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Le P'tit coin

undefinedUn VRP en aspirateurs, flairant le bon client, ne demande surtout pas à ouvrir le placard à cadavres. C'est con et mal élevé. En Tunisie aussi. [29/4/08]


Voici donc le temps des meaculpistes, politiciens qui se la battent à coups de tambour médiatique. C'est nouveau, ça vient d'Amérique. Sondages attendus. [28/4/08]


Qui a dit : «Mieux vaut être à l’aise dans ses baskets qu’à l’étriqué sur ses talonnettes » ? Indices : télé, journalistes, Élysée… Ouah ! trop fastoche. [24/4/08]


Le voilà à la Martinique avec «ses airs» de procureur contrit. Si seulement il avait honoré la dépouille de Senghor. [20/4/08]


Ici Londres. Le président nouveau lance son appel à résister… au «capitalisme de la frivolité». Il y aurait aussi un capitalisme bling-bling? [28/3/08]

Consul à Washington ou aux Anges, il y a des déportations plus douloureuses. À la villa Médicis, par exemple. Il suffit de le mériter. [17/3/08]

A pleines louches dans la potion magique, le député-maire Assedix s’est fait pincer par le Canard. Oui, mais il va rembourser. Le brave homme. [20/2/08]

Paroles de Lui, sur la réforme de la télé : « Le rêve c’est bien…, mais la réalité c’est mieux ! » Vraiment mieux ? [20/2/08]

lI dit qu'il n'a pas dit ce qu'il a dit et que l'on a compris autrement ce qu'il a voulu dire. Laïcité ou élasticité ? [14/2/08]

La BNP claironne ses 7,8 milliards de bénéfice, en gros l’équivalent du trou de la Générale. Bon sang, mais c’est bien sûr ! [30/1/08]

Faire le ménage dans la finance, ce serait moral. Et tout bénef pour le fameux « moral des ménages». [30/1/08]

Tyran d’Indonésie, Suharto est mort dans son lit. Matière à édito : Les dictateurs finissent toujours par mourir, pas les dictatures. [27/1/08]

5 milliards partis en fumée… L’argent fou. Comme la Société, en général. [25/1/08]

Y a pas photo : 30 ans de militance avec les Padak et autres, ça ne vaut pas un bon coup de Ben Laden. [5/1/08]

Avant, il n’y avait pas de politique. Ni l’eau tiède, ni la poudre, ni même le bouton à quatre trous. Même pas la civilisation. [3/1/08]

Le baril de pétrole à 100 dollars. Mais attention, c’est du brut léger. Du Dom Pérignon. Bonjour les radars ! [2/1/08]

Interdit de fumer dans les bistrots. À côté de la pollution planétaire par cheminées d’usines et pots d’échappement, c’est une mesure clopinette. [2/1/08]

Aïe aïe aïe ! Ce n’était que de l’ «urgence». Voilà qu’il nous annonce l’ «essentiel» et même la «civilisation»… Vivement 2009. [1/1/08]

Je le croyais au Vatican, il est à Kaboul. Enfin… il est déjà parti. Tiens il repasse par ici. Ah non, par là! Sacré speedy, tu nous rends maboules. [22/12/2007]

Oh, rien… juste pour dire mon étonnement à propos du séjour parisien de Khadafi: pas une manif, pas le moindre entartage. Est-ce encore une époque? [21/12/2007]

••• Ça saute aux yeux: le P'tit coin se trouve à l'abandon, pas entretenu comme "avant". Parce qu'"avant" c'était mieux, non? ••• [10/12/2007]

Les pétroliers vont «lisser la hausse des prix». Excellent pour «fluidifier les rapports sociaux». Sans nous prendre pour des cons. [10/11/2007]

Enfin une bonne nouvelle : François Hollande candidat aux cantonales en Corrèze. [10/11/2007]

Rabat, Ajaccio, N’Djaména, Le Guilvinec, Washington. Et un petit coup de Colombey pour la route. Ça mange pas d' pain. [09/11/2007]

En vedette américaine, il s’est pris pour La Fayette et John Wayne. Ce ne fut que Christian Clavier dans une resucée des «Visiteurs en Amérique». [08/11/2007]

Tout compte fait, rectif : pas 140 mais 170%, l'augmentation de la paie de l'omniprésident. Il le mérite bien, le pauvre. [08/11/2007]

+140% d'agitation = +140% sur la paie. Chose promise chose due. Où est le problème? [31/10/2007]

Ce Lagardère junior, t’as vu, quel panache! Même pas peur. De la trempe de ceux qui savent: cette race des initiés. [26/10/2007]

Bien joué,
les rosbifs et les pumas!. Essai transformé contre une coupe trop pleine de récup’
politicarde. Toujours ça de gagné. [20/10/2007]

Entre nous, même pas question de divorce : ni mariés ni pacsés, rien. Une affaire arrangée pour cinq ans, renouvelable en plus. C’est ta faute, Marianne. [19/10/2007]

Son prochain boulot de ministre va-t-il lui «plaire»? Quand on s’appelle Laporte, on peut l’ouvrir. Ou la fermer. [17/10/2007]

Le Nobel de la Paix au GIEC et à Al Gore. W fait la gueule. Qu’on lui attribue celui de la Guerre ! [12/10/2007]

Et revoici le «détail» qui tue, version Fillon-ADN. Là, paternité connue, pas besoin de nouveau prélèvement. [07/10/2007]

Sarkozy est aussi bon prince. Il a passé commande à Colombani d’un rapport sur l’adoption. Et il va lui confier les clés de la fondation «Orphelins du Monde». [05/10/2007]

Le droit des affaires? Bon exemple d’oxymore, cet alliage de deux mots contradictoires. Pas poétique pour deux ronds? Question de prix. [05/10/2007]

Le FMI, voilà une boîte qui paie : 28.000 euros par mois. Ouais, pas mal. Hein? pas imposable? Ah?… alors là, faut voir… [29/09/2007]

Le Monde : «L'Élysée et Matignon divergent sur l'économie». Desproges : «Dix verges, c’est beaucoup!». [24/09/2007]

Villepin-Clearstream : 50.000 € de caution au lieu de 200.000. C’est la justice au rabais. [21/09/07]

