrans publicitaires se succèdent sur TF1 et vont dans les poches de cette chaîne... A la fin du concours, l’ineffable Mme de Font de teint, Mme de Fontenay, pardon, a eu cette phrase éloquente : “Les petits myopathes aiment Miss France”... Le genre de généralisation qui ne veut rien dire et, surtout, Mme de Fontenay s’est bien gardé d’annoncer un don quelconque pour pour le Téléthon.  

Pendant ce temps là, sur France 2, les pompiers de la France entière donnaient un gros chèque au Téléthon et un responsable de la chaîne annonçait qu’exceptionnellement, l’émission serait coupée par un espace publicitaire. La loi interdit, en effet, aux chaînes publiques de couper leurs émissions par de la pub mais une autorisation exceptionnelle avait été donnée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Cette page de pub avait été mise aux enchères au profit du Téléthon. Bon, ça reste de la pub, donc des messages orientés pour nous inciter à consommer, mais au moins les quelques centaines de milliers, voire les quelques millions d’euros récoltés, sont allés au Téléthon. C’est bizarre, sur TF1, ils n’ont pas l’air d’avoir eu la même idée... Pourtant, des écrans de pub, il y en a eu plein sur la Une, ce soir-là... Mais oublié le Téléthon, à nous les biftons !  

Il y a des soirs comme ça où l’on voit une vraie différence entre une chaîne de service public, France 2, digne et solidaire, où un grand concours de générosité est lancé chaque année pendant 48h; et de l’autre côté une chaîne privée, TF1, qui, elle, propose à longueur d’année un concours de goujaterie et de  sottise crasse... Alors je ne sais pas si les “petits myopathes” aiment Miss France, comme s’est complu à le dire Mme de Fontenay, mais TF1, la société des Miss France et Mme de Fontenay elle-même en ont-ils réellement quelque chose à faire de malades de la myopathie et du Téléthon ? Ils pourraient nous le prouver en faisant une chose simple : programmer le concours des Miss France un autre week-end que le Téléthon. Mais cela fait des années que ça dure et qu’ils persistent dans leur hypocrisie.  

“Altruisme”, vous avez dit “altruisme” ?

>> L'image : En 1920, miss France fut élue Miss Monde. La photo ne montre par Mme de F. ni JPF.
Ah mon gaillard !

Tiens diBrazza, mon pote de la Rue d'Où-Suis-Je?, toi qui réclame ta ration de rêves marins – comme si de vivre au bord de la Grande Bleue t'appelait à d’insatiables ivresses –, en revoilà donc des images de ma virée « debussyenne ». Pour ma part, je ne m’en lasse pas de les tripoter mes centaines de photos ! C’est te dire si j’ai de quoi tenir, jusqu’à plus soif. Gaffe tout de même à la biture.



Allons-y donc pour cette sixième rasade
(je sais tes sept palimpsestes, allez-y voir, c’es aussi une belle croisière), sans faux col, sur le thème du gaillard, celui du super cargo et ses 110.000 tonnes, dont plus de la moitié en camelotes mondialisées. Passons. Le gaillard d’avant – car il y a un gaillard d’arrière sur les voiliers, à l’arrière du grand mât. Ah mais !, c’est que je me suis aussi cultivé au long de ma « croisière » –, c’est là que sont installées les deux ancres et toute leurs époustouflantes machineries, sans parler des amarres, bollards, guindeaux, haussières, bonhommes et autres bittes – avec deux t, siouplaît, ne pas confondre. Là, je vous ai sorti le grand jeu, hein ? Voilà l’image. Ça, c’est un écubier, par où passent les amarres ou la chaîne de l’ancre.





























Je vous présente aussi un chaînon de la gourmette du bosco – elle doit faire dans les 350 mètres, si j’ai bien retenu les leçons de Didier, soit quatorze maillons de trente mètres. Je vous montre aussi le puits de chaîne (son écrin, quoi) et enfin son pendentif qui pèse dans les 12 tonnes.





Le gaillard, c’est le terrain de « jeu » du bosco Marcotte, Didier, le gars de Fécamp, ancien terre-neuvas. Pas un balaise, non. Mieux : un dur de dur – sans doute au cœur tendre. Qui se nourrirait d’acier et de grand large. C’est le maître des ponts, celui des manœuvres et des échelles de coupée, par où grimpent les pilotes avant d’accoster ou des passagers dans mon genre, quand le navire est au mouillage. L’ancre, les haussières, les garde-rats, tout ça c’est lui aussi, son domaine, pour ainsi dire son royaume. Il cause en direct-radio avec le pacha (le commandant) et, à son signal, après le « paré à mouiller », dévisse un grand volant rouge,déclencheur d’un vacarme d’enfer que même dans les systèmes dolby ou je ne sais quoi on n’entendra jamais !



Car la chaîne alors se met en branle, telle une armée de blindés nazis, qu’on dirait la fin du monde, avec des nuages de poussière rouillée. Et le bosco, alors, de freiner à mort pour arrêter le dragon ferraillant et soufflant par tous ses naseaux d’acier. « Un maillon au guindeau ! ». On souffle dans un silence noir, ou bien tout blanc, avant la ruade suivante. Jusqu’à ce que l’ancre, ayant plongé dans l’élément, trouve enfin la croûte terrestre pour y planter ses dents de monstre.




Restera enfin au bosco à hisser la boule noire au sommet du mât de gaillard. Dernier effort et ultime précaution du mouillage, comme on met le verrou en refermant la porte derrière soi.
Aujourd'hui et Le Journal du Centre mettent Libé et Le Monde à la ramasse


Tiens, si je me remêlais un peu de ce qui me regarde : les canards. Ce matin donc, j’allais tâter la fièvre aviaire du jour chez mon marchand. Volant vers Libé, m’en voilà détourné par sa Une. Je la mets en image ci-dessous :

…et on aura donc compris que je n’ai pas déboursé l’euro vingt pour « ça ». J’attends pas d’un quotidien – encore moins de Libération qu’il me fourgue de la branchouille cultureuse ; surtout par temps de crises en tous genres. C’est ainsi que, outre ma « Provence », j’ai penché pour Aujourd’hui et son spécial banlieue titré «Nos lecteurs interpellent le président».

Beau boulot, en réalité, que ces cinquante questions glanées par des journalistes dans toute l’Ile-de-France. Rien à voir avec l’habituel « micro-trottoir », haut-lieu de la démagogie médiatique. Non, du vrai bon boulot qui, naguère ou peut-être jadis, serait plutôt revenu à Libé, au Libé des luttes et des grandes causes. Autres temps, autres canards. La crise frappe la presse, surtout certains titres ; il y a peut-être dans cet exemple isolé matière à explication. Exemple isolé ? A voir.

Quant au Monde qui attend dans ma boite aux lettres, ouais : « Greffe de visage : les explications du professeur Dubernard » ; « Hongkong. La démocratie“tout de suite” » et, pour le titre d’ouverture : « La Chine achète 150 A320 pour près de 6,5 milliards d’euros ». Pourquoi pas pour ce qui est de l’éclectisme de la Une. Mais décevant et très peu « Monde » ce manque de distance sur le bizness franco-européo-chinois.

J’ai de loin préféré la justesse de deux titres. Le premier de la Nouvelle République (Tours), sobre mais posant bien le problème au delà de l’immédiateté et de l’effet d’annonce à courte vue :


Le second du Journal du Centre (Nevers) qui surpasse Libération des meilleurs jours (pas aujourd’hui !). Titre à double détente donc : juste et visant loin. Qui, en effet, dans ce marché, prend réellement les commandes ? La question du transfert des technologies est bien la question centrale qui vaut autant en matière aéronautique (Airbus et Eurocopter) que nucléaire (Iter).

Ah oui, encore un titre qui me défrise dans Le Monde : « Condy Rice sous pression en Europe ». Je sais bien que Condoleeza, c’est long. Mais moins compromettant tout de même. On a déjà eu « Bill », « Tony »… Et au fait, pourquoi pas « Jaco », « Domi », « Nico » ?

Note : le site du monde.fr semble en carafe ce soir. Qu'est-ce Condy ?
JAZZ. La sono tueuse de musique
 
A peine la porte poussée, j’ai su : trop de bruit pour être honnête. La volée de décibels, voilà qui ne saurait tromper. Côté jazz, le Vauban, à Brest, c’est comme qui dirait le New Morning à Paname. On ne peut trouver meilleur équivalent dans l’esprit, la programmation – cocktail de musiques un peu «in», zestes de rock, hip, chansons hard, etc. –, et jusque dans la sono, hélas.

La sono foldingue, voilà bien l’ennemi de la musique ! Que des musiciens s’y laissent prendre ne laisse de m’atterrer, et de m’inquiéter. Surtout s’agissant de jazz, qui appelle à la nuance, rien que la nuance, jusque dans les emportements les plus sauvages. Ce qui suppose des  niveaux acoustiques subtils, étagés, voire étalonnés. Heureusement, c'est le plus souvent le cas dans le jazz, où règnent des orfèvres du tympan.