1) Borloo sifflote sur l’air du non aux OGM. 2) Bové opine. 3) Bruxelles dit niet. 4) Sarko empoche la mise, avec Monsanto. Bravo qui ? [21/09/07]

– Après la jachère, tu cultives quoi cette année? – Du résultat. – Ah? Et ça rapporte? – J’en sais rien, pas encore récolté. [19/09/07]

Rien de bon, tout à jeter. Comment avons-nous pu vivre sans Lui. Comment notre pays et notre République ont-elles pu exister jusqu’ici ? Mystère. [19/09/07]

Jospin-la-débine. Jospin-la-défausse. Et aussi la bignole. Qui voudrait «nous» sortir de l’Impasse. Sur ce point au moins il sait de quoi il cause. [17/09/07]

Ancien combattu d’irak, Kouchner se concocte une revanche en Iran. "Il faut se préparer au pire" a déclaré le French va-t-en guerre. Non, W, t’es pas tout seul! [17/09/07]

En quête de «convergences à gauche», Hollande propose des «assises». Comme saint-François? C’est à dormir debout. [14/09/07]

Trop bas rendements dans les expulsions, déplore Hortefeux: «On est, en tendance, légèrement en dessous de l'objectif». Des préfets risquent leur prime de Noël. [12/09/07]

Si à l’Est, si à droite, si sarkozienne: Strasbourg valait bien une messe. Ce sera un conclave. [07/09/07]

Éric Besson favorable à la TVA sociale que le gouvernement met sous le boisseau. On est socialiste ou on ne l’est pas. [05/09/07]

Pour un vrai remaniement, bordel : Hollande à Matignon, Montebourg place Beauvau, Ségo à l’Élysée, non mais ! Et p’tit Nico direct au Panthéon. [29/08/07]


Dico politico : «Gouverner - v. tr., 1 - Vx Art de touiller le pastis. 2 - Vx –> Slogan : “Un Rocard sinon rien”». [29/08/07]


Dico diplo : «Un Gaffeur sans frontières (GSF) est un Kouchner oubliant de tourner sept fois (au moins) sa langue avant de devoir s’excuser». [27/08/07]


Le maire UMP d’Argenteuil a un «certain» flair politique mais zéro sens pratique. En effet, si «Malodore» pue plus que les SDF, quel intérêt ? [26/08/07]


Le pain va augmenter de 5 à 8 %. Enfin la baguette plus joufflue, plus miam-miam ! Avec les jeux à 100%, le peuple est comblé. Merci qui ? [26/08/07]


Hier, le Texas a exécuté son 400e condamné à mort depuis 1976. Trois autres sont dans «le couloir». W est grand, les USA aussi et dieu encore plus.
[23/08/07]


Le Monde : «M. Kouchner a pris la mesure de l'“intolérance” en Irak». Les voyages forment la jeunesse diplomate. [22/08/07]


Max Roach, exit. Le Président-de-tout n’a encore pas donné de la grosse caisse? Pourtant batteur et bateleur, ça pourrait faire du bruit. [17/08/07]


Les Sages censurent un bout du “cadeau fiscal”. Mais “le gouvernement tiendra les promesses du président”, a dit Fillon. Coup d’État annoncé? [17/08/07]


La canicule des pécules. La Bourse de Paris à son plus bas niveau de l'année. Speculat nec mergitur ? [16/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… je vois… Mais Lustiger, il a tourné dans quoi déjà ? [07/08/07]


Serrault, Bergman, Antonioni… Non mais c’est quoi ce cinéma ? [31/07/07]


L’histoire d’un mec… Qui rencontre un bédouin dans le désert. Par hasard. «Tu m’achèterais pas une centrale nucléaire? » « Ben si, tiens ! » Et voilà. [26/07/07]


+ 17 % d’imposés à l’ISF en un an. Riches et mécontents, ils sont de plus en plus nombreux à être doublement malheureux. Misère ! [21/07/07]

Le Monde du jour titre plein pot à la une : «Google creuse l'écart avec Yahoo!» Le dopage sur le Tour… sale affaire.
[20/07/07]


Le 17 juillet 1967, John Coltrane « cassait son saxo ». Il n’avait que quarante ans. Et ça fait quarante ans ce jour. Il n’a pourtant cessé de jouer. [16/07/07]


Légion d'Honneur à Mme Devedjian. Motif, selon Sarkozy : A « accompagné une carrière brillante, celle de Patrick». Fermez le ban. [14/07/07]


Un examen en pleines vacances, pas drôle du tout. Réviser ses notes, machiner des anti-sèche. Pauvre Villepin. [11/07/07]


20 % à 30 % d'abattement de l'ISF sur la résidence principale. Ce n’est que justice, les SDF bénéficiant de l’abattement total. [11/07/07]


La messe en latin, bof… Pourquoi pas en chinois, en hébreux, en lingala ? Mais pour un meilleur obscurantisme, rient ne vaudrait le braille. [10/07/07]


Elle avait dédaigné la carte d’électrice de la République. La bleue «Trésor public» lui convenait mieux. Après deux repas, elle a dû la rendre. Indigestion? [05/07/07]


Recette Danone de capitalisme diététique : se faire du beurre en dégraissant les P’tits Lu. [04/07/07]

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Source : Le Figaro janvier 2007, avec Reuters. De son côté,
l'AFP recense
53 victimes, dont 17 spectateurs (et parmi eux, huit enfants),
23 concurrents et le fondateur de l’épreuve Thierry Sabine.
Je viens de recevoir d'un ami internaute – Didson5@aol.com – ces voeux, qui me plaisent bien. Au point de vous en faire profiter :

 Bonne année à tous,
 
En 2008, n'oubliez pas :
 de ne pas attraper froid en allant fumer dans la neige, de trier vos déchets au moins une fois dans l'année,  de faire au moins deux heures de sport, de ne pas regarder le Paris-Dakar (haha) [Ndlr : pas de danger cette année], de ne regarder les jeux de Pékin et l'Euro de foot à la télé qu'avec Bonessian et Parssimoni (sauf les matches de l'Angleterre), de ne pas vous casser les deux jambes en faisant de la luge dans le noir, de ne pas croire ce que dit la pub, ni TF1 ni le chanoine de Latran, ni le Mickey de Neuilly, (suffit de pas les regarder), de faire reculer l'UMP partout où vous pourrez, (quitte à voter Antoine Waechter),  d'envoyer des oranges et des yaourts à boire à José Bové, une carte à postale à Jacques et Bernadette en Corrèze, une à  Ariel Sharon à Jérusalem et une autre à Laure Manoudou aux îles Kerguelen,  de faire caca dans la nature une fois par semaine, de prendre des bains debout, d'écrire des poèmes, de faire la fête, de lire des livres et les articles de rezo.net, d'écouter Albert Jacquard, de manger des gateaux, de bien éteindre sous le gaz quand vous partez en vacances, de ne pas brûler plus de deux voitures à Noël-dont la vôtre,  d'être poli avec votre directeur, de parler régulièrement patois (" je te cause pas à toi") avec les vieux et les enfants, d'entarter votre voisin quand il vous dit que "la mondialisation est un phénomène naturel et inéluctable, qui doit profiter à tous pour peu qu'on se lève le cul le matin, car quand on veut, on peut et le système chinois c'est vraiment super" , de laisser passer les piétons aux passages cloutés avec un grand sourire et un bouquet d'églantines, sauf s'il s'agit d'un membre du gouvernement, de travailller moins pour passer plus de temps avec vos proches, de vivre à la campagne, de ne plus lire les messages inteminables sur internet, ça fatigue les yeux, de ne plus manger de foie gras de Bulgarie ni d'huîtres de Moscou ni de rillettes de Taïwan,  et enfin de ne pas vous couper définitivement de votre âme d'enfant : pensez à jouer au scrabble ou au bridge de temps en temps...!
 
Sur ce, "bonne continuation" chers amis, Meilleurs Voeux et à la revoyure !
team Lozère
Musique, où sont tes victoires ?

Je me mêle de ce qui ne me regarde qu’à moitié, mais qui me saute aux oreilles, bizness oblige : ces Victoires de la musique et leur serinage tous médias confondus. Si bien que j’ai donc fini par entendre, comme un tube, le « Gibraltar » slamé (c’est bien ça ?) par Abd al Malik, récompensé hier soir [10/03/07] aux cérémonies que l’on sait. Eh bien, pour moi, jazzophile impénitent, la musique de « Gibraltar » c’est que du plagiat, en l’occurrence la recopie en fond sonore de « Sinnerman » interprété par Nina Simone. Oyez par vous-même avec les échantillons ci-dessous. Victoire de la musique ou  de l’arnaque ?

1 – Gibraltar

2 – Sinnerman

Mais, excusez, entre-temps j’apprends que c’est exprès, qu’il s’agit d’un « tag » – ah bon, là au moins on n’est pas obligé de voir – empruntant exprès la musique à Nina Simone. Quant aux paroles, certes bon enfant, qui reposent du rap teigneux et même pire, elles ne volent pas bien haut : c’est donc l’histoire d’un jeune Noir, « sur le détroit de Gibraltar », allant cette fois en sens inverse, sans doute pour un retour aux sources, s’étant mis soudainement à virevolter comme un derviche (Abd al Malik s’est converti au soufisme après s’être détourné de l’islamisme), et se dirigeant vers « le Merveilleux Royaume du Maroc » « qui fera de lui un homme »… Pour une fois, je me bornerai aux points de suspension.
Chez nous ça souffle !
Par André Faber

Les volets tremblent et j'entends ce que j'appelle les bimbelles, des trucs genre Nature et Découverte en bambou que la Marie-Line a accroché au dessus de la terrasse !
Et  Prrrrrr blit, blit ,blit que ça fait !
Et aussi un courant d'air dans le couloir mais impossible de lui couper la chique !
Le souffle vient peut- être de la cave, une fenêtre trouée pour le sèche linge !
T'entends les tuiles qui chantent !
L'échelle adossée aux pommier est  maintenant au milieu de la pelouse !
Ce matin, sur la route, la bagnole faisait des écart d'un mètre à gauche et à droite !
La terre se réchauffe !
T''achètes un manteau en solde mais faudrait peut-être acheter des palmes et un tuba !
Houuuuuuuuuuuu !
Les hauts de hurle vent !
la maison est en plein vent, !
On domine le village c'est vrai, mais ça siffle aux fenêtres !
Moi, j'aime bien !
Faudra que tu viennes !
Une bonne tempête comme le tonnerre de Dieu un aprèm chez ma mère quand on était gosse !
Ma mère avait baissé les volets et allumé les bougies !
On se cramponnait sur le canapé, une armée qu'on était, des gosses, avec les voisins, le Roland, la Jacqueline, le Gérard, le Gilbert !
Et ma mère a prié et tout !
Et après on a mangé des crêpes et tout était doré avec du miel et du sucre, des odeurs de crêpes, du noir et des lumières de crêpes !
Un temps à soupe de légume !
Un temps à crêpe de pomme de terre, tiens !
Houlà, ce parfum d'oignons, de friture, le parfum de famille quoi !
C'est comme ça que j'ai vu mon père pleurer, à cause des oignons râpés !
Et après, avec la mort de Kennedy !
Et avant, avec la mort de la mémé Frida, je l'entends hurler un matin et ma mère qui dit, non, non, Pierre, non !
Non, non, je ne sais pas quoi !
Il s'appelait Pierre, le Pierre, le Peter de l'usine d'Hagondange !
C'est le matin où on a eu un feu de cheminée, je voyais les flammes qui sortaient du toit en partant à l'école.
Et ça souffle !
Et ça soufflait sur la route nationale au dessus du canal, tous ces mecs à vélo, des centaines qui partaient vers l'usine !
Souvent il pleuvait !
Souvent, c'était souvent qu'il fallait aller à l'usine !
Je jouais à partir à l'usine sur mon tricycle à deux ans, j'allais derrière la rhubarbe et ma grande soeur m'apportait mon casse croûte d'usine !
T'as bien travaillé qu'elle me disait ?
Et j'aimais bien quand ça soufflait comme pendant la guerre !
Je planquais mes soldats en plastique - t'en avais un sac plein au stand à 100 francs - sous un camion, dans uns boîte d'allumette, avec du coton !
Il pleuvait toujours, les mecs s'enfonçaient dans la terre comme dans la 317° section et on finissait, mon frangin le Jean-Marie et moi, sous la table
de la petite pièce, avec nos soldats, parce que ça soufflait et pleuvait comme la vache qui pisse et les soldats embarquaient tôt ou tard dans une pantoufle pour traverser
la salle à manger !
Hein !
Et quand il faisait froid, on savait que St Nicolas allait passer, que la neige allait tomber et on dessinerait des cristaux à l'école et cette neige était chaude de notre enfance,
le fils du maire tiré en traîneau par son chien, le voisin qui avait fait une femme de neige magnifique avec des fesses et des nénés et à force de la lisser, voilà qu'il la casse en deux
et nous on se disait, faudrait que ça soit toujours Noël avec les cadeaux de l'usine, une ferme en carton, un avion à pile, un livre des mystères comme un coffre fort !
Et ça souffle !
Blam, blam, du côté de la terrasse !
Et le film reprend !
Moi j'aime bien, tu vois
De quoi picorer pendant les longues soirées d'hiver. Cliquer là-dessus (et vous ne verrez pas Montmartre(.
La Fontaine, Livre VII, fable 4
Le Héron

Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,

Le héron au long bec emmanché d'un long cou:
            Il côtoyait une rivière.
L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours;
Ma commère la carpe y faisait mille tours,
            Avec le brochet son compère.
Le héron en eût fait aisément son profit:
Tous approchaient du bord, l'oiseau n'avait qu'à prendre.
            Mais il crut mieux faire d'attendre
            Qu'il eût un peu plus d'appétit:
Il vivait de régime et mangeait à ses heures.
Après quelques moments, l'appétit vint: l'oiseau,
            S'approchant du bord, vit sur l'eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas; il s'attendait à mieux,
            Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le rat du bon Horace

Illustration de Grandville

«Moi, des tanches! dit-il; moi, héron, que je fasse
Une si pauvre chère? Et pour qui me prend-on?»
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
«Du goujon! c'est bien là le dîner d'un héron!
J'ouvrirais pour si peu le bec! aux dieux ne plaise!»
Il l'ouvrit pour bien moins: tout alla de façon
            Qu'il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit: il fut tout heureux et tout aise
            De rencontrer un limaçon.

            Ne soyons pas si difficiles:
Les plus accomodants, ce sont les plus habiles;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
            Gardez-vous de rien dédaigner,
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris. Ce n'est pas aux hérons
Que je parle; écoutez, humains, un autre conte:
Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.
Le Christ est un Oiseau

des oiseaux qui tombent
inverse gravité
du ciel à la tombe
morts d'éternité
 
des oiseaux qui tombent
sur des gens effrayés
volatiles bombes
migrateurs broyés
 
des oiseaux qui tombent
avant d'arriver
aux frontières du monde
je n'ai pas rêvé
                                        tian

Loïc Lantoine, qui chante
et enchante sans chanter


Dites donc, voilà un sacré pistolet que ce Loïc Lantoine ! Un chanteur qui chante pas, mais si quand même. Un poète à coup sûr. Un humain de haute présence, ah ça oui ! De la tignasse mal peignée jusqu’aux godillots qui se tordent comme des pieds qui seraient des mains. Et des mains qui te regardent, et ces yeux qui t’embrassent.

Ce Ch’ti de la Chapelle-d’Armentières rayonne à la Brel comme un loup à la lune. On y verrait bien aussi du Leprest, cet autre écorché – mais brisons-là les vaines comparaisons. Il est là, et comment ! Avec ses textes haute densité enchâssés dans les volutes de la contrebasse. Car ils font une sacrée paire, lui et François Pierron, qui mamoure sa grand-mère de caresses et de claques, frottis d’archet, pizzicati et slaps : jeu solide, travaillé, original. Doit jazzer ce type-là, qui aura aussi écouté John Cage et le toutim dit contemporain.

Quant à l’autre, tendresse postillonnante, humour gai, à bonne distance de lui-même, d’un ego bien compris – semble-t-il –, il est sacrément là, exactement là sur cette scène qui lui va comme une frangine. C’est vrai, il chante sans chanter ; il dit ses poèmes, ou bien s'envoie un Gaston Couté arrosé d’un Jules Supervielle, comme rarement on enchante la poésie, tout en musique, ronde ou heurtée, rien à entendre avec les ânonnements des assommants rappeux.

Voilà, c’était samedi soir, à Venelles, Bouches-du-Rhône, salle des fêtes. Le maire n’est pas venu. Doit pas être son truc. Sans quoi il n’aurait pas coupé le robinet à l’Office municipal de la culture et de la jeunesse.

→ Ils ont sorti un premier cd : Badaboum.
Miracle chemin
des Grandes-Vignes
























Ce samedi, les voisins ont vendangé leur vignoble familial. A l'ancienne, comme on dit ici
– je vous laisse entendre l'assent. La famille, les amis accourus de bonne grâce, toutes générations mêlées, sans parler des chiens. Un vieux tracteur, une benne, des seaux, et en une petite matinée la vendange allait rejoindre les cuves de la coopérative de Venelles. Petite récolte pourtant – un quart seulement par rapport à la dernière, à cause de la sécheresse.



On va les guetter les bouteilles 2005 du Cellier des Quatre-Tours ! Et plus encore ce petit bout de vignoble en lisière du village, à côté du dernier champ de lavande. C'est là, chemin des Grandes-Vignes, juste avant l'allée du Castellas, un coin de paradis – non : le Paradis sur terre, celui du bon vin qui se donne sans retenue, ici et maintenant, pas au ciel. C'est de là que partent ces lignes et ces images. Ne le répétez pas : Iter, qui nous annonce Prométhée, les étoiles et le bonheur technique éternel, ouais, Iter rôde à quelques mégawatts d'ici. C'est pourquoi on les guette sacrément ces arpents du bon dieu. Chaque année, c'est miracle qu'ils soient encore de ce monde.


Cette note provient du site de la section de Toulon

de la Ligue des droits de l'homme

la police, la justice

et les deux poètes

vendredi 16 septembre 2005

Condamnés pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières ...

Un site pour être tenu au courant : http://www.remue.net/article.php3?i....


Deux poètes rangés viennent de prendre 3 000 € d’amende pour diffamation. Le premier, parce qu’il avait relaté sur son site le tabassage d’un pauvre hère à Montpellier, croyant de son devoir de s’en mêler (refusant le circulez-y’a-rien-à-voir). Menottes, garde à vue, nuit en cabane. Le second, pour avoir transcrit sur son propre site la mésaventure du premier. Ils se nomment Brice Petit, agrégé de l’université, directeur de revue, et Jean-Michel Maulpoix, professeur des universités, poète et écrivain, tous deux relaxés du grief d’outrage à agents, mais condamnés pour avoir diffusé un témoignage sur des violences policières. Le pauvre hère était-il gitan ? Aucun intérêt.

Francis Marmande [Le Monde du 15 septembre 2005]

Le Canard enchaîné du 14 septembre 2005. - 27.1 ko

Le Canard enchaîné du 14 septembre 2005.

" Quand une intervention verbale comme celle qu’a risquée Brice Petit face aux forces de l’ordre le 29 avril 2004 n’est à l’évidence dictée ni par la passion ni par le désir de nuire, et quand le texte qui la rapporte ensuite pour en décrire les conséquences n’a à l’évidence pour objet que d’alerter l’opinion sur des abus, peut-on dire que la société soit menacée ? Plutôt que de jeter le discrédit sur les forces de l’ordre, un citoyen a légitimement souhaité faire entendre ce que chacun est en droit d’attendre de leur action. Juridiquement discutable son geste n’est-il pas celui d’un citoyen responsable ?

" Nous n’avons rien de bon à attendre d’un monde où chacun garderait frileusement le silence, ou n’ouvrirait la bouche face aux autorités qu’en présence de son avocat. "

Jean-Michel Maulpoix  [1]

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789

[1] Né à Montbéliard, le 11 novembre 1952, Jean-Michel Maulpoix est l’auteur d’ouvrages poétiques et d’études critiques sur Henri Michaux, Jacques Réda, René Char, ainsi que d’essais généraux de poétique (entre autres : La Poésie malgré tout, La poésie comme l’amour et Du lyrisme). Jean-Michel Maulpoix dirige la revue trimestrielle de littérature et de critique Le Nouveau recueil (éd. Champ vallon) Il enseigne la poésie moderne et contemporaine à l’Université Paris X - Nanterre. Il a été président de la commission d’aide à la création poétique du Centre national du Livre jusqu’en mars 2003.

Le texte ci-dessous fait suite à l’article publié ici sous le titre « La place de ma commune. Ce cœur malade d’avoir été mal aimé ». Il prolonge la réflexion sur l’urbanisme technocratique, à la petite semaine – qui sévit d’ailleurs un peu partout, comme le confirment d’ailleurs les commentaires apportés à l’article, comme une contribution au débat.

Derrière la transformation
d'un symbole
par Joël Decarsin

Une place de village est transformée en un lieu aseptisé; ce genre d'"accident" résulte des "lois du marché" tout comme qu'il a pu illustrer jadis l'orthodoxie socialiste d'un Ceaucescu. Oui, tout cela a peu à voir avec la politique ou l'économie : l'urbanisme attaque les petites aglomérations comme il a façonné les grandes métropoles car il incarne dans les sociétés occidentales une tendance lourde, qui consiste à modifier  les pratiques passées sans ménagement, c'est-à-dire sans mémoire, ni finalité claire.

Et si la place est "tout un symbole", force est d'admettre que la symbolique s'est considérablement modifiée au fil du temps. Qui veut comprendre ce qui se joue ici et maintenant doit toujours d'abord évaluer par quels processus on continue d'utiliser les mêmes mots pour désigner des objets qui, au fond, ne sont plus les mêmes.

Quand elle était celle "de l'église", "de la mairie" ou "du marché", a fortiori quand elle était un peu tout cela à la fois, la place était un lieu d'échanges hérités de la tradition, vécus sur le mode du partage. Vendre, par exemple, n'était pas seulement "vendre quelque chose" mais aussi "vendre à quelqu'un". Dans ce contexte, la transformation d'un lieu tel qu'une place était l'affaire de ceux qui y vivaient et s'opérait toujours très progressivement, en fonction de leurs besoins propres.

Vient alors le temps de "la modernité". Quand, dans chaque foyer ou presque, la télévision met l'autre bout du globe à portée d'oeil, la place n'est plus le centre du monde et l'on s'y sent "peu de chose". Et quand la voiture l'envahit s'impose la nécessité d'y aménager des "zones piétonnes". A la différence du besoin, qui est quelque chose de ressenti, la nécessité "fait loi", c'est-à-dire qu'elle s'impose d'abord de l'extérieur, ceci compte tenu d'un préjugé qui va s'avérer particulièrement tenace : "on n'arrête pas le progrès", il faut s'y adapter.

Problème : la nécessité est anxiogène. Puisqu'en effet le progrès est censé nous simplifier la vie, il se nourrit du préjugé que la vie est une chose très complexe et qu'il faut par conséquent l'organiser au mieux. Mais le mieux est le pire ennemi du bien : l'organisation de la vie sociale s'avère une suite de tâches harassantes. C'est pourquoi l'on va très vite confier ces tâches à des spécialistes. Ainsi les citoyens, à commencer par leurs élus, délèguent des experts pour redessiner leurs cadres de vie. Ceux-ci assignent aux lieux des "fonctions" depuis leurs cabinets, c'est-à-dire depuis une rationnalité érigée en croyance, qui a donc chez tout technicien la force des certitudes. Ce fonctionalisme suppose et alimente à la fois un esprit de discipline : l'ordre social. Les panneaux indicateurs de la place-carrefour me disent : "circule, y a rien à voir". Et sur la place-espace vert, les scellements des bancs publics visent à fixer mon comportement dans un environnement où la nature est domestiquée.


La place espace vécu s'est muée en espace convenu et codifié. Pendant longtemps, les gens façonnaient les lieux où ils résidaient en fonction de leurs besoins. A présent, parce que les lieux sont élaborés par d'autres que ceux qui y vivent et parce non plus en fonction de leurs besoins  mais ce qui leur est  présenté comme une nécessité, les lieux deviennent en quelque sorte abstraits. Le symbolisme des lieux a été modifié par des impératifs fonctionnels. Mais l'on n'a pas ici affaire à une simple évolution des choses.  Le changement correspond en fait à un renversement total des hiérarchies : parce que l'on ne façonne plus soi-même son cadre de vie, l'on est façonné par lui à son insu.

La dictature de la nécessité ne peut que générer la "révolte de l'authentique", celle des "petits sauvageons" : plus l'urbanisme s'assimile au "prêt-à-vivre" (comme il y a le prêt-à-porter), plus le graffiti et le tag nous crient : "j'existe aussi". Cercle vicieux oblige, le notable, toujours soucieux de sa respectabilité, reste sourd au cri primal car il n'entend pas se commettre avec lui. C'est pour cela qu'il impose l'esthétique de la place nette : voulant lutter contre le tag, il abat ses supports. Nettoyage par le vide. Finis les logis, l'humain est délogé ! "Les braves gens n'aiment pas que l'on pense différemment qu'eux" chantait Brassens. A Venelles, l'hygiénisme de M. Saez est fait pour satisfaire toutes leurs attentes.

Durant les vingt ou trente dernières années, s'est ainsi imposée la "post-modernité". Le technicisme des professionnels de l'urbanisme a gagné l'ensemble du corps social. Plus la peine de recourir à ces spécialistes, chacun y va de son petit réaménagement. Si, comme le dit Gérard , l'esthétique a pour rôle de "faire effet", c'est que l'esthétisme (la recherche d'effet) vise à cacher la carence du vécu. Le paraître tue l'être. Lorsqu'elle est située juste en face de la mairie (c'est le cas ici), la place se doit d'incarner les orientations de ses "représentants" (je mets le mot entre guillemets car je me sens de moins en moins représenté par qui que ce soit).

En l'occurence, il s'agit ici d'éliminer tout signe identitaire, donc de partage. Or qui sont ceux pour qui la place est encore un symbole de partage (ne serait ce que de drogue) ? Les marginaux, tous ceux qui étouffent, qui braillent ou au contraire se prostrent dans un système qui ne cherche plus à comprendre qui que ce soit, eux les derniers. L'esthétique de la table rase symbolise l'obsession de "la lutte contre l'insécurité", autrement dit la peur de l'Autre.  


Le maire de Venelles roule en 4x4 et vante l'écologie ? En même temps, comme bon nombre de ses collègues politiciens, il entretient la fracture sociale par de tragiques opérations d'assainissement en même temps qu'il en appelle à "la citoyenneté" à longueur de discours. Pour autant, on aurait tort de focaliser les reproches sur les politiciens. On a les élus que l'on mérite. Qui, de fait, à part quelques esprits critiques fait de la réalisation de M. Saez un simple sujet de débat ?

Ce qui est à l'origine de tout ça, c'est le "consensus mou", l'obsession de "la paix royale": chacun (électeur ou élu) attend de l'autre qu'il exerce ses responsabilités sans se soumettre aux siennes propres. Or, sous la dictature de la nécessité, comment  pourrait se définir la responsabilité suprême ? A mon avis sous la forme d'une question, que chacun se poserait au quotidien : "De quoi ai-je foncièrement besoin qui confère plus de sens à ma vie ?". Hélas, j'ai bien peur que cette question ne soit pas vraiment à l'ordre du jour. Ce soir, à la télévision, j'entendais un politicien déclarer à une journaliste: "J'ai la concurrence dans les veines". Quand on sait que ce monsieur est donné comme le favori de la prochaine élection présidentielle, on peut se laisser aller à douter.


Photos : En haut : Le même désert, vu de la mairie, comme la continuité  d'un vide politique. Tandis que  [photo du milieu] dans certaines rues, des Venellois résistent à leurs façons.
 
La place de ma commune. Ce cœur malade d’avoir été mal aimé

La Terre et l’univers dans un même tout. Un village comme le microcosme du pays. La place comme le symbole de la commune. On peut y lire l’histoire, ou bien sa négation. Ses espérances comme ses souffrances. Voici ce que je vois dans la défiguration de la place de Venelles, la commune provençale où je vis – «mon» village, «ma» France, «ma» planète.

Le cœur, tout est là. Oui, c’est d’une affaire de cœur dont je vais parler. Affaire sentimentale et cardiaque. Le cœur de ma commune, Venelles, près d’Aix-en-Provence, vient en effet de subir un quadruple pontage. Et depuis, la convalescence traînouile. Le reste de l’organisme ne se sent pas bien, comme s’il ne se remettait pas d’aplomb. L’opération, donc, a porté sur les quatre côtés de la place et les artères se raboutent mal. On vient voir le malade qu’on ne sent pas dans son assiette. Voyez sur la photo comme il a mauvaise mine. Le teint jaune, cireux. Même avec le rouge du maquillage, ses joues sont creusées. On dirait qu’il a le mauvais œil.


Devant la mairie, un no man's land, un désert. Un double fiasco, politique et humain.


Samedi, ce 3 septembre, on va faire venir la fanfare et ce qu’il faut de petites poules-majorettes, je suppose, pour tenter une sortie de clinique pimpante. Mais ça sent l’enterrement de première classe. Le maire va pérorer, je parie, devant Son Œuvre, celle par laquelle tout édile, tout ministre, tout président veut marquer son empreinte, son temps, sinon l’éternité…

Cette place des Logis – bof, c’est son nom –, elle m’attriste maintenant. Chaque jour, à l’heure de la baguette et du journal, elle me désole. Non pas que je cultive la nostalgie, au contraire même. Mais je n’aime pas qu’on gomme l’Histoire. Faire «table rase» ou «place nette», c’est nier le passé, attrister le présent, fermer l’avenir.

Donc, le maire et certains de ses conseillers ont décidé d’effacer l’ancien régime et ses traces visibles. À la casse, la petite halle un tant soit peu «locale», presque provençale. On a commencé par ça. Prétexte «sécuritaire» : les jeunes s’y regroupaient, ce qui est mal (ils parlent fort, trop fort), inquiétant (dieu sait ce qu’ils pouvaient tramer), plus qu’inquiétant (du haquik, je vous dis !). Exit aussi la fontaine et sa pierre ronde. Et que les jeunes aillent «dealer» ailleurs, on s’en fout, pourvu que ce soit hors de nos yeux et oreilles. Et que la Paix soit avec nous…

La paix, celle-là, aura ainsi duré presque deux ans. Plus rien que le vide. Jusqu’aux travaux entamés avant l’été. Le grand chantier. La totale, comme en chirurgie, je vous disais. Cassage du sol, des côtés, des arbres et de toute trace ancienne. Mort à la vieillerie et gloire au neuf, au propre, au fonctionnel. Gloire à la modernité et à ses promoteurs, ces grands visionnaires de l’avenir radieux !














La petite halle mise à mort par la "main invisible du Marché"…

J’aimais bien «ma» place des Logis. Oh, elle n’était pas terrible, sentait déjà la main lourde des techno-politiciens qui, aussi, y allèrent de leurs pelleteuses et rouleaux compresseurs. Ce sont les mêmes qui bétonnèrent, comme disent encore des Venellois, tout le coteau sud de la colline. Du logement, certes, il en fallait bien. Mais à quelles conditions ? Au profit de qui ?

Soit. Mais «ma» petite place, maintenant qu’on lui a fait la tête au carré et la boule à zéro, bien dégagée sur les oreilles, je ne la reconnais plus. Je l’ai même rebaptisée «Place Ceaucescu»… Vous savez, l’ancien dictateur roumain, qui édifiait des palais staliniens sur les ruines, dégagées aussi, de la Roumanie ancienne. C’est une pratique constante des autocrates de l’extrême. Voyez l’Histoire, la grande, je n’insiste pas.


Je ne dis pas que le maire est un dictateur local ; je ne saurais même l’insinuer. Il faudrait, comme les vrais, qu’il ait eu une intention maléfique. Je ne la soupçonne nullement.

Jean-Pierre Saez – il est temps de faire les présentations –, est maire de Venelles – dans les 8.000 âmes à 10 km au nord d’Aix, altitude 400 m. Il a hérité de la magistrature locale lors des élections de 2001 qui ont vu s’affronter deux listes «de gauche». Ayant raflé la mise sans grand mérite et sans programme affirmé, le nouvel élu s'est bientôt mis à l'oeuvre  selon son registre de référence, celui de la droite libérale, UMP tendance Démocratie libérale d’Alain Madelin. Il roule en 4x4  [photo, devant la mairie] et ne craint pas de se targuer d’«écologie», concept auquel il accole, il est vrai, une vision limitée de gestionnaire (ancien pompier civil et militaire, il fut directeur de la communication à l’Institut de protection de la forêt méditerranéenne).

Sa plus grande réussite locale est d’avoir créé une régie municipale de l’eau, ce qui est plutôt paradoxal pour un adepte du tout libéral, là où son prédécesseur, Pierre Morbelli, socialiste à sa façon, avait contracté avec la Saur, filiale de Bouygues… Comprenne qui peut. Estimée abusive, la rupture du contrat amena la Saur à intenter un procès à la mairie. De très importantes indemnités de dommages et intérêts sont en jeu dans des procédures lourdes.

La place nouvelle, donc, représente le symbole affligeant de cette volonté de faire table rase. Jean-Pierre Saez applique en cela, à la lettre, le credo ultralibéral dominant. Comme l’actuel gouvernement – à l’exception de la distribution de l’eau, donc –, il privatise à sa manière : dissolution amorcée de l’Office municipal de la culture et de la jeunesse – la culture, ça doit être géré selon les critères de la rentabilité d’entreprise [Photo ci-dessous: manifestation en janvier 2005 contre la politique "culturelle" municipale] ; projet de vente des logements sociaux du parc municipal – tentative ratée, il s’agissait de combler les finances calamiteuses de la commune, et cela alors que ce type de logements manque cruellement. Et jusqu’à la place du village elle-même, dont on comprend aujourd’hui qu’elle a été déshabillée pour être livrée aux marchands du temple.

La place, le cœur, ont en fait été vendus au marché du samedi et, plus crûment, à la Loi du Marché, selon le dogme ultralibéral pour lequel prime l’échange de la marchandise sur les relations humaines. Non pas que dans le commerce il n’y ait pas d’humanité, bien sûr ! Mais de ces transactions-là, retirez voir l’argent et mesurez la sécheresse restante des liens affectifs, intellectuels, culturels – politiques au plein sens du mot, de la vie de la cité. Ah ça oui !, les commerçants seront peut-être ravis de trouver les prises d’eau et d’électricité ; sans doute tirera-t-on quelques ressources fiscales attendues de la venue de nouveaux marchands – car tel était bien le but du but.

Mais les autres jours, les jours de l’ordinaire quotidien, qui donc viendra s’asseoir sur les bancs de fer froid, aux places séparées, comme dans les métros ? Quel petit vieux viendrait, au soleil d’hiver, s’y réchauffer en papotant comme sur un banc en pierre de Rognes ? Ou en été à l’ombre d’un improbable platane ? Cinq trous de terre ont été ménagés, il est vrai, pour y planter des remplaçants, ou des «ornements»…

Cette place est un fiasco politique, certes. Et un fiasco humain.

Passons sur les quelque 280.000 euros de ces travaux, qu’aurait peut-être justifiés un aménagement humain, à échelle humaine, conçu pour la rencontre, l’échange, la beauté simple et le simple bien vivre… J’y aurais vu de la verdure certes, des courbes et des teintes douces, des bancs accueillants, une fontaine bien sûr, marquée par une œuvre sculptée, un kiosque pour un peu de musique ou pour la parlotte, oui… Au fond, un peu comme elle était, mais en mieux quand même, comme la suite d’une histoire commune, celle de la Commune, là où l’on cultive le Bien commun, cette richesse aujourd’hui en perdition.

Cette place aurait pu s’appeler la place de l’Embellie. J’ai dû rêver.



Suite sous forme d'une demande de précision d'un Venellois : "J'ignorais qu'on devait inaugurer ce désert: ce n'est pas fini comme ça, tout de même !?
    "Tu ne dis rien sur l'intention officielle de la Municipalité quant à ces travaux: y-en-avait-il une, d'ailleurs? Hormis celles que tu suggères: faire table rase symboliquement et faire place aux marchands du temple ?"
    C'est vrai, j'aurais dû le préciser; d'autant que l'intention est énoncée, si on veut, dans la revue municipale, Venelles Magazine n°7, printemps 2003 :
    "Nouveau visage pour la place des Logis […] La démolition de l'abri et des jardinières vont [sic] laisser place à une véritable place de village. Ces travaux ont pour but l'agrandissement de la place afin de la rendre plus conviviale. Des bancs, des arbres, des plantes ainsi que des lampadaires vont être installés afin de permettre aux flâneurs de s'arrêter quelques instants et de prendre du bon temps. L'espace supplémentaire ainsi créé […] accueillera les manifestations de notre village et celles des associations, telles le marché aux fleurs, le marché calendal, les fêtes votives ou le 14 juillet."
    Ah! cette fameuse "convivialité"… Que de crimes ne commet-on pas au nom de cette notion aussi passe-partout qu'invoquée à tout va.


→  Sites sur Venelles :
"13770-Venelles", avec de nombreuses informations, du débat, des liens pratiques, etc.
"Venelles pour vous", sur la vie locale.
"Venelles.info", média de deux élus municipaux.
"Mairie de Venelles"
"Office Municipal de la Culture et de la Jeunesse"


Unamuno, Garcia Lorca et les infirmes fiancés de la mort

Montaignecoulpar Daniel Attias

Tous les anciens écoliers se souviennent de la phrase de Montaigne, écrite à la veille de sa 39e année: “Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent, de mort nulles nouvelles”.

Que philosopher, c’est apprendre à mourir, écrivait-il. Se doutait-il qu’un jour, sa proposition serait renversée. Mourir, serait philosopher. Les idéologies meurtrières sévissent sans que cela trouble notre bien-être. Bien-être et bien-pensance prête à comprendre l’incompréhensible, à faire des victimes les responsables de leur propre malheur et à fermer ses oreilles aux versets diaboliques des laudateurs de la mort.

Limam_crochetTout le monde a lu et relu les ineffables déclarations de l’assassin du cinéaste néerlandais Theo van Gogh, le Maroco-Néerlandais Mohammed Bouyeri, qui a affirmé lors de son procès avoir agi "au nom de sa religion" et s'est dit prêt "à refaire la même chose" s'il était libéré.

Quatre de ses frères en errance, citoyens de Sa majesté très britannique, sont allés jusqu’au bout de leur cheminement philosophique en entraînant dans leur exaltant voyage outre-tombe quelques dizaines de mécréants. Parmi eux quelques bons musulmans, mais bast, Dieu reconnaîtra les siens.

Sage_de_grenade_1

Au nom de quelle religion, de quelle idéologie 8000 musulmans bosniaques ont-ils été assassinés au nez et à la barbe de l'ONU il y a tout juste dix ans? L'ONU qui constate encore aujourd'hui le énième massacre de civils en République démocratique du Congo!

Au nom de quelle religion, de quelle idéologie des dizaines de milliers d'Irakiens (39 mille? 36 mille?) sont morts depuis l'invasion menée en dépit du bon sens de leur pays par les États-Unis?

Au nom de quelle religion, de quelle idéologie la vie quotidienne de milliers de Palestiniens et de l'autre côté des barrières physiques et mentales, d'Israëliens est-elle transformée en cauchemar ou en deuils quotidiens?

Air connu. Je l’ai déjà entendu ce cri de mort si peu philosophique!

Garcia_lorca_1Nous sommes à l’université de Salamanque en ce 12 octobre 1936, Jour de la Race.


→ Suite de ce beau récit sur le blog de Daniel Attias, «débloc-notes».

→ Images : j'attire l'attention sur le parallèle à établir entre les deux photos : celle de l'"imam-crochet" et celle (jointe au reste de l'article) du général franquiste Millan Astray – à ne pas confondre avec la photo de Garcia-Lorca, ci-contre.




 
Françoise d’Eaubonne,
femme réfractaire


Françoise d’Eaubonne. Elle ne m’aura donc pas écouté: ne jamais mourir en été, canicule ou pas ! Trop triste que de partir trop seul, sans prévenir les copains, au moins. Elle est morte ce 3 août à Paris. J’apprends ça par les gazettes qui montent encore un peu la garde. Si peu. Que ni Le Figaro ni L’Humanité ne donnent la nouvelle, bon. Mais que Libé n’en fasse qu’une brève ainsi signalée : « Françoise d'Eaubonne, mort d'une pionnière. Cette militante et écrivaine, féministe de la première heure, disparaît à 85 ans. », en dit assez long sur l’amnésie d’un journal et sa mort politique – et journalistique.


Bref, il ne restait plus qu’à se rabattre sur Le Monde, rubrique « Disparition » [quand on y pense, quel intitulé de rubrique !], avec formule qui la tue une deuxième fois : « Une figure du féminisme français » ! Tu te rends compte, Françoise – et je t’entends éclater de ton rire bien charpenté –, ils te traitent de « figure ». Mais enfin, le service mortuaire est assuré avec nécro et photo de la jeune femme en fleurs [ci-dessous].


Réfractaire à tous les pouvoirs, ça oui, on peut le dire de cette femme libre, libertaire, anarchiste corps et âme. L’écrivaine venait de là, s’abreuvait de cette eau-bonne qui, cependant, jamais n’a apaisé sa soif de justice et de liberté, l’une et l’autre indissociables. C’est dire que si elle écrivit beaucoup (une cinquantaine de romans, essais, biographies), elle s’engagea davantage encore, à commencer par la Résistance. Court passage au PC puis, en 1960, elle rejoint le combat des insoumis à la guerre d’Algérie et signe le Manifeste des 121. Vient Mai 68 et surtout ce qui s’ensuit, qui la voit, notamment, co-fonder le Mouvement de libération des femmes (MLF) et, peu après, avec Guy Hocquenghem le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR).

En 1978, elle crée, le mouvement Écologie et Féminisme – en quoi elle fut et demeure vraiment pionnière dans cette indispensable jonction politique. [Voir le site Ecoféminisme, qui publie notamment de ses textes.]

Quand je l’ai rencontrée en 1975, dans son petit logement vers la place de Clichy, à Paris, elle mettait la dernière touche à son livre Les femmes avant le patriarcat, paru en 76. Je souhaitais la faire participer, dès son premier numéro, à la revue Sexpol, sexualité et politique, alors en préparation. Elle accepta sans hésiter. « Un cas très ordinaire » est le titre du papier paru sous sa signature dans Sexpol n°1 où elle aborde, à partir de deux entretiens, la « réalité lamentable de l’obscurantisme et de la frustration féminines ». Il y eut d’autres articles et d’autres occasions de rencontres, l’époque avait ses exigences, et des urgences qui n’ont pas disparu.