Hier soir donc, à Brest – il pleuvait sur Brest, et pas qu’un peu, sans parler du vent : une tempête comac –, je me suis dit, ce Tony Hymas qui m’a tant ému avec son « Oyaté » « racontant » l’épopée des Amérindiens… ou encore avec ce  « Eight day journal » partagé avec le saxophoniste Sam Rivers…, cet artiste-là ne peut décevoir. Ben…

Je vise la sono démente et, en réalité, il s’agit plus précisément de l’immixtion invasive de la technique dans le champ artistique. Dès lors qu’elle – la technique – a pris le pouvoir, exit l’artiste ! Il faut tout de même le dire, alerter et protester. Voilà donc un musicien considérable bouffé par l’électronique, ligoté par le câblage inflationniste, empêtré dans le Décibel. « C’est un parti pris », dit mon voisin, comme pour l’excuser. Quel parti ? Celui des endurcis de la feuille. Il se peut bien que quelques décennies de sono, de moins en moins tempérée, finissent par «ensabler les portugaises». C’est souvent le lot des rockeurs, sans parler des givrés de la Techno qui se foutent la tête dans les méga-enceintes plein pot – surdité garantie. Quant aux sonorisateurs, pris dans la nasse assourdissante, telles les surdoses des junkies, ils n’ont plus d’autre choix que de pousser encore les potards.

Et voilà le travail : des salles à vocation de club, massacrées comme des zéniths ou des festivals en plein air. Des musiciens pédalant dans la mélasse bruyante. Des mélomanes dé(ca)pités. Pour ma part, j’ai préféré capituler avant la fâcherie. Mon voisin a persévéré, semble-t-il. Un jeune batteur de jazz. La semaine prochaine il sera sur scène, au Vauban, avec un trompettiste. En acoustique. Oui ! Je ne me souvenais pas avoir entendu un tel duo aussi gonflé. Il me rafraîchit les neurones : Don Cherry et Ed Blackwel dans « Mu ». Bon sang, c’est vrai ! J’ai le disque : finesse, ivresse… On cause un peu pendant le répit de l’entracte. Car son confrère de cogneur n’aurait pas permis le moindre coma silencieux. Et que je te boxe les tambours, uppercut et crochets jusqu’au KO dans les cordes. Il en abat tant et tant qu’à la fin, son public étant sonné, il recueille sa volée d’applaudissements. Les batteurs à la gomme c’est le pendant des bateleurs en politique ; ils débitent du démago à la tonne et grimpent aux rideaux des sondages. On le paie à la sueur, aux coups de gueule, à la raclée verbeuse et tapageuse. La prime aux bœufs. Bon, l’ai-je assez descendu ? Ah oui, il s’appelle Stockley Williams (pas Tony, autre batteur d'une dimension autrel) – si jamais vous le croisiez sur un programme…

Le plus attristant, c’est pour Tony Hymas, pianiste fameux et compositeur de même. Le voilà besognant ses électroniques claviers qu’il semble être le seul à entendre. Gâchis ! Sauf dans quelques rares moments de grâce, des balades distillées comme du Prozac après délirium. Et comme pour excuser l’offense précédente.

Dans cet « Ursus minor », c’est le nom du quartet, il y a aussi François Corneloup, sax baryton et soprano. Pareil : emporté par le maelström– qu’il ne se prive pas d’alimenter.

Reste Jef Lee Johnson et sa guitare. Le seul à jouer, il me semble. Un beau jeu très dedans-dehors, invoquant Hendrix à l’occasion. Rien à voir avec ce « projet » que le même prospectus range parmi ceux qui  «ne font aucune différence entre la culture hip-hop et le jazz». C’est bien le problème.

Reste aussi un mystère. Dans le public, ce type dans les 70 balais qui se tortille sur sa chaise en se fendant la poire. Ayant débranché son sonotone, il croit avoir retrouvé les tympans de ses vingt ans. Enfin, c'est pour tenter d'expliquer sa béatitude.

> L'image. Tony Hymas à Brest, au Vauban. Emporté par la tourmente des décibels.
« Debussy-27 » : l’album-souvenirs, page 5



Je n’aime pas les clichés, au sens clicheton du mot. Ces images pourraient en avoir l’air. L’air,, si on veut, mais pas la musique – ce qui est tout autre. Et à propos, il me revient à l’oreille, cette composition de Luc Ferrari  (mort en août dernier) qu’il avait intitulée «Presque rien n°1». Je crois bien qu’il y eut une suite, donc n°2. Il y ordonnait des sons du « dehors », de la nature ou de la vie des hommes, dans une harmonie à lui. Une musique. J’ose donc appeler ces photos
Certes n°1 et Certes n°2. (Ça sonne un peu prétentieux, tant pis.)



Certes… ça peut faire clicheton. Mais avant tout pour le malvoyant, ce malveillant du regard. Celui qui ne s’émerveillerait plus comme « mes » marins du « Debussy ». ils en avaient pourtant vu et revu des ciels, des horizons aux gros sourcils méchants, des aurores comme des premiers matins du monde. Ils en avaient vu et revu. Mais d'où venait alors que ce matin-là, sur le pont, ils s'en jetaient plein les yeux ?

>> Accusé réception de deux messages. L’un qui réclame une suite n°5 (Voilà Daniel : c’est fait). L’autre qui me dit : « Attention, méfie-toi : C'est pas toi qui prends la mer, c'est la mer qui te prend. » C’est qu’il me ferait peur, ce Philippe !


Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus